Seules 12 Mt équivalent blé de farine sont échangées dans le monde. Ce marché est stratégique pour les pays qui en dépendent.
La quasi-totalité du blé produit dans le monde est dédié à l’alimentation humaine et est consommé après avoir été transformé en farine ou en aliments plus complexes. À l’échelle mondiale, les quantités en jeu portent sur 570 Mt selon le CIC dont 49,2 Mt de blé dans l’Union européenne. Selon l’étude de l’ANMF (Association Nationale de la Meunerie Française), les meuniers français ont transformé 20 % du blé français pour produire plus de 4 Mt de farine l’an passé ; une production en hausse de 5,5 % par rapport à 2023.
Les vingt-sept pays européens exportent (500 000 t par an) et importent peu de farine (300 000 t), selon la Commission européenne.
Hors Union européenne, le Royaume-Uni est pour cette campagne le premier partenaire commercial des Vingt-sept sur des volumes très modestes (quelques dizaines de milliers de tonnes à l’export et à l’import).
L’Italie est le premier Etat européen exportateur de farine vers les pays tiers et un des dix principaux du monde, un groupe auquel appartiennent aussi la Belgique et l’Allemagne.
Mais les échanges commerciaux de ces pays sont essentiellement intra-européens.
En France, les deux tiers de la farine commercialisée chaque année (330 000 t) sont vendus en Union européenne. Seules 60 000 t sont expédiées vers des pays tiers et 30 000 t sont dédiées à l’aide alimentaire.
Trois pays à la tête du marché mondial
L’Hexagone n’exporte plus de farine, comme il y a encore une vingtaine d’années, en Afrique francophone car les pays se sont dotés de moulins.
Par ailleurs, la filière meunière est peu rentable. L’an passé, la France a importé 400 000 t de farine notamment pour le marché des sachets de farine ménagère vendus en grandes et moyennes surfaces : 25 % ont été expédiés d’Allemagne.
Le marché mondial de farine porte sur de petits volumes comparés à ceux des céréales. Seules 12 Mt équivalent blé (Mt éq blé) de farine sont exportées dans le monde.
Mais ce marché mondial est stratégique pour les pays qui en dépendent. Il est piloté par la Turquie, le Kazakhstan et très récemment l’Égypte, qui réalisent à eux trois près de la moitié des transactions commerciales.
Leur position géographique est un atout commercial stratégique. Leader de ce marché, la Turquie a développé une industrie performante et moderne, avec des coûts de production peu élevés, tournée vers l’exportation, selon Sébastien Abis de l’Iris. Ses débouchés sont vers les voisins frontaliers en conflit, ainsi que les programmes d’aide alimentaire au Moyen-Orient (Syrie, Irak, Yémen) et en Afrique (Soudan par exemple).
Pour approvisionner ses moulins, l’Egypte a beaucoup investi. Aussi demeure-t-elle le premier pays importateur au monde de blé bon marché, de Russie notamment. Une place qu’elle partage avec l’Indonésie.
Production biologique : le blé bio n’est plus en vogue
La production française de céréales biologiques est globalement déficitaire. Cette campagne-ci, la collecte de froment est estimée à 282 000 t. Et comme peu de nouvelles conversions complètes sont attendues l’an prochain, le potentiel de production n’évoluera pas beaucoup. Or la meunerie prévoit de fabriquer l’équivalent de 187 000 t de grains en farine, l’industrie de l’alimentation d’en transformer 83 000 t alors que 20 000 t de blé seront vendues directement aux éleveurs. Aussi, 35 000 t de froment seront importées de pays tiers.