Une réserve de fourrage avec les dérobées

Impactée par le changement climatique, la production de fourrage se complique tant en quantité qu’en qualité. Les cultures de dérobées hivernales et estivales permettent de produire des fourrages complémentaires et donc de sécuriser les stocks. 

Le dérobées permettent aujourd’hui à de nombreux éleveurs de compléter leur stock ou prolonger le pâturage à l’automne. Semées après les récoltes de céréales, ces cultures jouent également le rôle de couverture hivernale du sol et donc de pièges à nitrates.

Les dérobées hivernales doivent notamment être implantées entre septembre à octobre avec une adaptation de la date aux espèces sélectionnées dans le mélange. Afin de faciliter le contact sol-graine, la préparation du sol est essentielle ainsi qu’un roulage dans le but d’optimiser la levée.

Dans le cadre de cet usage, Arvalis recommande d’implanter la céréale en faible densité soit entre 50 et 100 grains par m2 pour tutorer sans étouffer les légumineuses. Un mélange de celles-ci est également préconisé par l’institut technique pour assurer une couverture maximale. 

Des associations céréales et légumineuses opportunes

Si le RGI s’avère le plus couramment implanté entre une céréale d’hiver et un maïs fourrage, il n’est pas forcément recommandé par Arvalis. L’institut technique note que sa valeur alimentaire diminue rapidement s’il n’est pas récolté précocement de plus cette graminée a des besoins en azote importants rendant sa culture couteuse. 

Dans le cadre du plan Cap Protéines, il est apparu que des associations entre céréales et légumineuses ou protéagineux sont les plus opportunes. Si les trèfles doivent être sélectionnés pour résister à l’hiver, des mélanges les associant au seigle fourrager ont permis d’obtenir des valeurs de 15 à 20 % de MAT. Toutefois ils apportent des valeurs en UFL légèrement inférieures au RGI. Dans un objectif de récolte de fourrages riches en matières azotées, les vesces notamment la vesce velue sont intéressantes. Les légumineuses ayant besoin d’un tuteur, l’association avec une graminée est nécessaire. 

Les travaux d’Arvalis ont également mis en évidence l’intérêt des crucifères en dérobées. Pour un cycle de deux mois et demi, la moutarde blanche s’avère la plus productive. En termes de valeur alimentaire, le colza fourrager présente les meilleurs teneurs en UFL (0,87 unité/kg de MS) devant le radis fourrager (0,75 unités/kg de MS) alors que les autres crucifères ont des valeurs moyennes. Exploitées jeunes, ces colzas et radis fourragères présentent toutefois des risques acidogènes de fait de leur digestion rapide qui devront être pris en compte dans le rationnement.  

Moha et sorgho fourrager pour les dérobées estivales

Souvent récoltées plus tardivement que la destruction d’un couvert classique, les dérobées retardent souvent les semis de maïs. Si leur rendement en est impacté, la production cumulée reste supérieure à celle du maïs seul. 

Suite à des accidents, il est également envisageable de semer des dérobées en début d’été. Graminées, crucifères et légumineuses peuvent être implantées tôt mais nécessiteront 10 à 20 mm de pluviométrie pour leur levée. Le moha et le sorgho fourrager s’avèrent particulièrement adaptés pour des semis à cette période. Des mélanges RGI-céréales peuvent également être envisagés avec une fauche précoce à l’automne et un maintien du RGI jusqu’au printemps. Enfin, les mélanges graminées-légumineuses offrent couramment les meilleurs rendements. Une sélection de couverts de compositions différentes peut dans cette situation s’avérer judicieuse pour limiter les risques. 

Des dérobées semées après les récoltes de céréales apportent couramment leur contribution dès l’automne ou au printemps. Dans les zones les plus douces, le pâturage de dérobées à l’automne et en début d’hiver se pratique également. Il constitue une solution d’appoint en cas d’automne sec et de repousses faibles des prairies.