Le rapport 2026 de l’Observatoire de la formation des prix et des marges a été remis au Parlement. Il passe au crible une trentaine de produits alimentaires simples pour comprendre comment leurs prix et leurs marges sont répartis tout au long de la chaine de valeur depuis quelques années.
L’observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) devient un outil très apprécié et envié dans certains pays européens. Créé en 2012, il permet de comprendre comment évoluent les marges brutes et les marges nettes des produits agricoles simples.
« Remis au Parlement, le rapport 2026 de plus de 500 pages de l’Observatoire des prix et des marges (OFPM) des produits alimentaires établi sur une trentaine de produits alimentaires simples, constate une reconstitution progressive des marges brutes de la transformation et de la distribution en 2025, après l’absorption des chocs des prix agricoles en 2021-2022 », analyse Sophie devienne, la présidente de l’OFPM en présentant une synthèse de ce document.
A l’échelle des produits, cette tendance est plus ou moins marquée. Une offre déficitaire ou sous tension de produits agricoles n’a pas la même incidence sur la répartition des marges tout au long de la chaine de valeur qu’une conjoncture excédentaire.
Parmi les 34 produits passés, portons entre autres notre attention sur le lait UHT demi écrémé, les pâtes, un panier de produits laitiers bio, la barquette de beurre de 250 grammes et le steak haché à 15 % de matière grasse.
Tout au long de l’article, on entend par matière première agricole (MPA), la commodité utilisée pour la transformation. Dans le cas du lait UHT par exemple, il s’agit d’un liquide auquel a été extrait une partie de la matière grasse. Pour les pâtes, il s’agit des grains allotés pour être transformés en semoule dans un premier temps.
Lait UHT demi-écrémé

« Le coût de la matière première agricole (MPA) diminue en 2025, les marges brutes aval progressent pour la transformation et la distribution », analyse l’OFPM.
La diminution du coût de la MPA a financé la hausse de la marge brute du pack de lait sortie usine tout en maintenant son prix de vente.
Simultanément, la distribution a accru la sienne en augmentant le prix de vente du produit de 4 c en deux ans.
Sur 6 ans, sa marge brute par litre de lait a progressé de 7 c d’euros en atteignant 0,30 €/l.
Pour autant les éleveurs laitiers ont été mieux payés 0,51 €/l ; +2 c/l en deux ans.
Viande hachée 15 %
« Pour amortir l’augmentation du coût de la MPA de plus de 1,70 €/kg en 2025, les maillons de la transformation et de la grande distribution voient leurs marges se comprimer », soutient l’OFPM.

Le kilogramme de viande hachée à 15 % de matière grasse valait en moyenne 8,2 €/kg l’an passé, 1,7 € de plus que l’an passé alors qu’à la vente il ne valait qu’un euro de plus.
Transformateurs et distributeurs on réduit leurs marges pour atténuer la hausse du prix de la viande payé par le consommateur.
Pâtes sèches
Pour les pâtes sèches, la baisse de la MPA de près de 28 c/kg depuis 2023 a été très peu répercutée sur leurs prix payés par les consommateurs (- 6 c/kg à 1,91 €/kg le kilo). Entre temps les transformateurs et les distributeurs ont accru leur marge brute de 0,98 c/kg à 1,41€/kg aux dépens du consommateur. La distribution a même quasiment doublé la sienne (43 c/kg ; +21 c/kg).

Panier laitier biologique
« Le prix de la matière première agricole est resté globalement stable ces trois dernières années mais la transformation et la distribution ont accru leurs marges de près de 8 centimes d’euros par kilogramme de produits », observe l’OFPM.

Le prix du panier valait 1,70 €/kg en 2025, soit 0,25 €/kg de plus qu’en 2022. Cette hausse équivaut à celle de la MPA (0,47 €/kg à 0,66 €/kg)
Plaquette de beurre de 250 grammes (80 % MG)
« Le coût de la matière grasse augment depuis 2020 et progresse à nouveau en 2025. La marge brute se comprime pour l’industrie et la grande distribution voit la sienne augmenter à nouveau », souligne l’OFPM.

Depuis 2021, le prix de la plaquette de beurre a autant progressé que celui de la matière première agricole (environ 2,8 €/kg). Mais la baisse de la marge brute de l’industrie de près de 60 centimes d’euro par kilogramme de beurre a financé l’augmentation de la marge de de la distribution (0,50 €/kg) et à légèrement amorti le prix de la matière première livrée.
Pour consulter l’ensemble du rapport de l’OFPM, consultez le site de FranceAgriMer.