Un travail du sol simplifié pour préserver la fertilité

Depuis cinq ans, Henri Deblock met en œuvre des techniques culturales simplifiées avant ses pommes de terre dans le but d’accroitre les teneurs en matières organiques de ses sols. Il inscrit cette pratique en complémentarité d’une attention renforcée au développement des couverts. 

Henri Deblock est polyculteur dans la Somme exploitant une majorité de terres de limons. Outre du blé, des betteraves, légumes et oignons, il produit des pommes de terre sous contrat destinées au marché du frais et à l’industrie. Depuis cinq ans, il les implante autant que possible en non-labour. Sa priorité : « la recherche de pratiques raisonnées »

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Sur son exploitation, la rotation alterne blé – betteraves –  blé – légumes – blé puis pommes de terre. « Depuis 5 ans, nous avons introduit les couverts sophistiqués c’est-à-dire incluant 5 espèces parallèlement au travail simplifié du sol, explique Henri Deblock. Si le labour n’est pas exclu dans notre système, j’ai d’abord essayé de m’en passer sur pommes de terre avant de faire de même pour les betteraves ». En l’absence d’élevage sur l’exploitation et dans le secteur, son but est de restaurer les niveaux de matière organique de ses sols en investissant pour un bon développement des couverts et en pratiquant le non labour. « La matière organique de nos sols se situait entre 1,6 et 2 %, nous visons un minimum de 2 % » explique Henri Deblock. Autant que possible, il prépare désormais la plantation avec un travail en surface. 

Une nécessaire adaptation aux conditions

Après céréale, ses couverts incluent vesce, phacélie, trèfle d’Alexandrie, moutarde d’Abyssinie et radis fourrager. Ils sont broyés en novembre à décembre. Un passage de glyphosate est réalisé un mois avant la plantation. Le sol est préparé avec un passage de chisel également désigné sous le nom de cultivateur. Celui-ci assure un mélange superficiel de la matière organique sans retourner la terre. Il utilise ensuite ensuite le terrier, un déchaumeur à dent, ou l’Actisol selon les situations. Agissant en profondeur, ce dernier permet une fissuration. « Enfin, le passage de fraise rotative ou rotavator assure une bonne préparation » confie l’agriculteur. Il précise toutefois : « le non-labour est opportuniste chez nous. Si la structure au test bêche n’est pas satisfaisante, si la météo ou le sol ne sont pas propices, je n’hésite pas à atteler la charrue ».

A ses yeux, le couvert est la clé de la réussite. Il ajoute : « si l’été est sec, je le sème en direct alors que si les conditions sont humides, je privilégie un déchaumage en amont »

Herni Deblock testera sur la prochaine campagne un mélange adapté à une destruction plus tardive de ses couverts, en février.

« Je souhaite pérenniser nos sols et donc l’exploitation avec ces pratiques, confie Henri Deblock. Toutefois, le travail du sol simplifié peut tourner au casse-tête. Il faut s’adapter sans cesse aux conditions météorologiques ».