Témoignage : Opter pour l’automatisation

Déclenchant la ventilation seulement lorsque les conditions sont réunies, l’automatisation permet un refroidissement rapide et optimise les consommations énergétiques tout en libérant du temps.

Antoine Gervais stocke l’ensemble de sa production dans la continuité de sa stratégie d’autonomie © Antoine Gervais

Antoine Gervais cultive 460 ha en blé tendre et dur, orge, colza, maïs, tournesol et pois à Romagné dans la Vienne. Depuis 2023, il a développé le stockage de l’ensemble de sa production dans la continuité de sa stratégie d’autonomie pour « décider du moment de la vente et accroître mes marges ». Le poitevin ajoute : « l’automatisation était une condition sine qua non pour moi afin de limiter la charge de travail. Elle m’apporte de la tranquillité d’esprit tout en garantissant la qualité du grain ».

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Toutes les clés pour sécuriser qualité et rentabilité

  • Les nouveaux défis climatiques du stockage.
  • Les leviers clés : de la ventilation à l’automatisation.
  • 8 règles essentielles pour préserver la qualité et la valeur des récoltes.

Insectes et oléoprotéagineux

Si les graines de colza sont peu sujettes aux infestations par les insectes, elles sont plus menacées par les acariens en cas de reprise d’humidité. Par contre, le tournesol peut voir se multiplier des silvains et triboliums. Les insectes retrouvés dans les légumineuses stockées trouvent leur origine dans les champs et ne se reproduisent pas au stockage.

Rationnalisant ses coûts de revient, il a investi dans un bâtiment équipé de panneaux photovoltaïques dans lequel il stocke environ 2 500 t par an réparties en 7 cases. Souhaitant une solution modulable, il a opté pour du stockage à plat et un système de ventilation avec les colonnes Airstock pour un investissement de 27 000 €.

Travaillant seul sur l’exploitation, Antoine Gervais apprécie de pouvoir les installer facilement sur la base de la disposition conseillée par Fontaine Silo. Toujours en suivant leurs recommandations, ses sondes thermométriques sans fil de 2 m sont positionnées aux points les plus éloignés des colonnes « pour suivre les zones les plus difficiles à ventiler ».

Les questions à se poser pour un projet de stockage

  • Quel volume sera stocké ?
  • Quelles sont les cultures concernées ?
  • Quels seront les débits de chantier (quantités de matière à gérer par heure) à la moisson ?
  • À quels débouchés sont destinés les céréales et oléoprotéagineux ?
  • Quelle sera la durée de stockage ?
  • Quelle est la valorisation estimée de la production stockée ?
  • Quels sont les coûts estimés du bâtiment, des équipements, de la main-d’oeuvre ?
  • Y a-t-il un timing à respecter (permis d’urbanisme, temps de coulage/séchage de la dalle de sol, etc.) ?
  • Quelle est la puissance électrique installée dans le bâtiment ? Y a-t-il des limitations ?
  • Faut-il tenir compte des nuisances sonores pour le voisinage ?
  • Une modularité du bâtiment est-elle souhaitée (choix du système de ventilation) ?

1 euro par tonne de coût énergétique

Antoine Gervais peut consulter les températures dans chaque case et leur évolution, vérifier si la ventilation est activée. Il complète : « lorsque l’écart de température entre la sonde extérieure et celle présente dans le tas est supérieur à 6°C, la ventilation se met en route automatiquement sans avoir à me déplacer. Je vérifie quotidiennement les températures dans les 2 mois suivant la moisson, après j’espace mes contrôles ». 

Sur la récolte 2024, il a estimé le coût énergétique à 1 euro par tonne, alors que la valorisation courante qu’il obtient avec l’autonomie de stockage s’établit entre 10 et 40 € selon les produits. L’agriculteur observe : « grâce à mon installation et à l’efficacité de la ventilation, je stocke jusqu’à 11 mois sans problèmeMon seul impératif est de vider avant la moisson ». Il apprécie : « disposant d’un grain de qualité, j’entretiens de très bonnes relations avec mes clients négociants ».

Choisir son système de ventilation

Options pour ventiler les stockages à fonds platsAvantagesContraintes
Caniveaux enterrésFacilité de remplissage et de vidangeCoût d’investissement plus élevé.
Polyvalence du bâtiment plus limitée.
Anticipation dès la conception du bâtiment.
Gaines demi-lunesMoins coûteuses que les caniveaux.
Polyvalence du bâtiment.
Risque de détérioration.
Renouvellement en moyenne d’1/4 des équipements chaque année.
Colonnes de ventilationPeu coûteuses.
Polyvalence du bâtiment et du système.
Dispositif peu bruyant.
Déplacer les moteurs aspirateurs (souvent acquis en moins grand nombre que les colonnes elles-mêmes).

Optimiser les résultats techniques et économiques

« L’automatisation optimise les résultats techniques et économiques du stockage, souligne Jean-François Fontaine, directeur général de Fontaine Silo, spécialiste de la ventilation au stockage. Ce sont jusqu’à 50 % d’économie d’énergie et un gain de temps de 3 à 4 semaines pour le refroidissement du grain ».

Face à la charge de travail et aux imprévus sur les exploitations, l’automatisation évite de ventiler lorsque la température n’est pas adaptée et permet de faire des économies d’énergie. Jean-François Fontaine indique : « les OS annoncent un retour sur investissement en un an pour les modèles d’entrée de gamme ».

Francis Parein, ingénieur étude chez Fontaine Silo, ajoute : « tous les créneaux opportuns sont saisis, ce qui permet d’atteindre plus vite la température souhaitée et d’éviter les points de chauffe, dans un contexte où le changement climatique réduit fortement les périodes propices. L’automatisation allège ainsi significativement la charge mentale, tout en libérant du temps de travail. »