558,5 Mt de lait ont été produites dans le monde en 2024, selon l’USDA, soit 19 Mt de plus qu’en 2020. Mais la collecte stagne en Union européenne et dans les autres pays exportateurs de produits laitiers. Le lait est de plus en plus consommé là où il est produit.
En France, le lait est payé plus de 500 € les 1000 l. Lissée sur douze mois (208 €/1 000 l), la marge laitière MILC calculée chaque mois par l’Institut de l’élevage (Idele) est deux fois supérieure à la moyenne décennale 2012-2021 (111 €/ 1000 l).
La dimension des élevages laitiers est faible comparée à celle de ses voisins frontaliers (une production moyenne de 317 000 l par exploitation) mais une grande partie des fermes est située en zone de montagne. Dans les zones de plaine, leur taille se rapproche de celle observée dans les principaux pays européens producteurs de lait, la Pologne mise à part (80 000 l/exploitation).
Toujours moins de vaches laitières dans l’UE
Toujours en France, les effectifs de vaches laitières ne cessent de baisser depuis 2014 (-13,7 %). On ne dénombre plus que 3,3 millions de bêtes, moitié moins qu’en 1970. Ces derniers mois, les crises sanitaires accentuent leur repli (-2,5 % sur un an, -82 000 têtes/an). Sur les 40 000 exploitations (points de collecte), 10 000 ont plus de 100 vaches laitières.
En fait, les vaches sont de moins en moins nombreuses dans toute l’Union européenne. Aussi la filière viande bovine se retrouve-t-elle en panne d’offre, car moins de veaux naissent.

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La faiblesse du prix du lait payé aux éleveurs français, comparée à leurs voisins européens, ne semble pas être un atout pour rendre l’industrie agroalimentaire compétitive. À l’export, le solde commercial français de produits laitiers se dégrade à un rythme spectaculaire. Depuis le mois de mai, il est inférieur de moitié à celui de l’an passé. D’août 2024 à juillet 2025, l’excédent commercial de 2 Mds d’€ est, sur un an, inférieur de 25 %. Les exportations de produits laitiers n’ont progressé que de 3,8 % (8,99 Mds d’€) alors que les importations (6,88 Mds d’€) ont augmenté de 17 %. Mais surtout, notre pays est déficitaire de près de 1,4 Mds d’€ avec ses voisins, car ses achats ont atteint 6,2 Mds d’€ (+17 % sur un an). À ce jour, l’excédent commercial n’est réalisé qu’avec les pays tiers alors même que la parité de l’euro pénalise la compétitivité de notre pays.
L’export UE profite du dynamisme de la production de fromage aux États-Unis
À l’échelle de l’UE, le solde commercial se maintient. Il équivaut à 22,5 millions de t de lait. Mais la France est partie pour être déficitaire.
Une partie des exportations européennes approvisionne régulièrement le marché américain qui abonde de fromages italiens, français, espagnols et néerlandais. L’UE, et surtout l’Irlande, sont les principaux fournisseurs des États-Unis en beurre. Mais ces derniers mois, ceux-ci ont surpris leurs concurrents en devenant exportateurs nets. La commercialisation du beurre étasunien est facilitée par la parité du dollar alors que les taxes Trump tarissent le marché américain des produits laitiers. En Union européenne, le prix du beurre a déjà fléchi et pourrait générer une baisse du prix du lait payé aux éleveurs européens.
La production de lait de ses vingt-sept pays membres stagne autour de 145 Mt (source Cyclope 2025) depuis au moins cinq ans alors que le monde en produit toujours plus (558 Mt, +19 Mt en cinq ans).
À la fin des années 2010, de nombreux pays européens ont profité de la fin des quotas pour accroître leur production de lait. Mais pas la France (24 Mt), deuxième pays producteur de lait en UE après l’Allemagne (33,8 Mt). Et ces derniers mois, les épizooties (FCO, MHE, DNC) anéantissent toute reprise de la production et de la collecte de lait. Or notre pays dispose d’un potentiel de croissance que ses voisins européens pourraient envier en raison de sa superficie, de son potentiel fourrager et de la faible densité des élevages.
En fait, le lait est de plus en plus consommé dans les pays où il est de plus en plus produit. Dans les cinq principaux pays exportateurs de la planète (États-Unis, Nouvelle-Zélande, Argentine, Union européenne, Australie), sa production stagne quand elle ne se replie pas.
L’Inde, le premier pays producteur au monde (212 Mt) est absent des marchés. La Chine (42 Mt) est le premier importateur de produits laitiers (10,5 Mt). En expédiant près de 95 % de la production vers les pays tiers, la Nouvelle-Zélande est une exception planétaire.
Plus d’1,05 Mt de beurre supplémentaire a été produit dans le monde entre 2020 et 2024, selon l’USDA. Mais la contribution de la Nouvelle-Zélande (475 000 t) est faible (+10 000 t) et l’UE (280 000 t) a perdu près de 35 000 t (source Cyclope 2025).
La production mondiale de fromages a aussi augmenté (22,8 Mt ; + 1,25 Mt) ces cinq dernières années sans l’UE (1,39 Mt ; – 10 000 t). Quant aux poudres de lait écrémé et gras, le tassement de leur production mondiale masque un retrait important de l’Union européenne (- 260 000 t au total) et dans une moindre mesure des États-Unis (- 50 000 t) où davantage de fromages ont été produits.