Wikiagri : Les céréaliers interrogés jugent, dans leur grande majorité (67%), la situation de leur exploitation “difficile” et se disent préoccupés pour l’avenir (79%). Comment Intercéréales analyse-t-elle ce ressenti exprimé par le terrain ? Quel message souhaitez-vous adresser aujourd’hui aux céréaliers qui se disent inquiets pour l’avenir de leur exploitation ?
Benoît Piétrement : Les deux dernières années ont en effet été particulièrement difficiles (conditions climatiques, tensions géopolitiques…) pour les exploitations bien sûr mais cela se répercute sur toute la filière céréalière, de l’amont à l’aval, de la production à l’export, en passant par la collecte et la transformation. En effet, les coopératives et les négoces ont dû sécher, trier, alloter différemment ; les industriels, ont dû adapter leurs process ; les acteurs de l’export, ont dû composer avec des marchés de plus en plus incertains. Et cette campagne, les cours sont bien trop bas pour couvrir les coûts de production malgré de bons volumes et une bonne qualité de la récolte.
C’est pour cela que nous avons placé la compétitivité au cœur de toutes nos actions. Du champ au port, de l’usine au silo, la filière s’adapte ! Elle veille également à mieux comprendre les différentes attentes des clients et consommateurs aussi bien en France qu’à l’international, afin d’y répondre le plus précisément possible. Enfin, elle exerce une surveillance active des marchés, des réglementations sanitaires, tout en accompagnant ses membres dans l’anticipation des évolutions législatives pour garantir la compétitivité et la sécurité sanitaire.