La silphie alimente les méthaniseurs et les troupeaux

Les agriculteurs français découvrent les vertus de cette plante polyvalente. Pour Amédée Perrein, directeur de la société SILPHIE FRANCE dans les Vosges, cette astéracée est une des solutions appropriées pour relever les défis fourragers et énergétiques de l’agriculture et de l’économie française

« C’est en Allemagne que j’ai découvert les vertus de la silphie, rapporte Amédée Perrein, fondateur de la société SILPHIE FRANCE dans les Vosges (1). Cette astéracée est cultivée pour produire du substrat destiné à alimenter les méthaniseurs. Mais cette plante originaire d’Amérique du Nord est aussi semée pour récolter des fourrages frais ou ensilés ». Une fois implantée sur une exploitation, cette astéracée sait se rendre indispensable. N’importe quel agriculteur et éleveur pourra toujours s’appuyer sur des parcelles de silphie pour réaliser, au fil de sa carrière, un ou plusieurs projets reposant sur une production massive de végétaux. 

Cultivée expérimentalement sur 200 ha en 2019 dans les Vosges par Amédée, la culture de silphie se répand depuis comme une traînée de poudre. En juin 2025, plus de 75 000 ha étaient déjà cultivés en France. Nous sommes aussi présents dans huit pays. Et les réunions d’informations et de promotion de la culture de la silphie, pilotées par Amédée, font salle pleine. Les céréaliers, les éleveurs et les polyculteurs-éleveurs ont chacun de bonnes raisons d’introduire cette plante dans leur assolement. Si un agriculteur s’est lancé dans la production de biométhane, la culture de silphie lui garantit un chiffre d’affaires récurrent, avec un prix de vente fixe contractualisé. 

Couverture du guide expert WikiAgri dédié à la thématique de la méthanisation. Titre : Méthanisation : ça gaze ?

Produire de l’énergie & diversifier vos revenus

  • Les garanties avant le démarrage des travaux
  • Contribuer sans porter le projet : apporter vos effluents à une unité voisine
  • Les cultures maximisent le pouvoir méthanogène

Jean-Luc Bernard, céréalier et producteur de bovins viande à Damas-et-Bettegney dans les Vosges, a déjà implanté 200 ha pour produire une partie du substrat du méthaniseur qu’il possède en copropriété. En rythme de croisière, l’éleveur vend sa récolte 110 € la tonne de matière sèche. 

Selon Amédée Perrein, le prix moyen de la silphie oscille entre 90 € et 120 €, escomptant un chiffre d’affaires de 1 400 € à 1 900 € par ha. Des céréaliers peuvent trouver dans la silphie l’opportunité de produire des fourrages qu’ils vendront à leurs voisins éleveurs. La tonne de matière sèche est deux fois plus riche en protéines végétales que le maïs, mais moins énergétique. Les deux fourrages sont donc complémentaires lorsqu’ils sont formulés pour nourrir des troupeaux de ruminants. En réservant quelques parcelles pour implanter de la silphie, les éleveurs peuvent compter sur une double récolte de fourrages, en juin et à l’automne. Il est également possible de la récolter toutes les 6 semaines pour augmenter sa valeur énergétique (1.05 UFL). La culture de la silphie apporte ainsi une réponse structurelle aux situations. 

La silphie et la PAC

Sur les déclarations PAC, les parcelles de silphie sont déclarées sous le code MSW 004 et rentrent dans les éco-régimes. La plante ne peut pas être cultivée sur des surfaces d’intérêt écologique. Mais elle est recommandée dans les zones de captage, de protection de l’eau potable et de non-traitement. Amédée conseille même de semer des bandes de 20 m pour avoir « la paix avec ses voisinsL’idée est de créer une barrière végétale pour les cultures, d’augmenter la biodiversité et d’obtenir une belle floraison », défend le responsable de SILPHIE FRANCE.