Une première campagne réussie pour Sipcam France

La filiale française du groupe italien Sipcam Oxon a communiqué ses bons résultats le vendredi 13 février. Avec 55 M€ de chiffre d’affaires réalisés en 2025 et huit nouveaux produits lancés depuis sa création (juillet 2024), la société affiche une forte ambition de croissance sur le marché français.

Les membres de Sipcam France présents à la conférence de presse, vendredi 13 février 2026. De gauche à droite: Jérôme Rouveure, chef de marchés et relations tiers, Marie-Anne Secq, responsable communication, Stéphanie Zedet, directrice homologations et affaires réglementaires, Fabrice Buet, directeur général et Carine Reyniers, directrice marketing et développement. © Thomas Asco

Issue du rachat de la branche distribution de Phyteurop (groupe InVivo) par le groupe italien Sipcam Oxon en juillet 2024, Sipcam France dresse aujourd’hui un premier bilan. 

Avec 55 M€ de chiffre d’affaires sur l’exercice 2024-2025, la filiale réussit une belle percée sur le marché français. Une greffe réussie qui doit beaucoup à la puissance de frappe de Sipcam Oxon: 720 M€ de chiffre d’affaires en 2025, neuf usines de production réparties sur six continents et des ventes dans plus de 50 pays. « À l’époque où nous étions au sein de Phyteurop, nous n’étions basés qu’en France, ce qui, au fur et à mesure, posait de plus en plus de problèmes en termes de rentabilité. Dans ce secteur, c’est très difficile de maintenir une activité franco-française », explique Fabrice Buet, directeur général de Sipcam France, il fallait que nous soyons globalisés et que nous ayons des usines pour faire des formulations ».

La campagne 2025 de Sipcam France

Les 55 M€ de chiffres d’affaires (CA) se répartissent comme suit :

  • fongicides : 41 %
  • herbicides : 33 %
  • anti-limaces : 22 %
  • Insecticides : 6 %

Répartition du CA par culture :

  • vigne : 30 %
  • Traitements généraux : 24 %
  • Betteraves : 17 %
  • Multi cultures : 15 %
  • Céréales : 6 %
  • Pomme de terre : 4 %
  • colza: 2 %
  • EVJ: 2 %

Coup de boost R&D

« Ce qui a également beaucoup changé c’est l’investissement du groupe – 5% de son chiffre d’affaires sont consacrés chaque année à la recherche et développement (R&D). Et l’autre point majeur, c’est l’accès aux annexes 2. Au niveau européen, sans cet accès, c’est assez délicat de construire ses propres produits, sa propre indépendance », souligne Fabrice Buet. 

Le coût d’accès à ces annexes est prohibitif pour un bon nombre de sociétés. En passant sous l’égide de Sipcam Oxon, la filiale française a désormais accès à 27 molécules au minimum, ce qui lui permet de réaliser de nouvelles formulations et ainsi aller chercher de nouveaux débouchés. « À titre d’information, pour un insecticide, le coût pour une molécule peut atteindre les 14 M€ », précise Carine Reyniers, directrice marketing et développement. D’où la stratégie des entreprises du secteur de créer des « task forces », des communautés d’intérêts permettant de réunir des données afin de « défendre » les molécules, c’est-à-dire de prouver qu’elles répondent à toutes les exigences de santé et d’environnement. 

Conforté dans sa dynamique, et malgré un marché « en contraction » en 2026, Sipcam France ambitionne les 80 M€ de chiffre d’affaires d’ici cinq ans.

Une même équipe reconduite

« L’équipe de Phyteurop distribution est passée chez Sipcam France. On a juste changé de casquette et de logo, mais on est la même équipe : on travaille ensemble depuis longtemps », partage Fabrice Buet, directeur de Sipcam France arrivé chez Phyteurop en 2019. 26 employés travaillent dans cette filiale française. Sipcam Oxon compte 1300 collaborateurs dans le monde. 

Entretien avec Fabrice Buet, directeur général de Sipcam France

C’était important de communiquer aujourd’hui ?

Oui ça l’était, car on vient de finir notre première campagne, notre première année d’existence. Le groupe a une volonté de croissance sur le marché français, le premier marché européen dans la protection des cultures. Nous sommes en train de grandir, de marquer notre empreinte.

Fabrice Buet, directeur général Sipcam France
Fabrice Buet, directeur général Sipcam France © Thomas Asco

Quelles sont les spécificités du marché français ?

Elles sont très liées au réglementaire. C’est clairement l’un des grands enjeux. Aujourd’hui, on sait que le combinatoire va être très important. Notre groupe a, dans ses actifs, des produits de protection des cultures classiques, des biocontroles, des biostimulants, et une capacité à faire de la formulation industrielle différenciée. On a tous les ingrédients pour combiner et le marché français est particulièrement appétent pour ça. C’est très contraint par la régulation et par les difficultés d’homologation, mais on doit réussir à proposer aux producteurs des solutions combinées.

Quels sont les segments de marché que vous ciblez en particulier ? 

Nous avons un historique très fort sur les cultures industrielles, de par l’historique de Phyteurop, nous avons un pied important en betteraves. Le groupe et les partenaires internationaux nous apportent des solutions sur la pomme de terre aujourd’hui. Les cultures industrielles vont donc rester un axe fort. On a aussi une position solide historiquement en produit anti limace, on va continuer de développer ce marché (avec des solutions apportées par nos actionnaires et partenaires extérieurs). Et puis le groupe est très implanté en Espagne, en Italie, en Grèce, dans tout le sud de l’Europe avec une forte empreinte sur les cultures pérennes (arbo, maraichage, vigne). On est un peu plus fort au niveau du groupe en insecticide. On va réussir à apporter des solutions face aux défis émergents, notamment le réchauffement climatique. Les défis du sud de l’Europe arrivent chez nous. On a cette expérience, de vrais atouts à faire valoir dans les années à venir. 

Comment comptez-vous atteindre la taille critique à 80 M€ de CA ?

On a un actionnariat stable depuis 80 ans. Les mêmes familles sont aux commandes. Le deuxième aspect, c’est notre empreinte industrielle : neuf usines dans le monde, dont quatre en Europe. On est très proche de nos clients, de la distribution et de nos marchés. Ça veut dire qu’on va durer. On est là pour longtemps. Quand on a ce genre d’actifs, on a une responsabilité.

Thomas Asco