Bayer accentue son offre sur le marché des céréales à paille 

Dans un contexte marqué par une réduction des matières actives autorisées, le géant de la protection des plantes a communiqué, vendredi 27 février, sa palette de solutions en traitements des semences, désherbage d’automne et protection fongicide pour la campagne 2026. 

Equipe Bayer Cropscience France

« Le contexte est que le marché va perdre une molécule majeure qui est le fludioxonil. C’est une molécule qui couvre 3,9 millions d’hectares en moyenne sur trois ans, essentielle dans la gestion des maladies fongiques de la semence et du sol et qui représente 80 % des parts de marché », explique Mylène Striebel, cheffe marché traitements de semences chez Bayer à l’occasion d’une conférence de presse tenue le vendredi 27 février. 

Bayer compte profiter de ce probable retrait réglementaire pour revenir en force dans la bataille avec notamment son offre de traitement de semences Redigo (destinés aux industriels)/Misol (destinés aux trieurs à façon et agriculteurs) à base de prothioconazole, une substance active déjà autorisée sur le marché. Ces deux produits ont représenté près de 8 % des parts de marché pour les semis 2025 sur les céréales d’hiver. Bayer entend atteindre les 15-20 % cette année et à terme prendre la totalité des parts de l’actuel fludioxonil.

Pour autant, le défi ne sera pas si simple à relever. « Les agriculteurs négligent un peu l’importance de ces traitements de semences », observe Mylène Striebel, s’appuyant sur une enquête ADquation/Bayer menée auprès de 98 agriculteurs en 2025 et dont 97 % estiment qu’ils « prennent peu de risques en se passant de ce traitement ». Le coût est la raison principale avancée par les sondés. L’enjeu sanitaire est néanmoins réel avec les maladies telles que le charbon nu, la carie de blé, de fusariose et d’helminthosporiose. 

Afin d’étoffer sa gamme, Bayer propose également un catalogue comportant des biostimulants, une solution insecticide à base de téfluthrine (Euvékia), des pelliculants avec oligo-éléments (Peridiam), un pelliculant (Inteco), et un fongicide blé (Bariton, prothioconazole + fluoxastrobine).

« On compte bien s’inscrire dans la durée. On a un pipeline avec des innovations à venir en traitement de semences et on est là pour accompagner les agriculteurs encore longtemps », conclut Mylène Striebel.

En parallèle, l’entreprise dit avoir renforcé son équipe technique. Sur la partie commerciale et expertise technologique, elle compte désormais 18 « experts de proximité », un responsable de traitement de semences dédié exclusivement aux céréales et côté agronomique, des spécialistes cultures locaux et une experte technique nationale.

Mateno Duo, un nouveau produit de désherbage d’automne sur blé et orge

« Ce lancement s’inscrit dans un contexte marché particulier puisque le flufénacet s’arrête, une molécule majeure en herbicide de céréales d’automne, la deuxième la plus utilisée, appliquée sur 41 % des hectares. C’est énorme. », indique Alice Nolli, cheffe marché herbicides cérales chez Bayer. Un chamboulement des usages est donc anticipé par Bayer qui mise beaucoup sur son nouveau produit. Composé de deux substances actives – l’aclonifène et le diflufenicanil – Mateno Duo est homologué sur blé tendre d’hiver et orge d’hiver, et commercialisé  en un seul bidon dès cette campagne. Il est formulé en France à Villefranche-Sur-Saône, une logique d’approvisonnement local voulu par le groupe. « La souveraineté industrielle au service de la souveraineté alimentaire », insiste Sophie Huvier-Boutin, directrice marketing de Bayer Cropscience France.

Prediview, une protection fongicide garantie sur blé et orge

« Le distributeur va vendre des hectares de blé sain avec une garantie de 85 % de feuilles en bonne santé », informe Jérôme Métivier, chef marché fongicides céréales chez Bayer.

Prédiview ou « l’économie de la fonctionnalité » repose sur le risque réel de maladies des céréales. « Le programme est défini en amont de la campagne, à prix fixe, indépendamment de la pression maladies », annonce Bayer. Si le résultat n’est pas au rendez-vous en fin de cycle, l’entreprise assure la compensation financière. « C’est une conception innovante et vertueuse pour sécuriser le revenu des agriculteurs », observe Jérôme Métivier. Bayer annonce que les surfaces concernées vont passer à plus de 20 000 hectares en 2026 (contre 10 300 ha en 2025).