Marchés agricoles – La solution de Quideos pour se couvrir contre la volatilité des prix

La jeune entreprise française lance des contrats de couverture en mesure de protéger plus de 95 % de denrées agricoles non cotées contre la volatilité des prix. S’ils couvrent plus d’un milliard d’euros de produits d’ici 2029, ces contrats seront des outils de gestion à part entière des exploitations agricoles, des coopératives et de l’industrie.

L’assurance récolte protège les céréaliers contre des chutes de rendements liées à des accidents climatiques mais elle ne les protège pas de la volatilité des cours. Sur les marchés des céréales, les marchés à terme s’en chargent. Mais le nombre de denrées couvertes est très faible.

« Les outils de protection existants ne concernent que près de 15 % des produits agricoles, laissant la plupart des filières sans solution », souligne Mikael Delmas, un des deux cofondateurs de la société Quideos, une jeune entreprise française fondée en 2023.

Actuellement, les producteurs de porcs font face à une chute inattendue des cours et de leurs marges sans avoir les moyens financiers pour en atténuer les effets. Dans l’industrie alimentaire, les fabricants de viennoiseries  sont régulièrement confrontés à des hausses de prix du beurre et des œufs qui les contraignent à réduire leurs marges quand ils n’ont pas la possibilité de répercuter la totalité de ces coûts supplémentaires sur leur prix de vente. La loi Egalim ne s’applique pas dans tous les cas de figure.

Pour remédier à cette carence, Quideos,  « lance la première solution européenne de couverture contre la volatilité des prix des matières premières agricoles et des intrants. Destinés aux producteurs, coopératives, industriels et distributeurs, les contrats de proposés par la société stabilisent et sécurisent leurs marges, leurs revenus et leurs coûts », explique Gaël Pagès.

Une indemnisation plafonnée

Quelle que soit la denrée agricole, le mécanisme est le même. Lorsqu’un producteur, une coopérative, un industriel ou un distributeur souscriront un contrat de couverture Quideos, ils verseront une prime calculée selon la quantité de matières à protéger, la durée et le niveau de prix à sécuriser.

Mais la formule de calcul de la prime est elle-même basée sur la volatilité historique, l’analyse d’indices de prix incontestables issus de sources publiques et privées reconnues (INSEE, FranceAgriMer, Commission Européenne), la date d’échéance du contrat et l’équilibre global de notre portefeuille.

Si le prix du marché évolue défavorablement pour le client, Quideos « compense la perte en versant une indemnité. Si le prix reste stable ou évolue favorablement, le client bénéficie des gains associés. Ce mécanisme garantit ainsi une protection claire, personnalisée et adaptée à chaque filière ». Mais dans tous les cas de figure, l’indemnité est plafonnée.

Et aucun contrat de couverture ne peut être couvert si le risque de volatilité est imminent. Aussi, un délai de carence s’impose.

Pour illustrer ces propos, la société Quideos propose l’exemple suivant :
Sylvain, éleveur de porcs dans le Finistère, élève 5,000 porcs par an

Il a souscrit en avril 2025 à un produit de couverture visant à protéger un prix de vente compris entre 1,60 €/ kg et 1,80 €/ kg entre septembre et octobre 2025.

Sa production sur cette période est de 94 tonnes.

Le contrat de couverture Quideos lui coûte 7 520 € (soit 0,08 €/kg). Mais s’il vend son porc, 1,90 €, il a perdu 7520 €.

S’il vend ses animaux moins de 1,60 €, il est indemnisé 9 400 € par mois souscrit, quel que le prix de vente.

Et entre 1,60 € et 1,80 €, l’indemnité est proportionnelle au manque à gagner ente le prix de vente et le prix plafond. Pour 1,65 €, l’indemnité sera de 7050 € par mois.

Cet exemple est transposable à la quasi totalité des produits agricoles et agroalimentaires de première transformation.

Les contrats de couverture de Quideos répondent à un besoin qui n’a pas été jusque-là pris en compte à la fois par méconnaissance mais aussi en raison de l’absence des technologies appropriées (données date, outil informatique approprié, etc.).

 « Stabiliser les revenus et les marges, c’est permettre aux exploitations et entreprises agroalimentaires de se concentrer sur l’essentiel: produire, innover pour nourrir, déclare Gaël Pagès, co-fondateur de Quideos. Nous redonnons à chaque acteur le pouvoir d’agir plutôt que de subir les fluctuations. Car aujourd’hui, protéger les marges n’est plus un luxe, c’est une nécessité ».

Un outil de gestion

Le succès est au rendez-vous. A ce jour, la centaine cas d’usage réalisés par l’entreprise sur différents produits agricoles et agroalimentaires sont autant de contrats de couverture potentiels qui seront signés.

La société pourra couvrir plus de 95 % des denrées agricoles non cotés (viandes, légumes, fruits, produits de première transformation, engrais) sur le marché français et par la suite sur le marché européen.

L’ensemble des organisations de production, et des industriels ont été démarchés pour leur présenter leur outil de couverture et ses paramètres et pour le rendre perfectible.

Pour les souscripteurs, la couverture contractuelle ne vise pas à couvrir la moindre variation de prix mais d’en atténuer les effets lorsqu’elle est importante.

Tant que leurs marges couvrent leurs charges de structure, les producteurs de porcs sont prêts à encaisser une baisse des cours. Mais lorsque ces derniers chutent, signer un contrat de couverture Quideos en atténueront l’ampleur.

En couvrant jusqu’à un milliard d’euros d’ici 2029 de produits agricoles et de première transformation d’ici 2029, la société Quideos serait alors le partenaire de référence des filières agricoles pour la gestion du risque prix.

Les premiers contrats seront signés avec des coopératives qui protègent leurs adhérents de la volatilité des prix. A moyen terme, les agriculteurs pourront aussi devenir souscripteurs

Ces contrats complètent les contrats d’assurance récolte. Leur souscription pourrait conditionner l’octroi de prêts bancaires à des agriculteurs qui investissent. En effet, ces contrats garantissent des marges de production et par conséquent les capacités de remboursement de leurs exploitations.

Quideos finance ses services en prélevant un pourcentage sur les primes des contrats conclus. Son modèle économique repose sur la diversification et le partage des risques parmi une vaste gamme de produits et de matières agricoles décorrélées ou peu corrélées entre elles.

Pour financer le lancement de son activité, Quidéos s’appuie sur leurs deux premières levées de fonds de 6 millions d’euros auprès de Demeter et Breega, aux côtés de Clint Capital et de business angels historiques.

A moyen terme, on peut imaginer que la couverture contractuelle soit en partie prise en charges par la Pac comme le sont les actuellement les contrats d’assurance récolte.

Pour le Trésor public, cette couverture présente un avantage essentiel : la budgétisation de son coût alors que l’indemnisation de l’assurance récolte est imprévisible par essence puisqu’elle dépend in fine des pertes subies.