Le gouvernement met en place une aide d’urgence pour les agriculteurs face à la hausse des engrais

Le Gouvernement dévoile un plan d’urgence pour soutenir les agriculteurs français face à la hausse des prix des engrais azotés, conséquence des tensions au Moyen-Orient. Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, annoncent également une stratégie durable pour renforcer la souveraineté en matière d’engrais.

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Plan d’urgence pour les engrais et stratégie durable annoncés par le gouvernement

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, et le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, ont présenté un programme d’aide destiné à soutenir les agriculteurs français face à la hausse des prix des engrais azotés. Cette situation, exacerbée par la crise au Moyen-Orient, menace la campagne agricole à venir. En parallèle, une stratégie de long terme pour renforcer l’autonomie de la France en matière d’engrais a été dévoilée.

Les enjeux des engrais pour l’agriculture et la souveraineté alimentaire

Les engrais azotés jouent un rôle crucial dans la production agricole et la sécurité alimentaire de la France. Toutefois, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont entraîné une montée des prix, impactant particulièrement les grandes cultures déjà fragilisées par des campagnes précédentes peu fructueuses.

Dans ce contexte, le surcoût des engrais, combiné à des conditions climatiques extrêmes, menace les remises en culture après les récoltes. La crise énergétique actuelle met également en lumière la vulnérabilité de la souveraineté française en termes d’engrais.

Une aide financière pour les agriculteurs

Annie Genevard a sollicité, avec d’autres États membres, le soutien de la Commission européenne pour débloquer la réserve de crise communautaire. Cette démarche a abouti à l’octroi d’une aide de 107 millions d’euros pour les agriculteurs français, un montant qui pourrait être complété par des fonds nationaux pour atteindre jusqu’à 145 millions d’euros.

Le ministère a travaillé avec les représentants du secteur agricole pour garantir la rapidité de mise en œuvre de cette aide, essentielle pour les exploitations affectées par plusieurs années de déficits et les conditions climatiques difficiles de 2026.

Le dispositif prévoit une aide de 50 euros par tonne d’engrais azotés simples, plafonnée à la moitié de la consommation de 2025, et portée à 70 euros par tonne pour les agriculteurs dont les engrais représentent plus de 10% de leurs charges. Cette aide concerne les achats d’engrais effectués entre le 1er juin et le 30 septembre 2026. Un point sur la situation sera fait à cette date pour évaluer l’évolution des prix des engrais.

Renforcement de la souveraineté française en engrais azotés

Le gouvernement a également présenté une stratégie durable pour réduire la dépendance de la France aux engrais importés. Cette stratégie se structure autour de trois axes prioritaires :

  • Optimisation de l’utilisation des engrais : Les agriculteurs disposeront d’outils pour ajuster précisément leurs apports en engrais, avec un objectif d’augmenter de 40% les surfaces bénéficiant d’un bilan azoté d’ici 2030.
  • Développement d’alternatives organiques : Promotion de meilleures pratiques agricoles et valorisation des effluents d’élevage pour atteindre 80% de fosses couvertes et un enfouissement rapide des engrais.
  • Production nationale accrue d’engrais décarbonés : Un investissement de 2 milliards d’euros sur dix ans soutenu par l’État pour moderniser et développer la production nationale, avec une augmentation de 20% d’ici 2032.

Le gouvernement continue de soutenir les producteurs d’engrais dans un contexte de forte concurrence internationale, avec une compensation carbone exceptionnelle en 2026 pour atténuer les coûts énergétiques.

La France demande également une révision pragmatique du marché européen du carbone pour accompagner la décarbonation du secteur agricole tout en préservant sa compétitivité.

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a déclaré : « Les agriculteurs ne doivent pas être laissés seuls face à l’envolée du coût des engrais et face à nos dépendances, et ils ne le seront pas. Avec ce dispositif exceptionnel, nous apportons une réponse concrète aux exploitations agricoles afin de préserver leur trésorerie, leur capacité à produire et, au-delà, notre souveraineté alimentaire. La stratégie engrais que nous présentons permet, par ailleurs, de se projeter dans l’avenir, de réduire nos importations d’engrais, et donc de renforcer notre autonomie. »

Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, a ajouté : « Les crises récentes ont montré qu’une nation qui ne produit plus dépend des décisions des autres. Les engrais sont indispensables à notre agriculture et relèvent pleinement de notre souveraineté alimentaire et industrielle. Avec ce plan, nous faisons le choix d’investir dans nos usines, de développer une production décarbonée, des solutions innovantes et de renforcer notre compétitivité face à une concurrence internationale qui ne supporte pas toujours les mêmes contraintes que nos industriels. Produire davantage en France, c’est protéger nos agriculteurs et préparer l’avenir. »

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