Depuis plus de quarante ans, Sofiprotéol œuvre pour que la France gagne chaque année quelques points d’autonomie supplémentaires en protéines végétales. La société investit dans des entreprises qui valorisent les productions locales d’oléo-protéagineux.
En 2025, les agriculteurs français ont cultivé 6,4 millions d’ha d’oléo-protéagineux et 650 000 ha de protéagineux. L’industrie agroalimentaire valorise les graines produites pour rendre notre pays plus autonome en protéines végétales (taux d’autosuffisance de 55 % versus 35 % Union européenne).
Cette vaste filière industrielle s’est construite et étendue en réaction à plusieurs crises qui ont mis en exergue la dépendance de la France à l’égard de sa dépendance en protéines végétales. Citons par exemple l’embargo du soja américain en 1974, ou encore la faillite du Comptoir national technique agricole (CNTA) en 1983. Il triturait près de 30 % de la collecte d’oléagineux en France.
Il y a plus de 40 ans, le monde agricole a ainsi créé Sofiprotéol, devenue depuis le groupe Avril, pour structurer durablement les filières françaises des huiles et protéines végétales et accompagner sur le long terme les acteurs de l’ensemble de la chaîne de valeur agricole.
« Notre mission, en tant que société de financement d’Avril, est de soutenir les entreprises agricoles et agroalimentaires dans leurs opérations de développement ou de renforcement des fonds propres, afin d’accroître la compétitivité des filières », explique Xavier Dorchies, directeur stratégie et développement d’Avril et directeur général délégué de Sofiprotéol.

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Aujourd’hui, Sofiprotéol est partenaire de 80 sociétés. Grâce à ses capitaux propres de 750 M€, que la société s’est constituée depuis sa création, elle investit entre 100 et 150 M€ par an pour accompagner des projets structurants. Depuis 2019, Sofiprotéol a ainsi mobilisé 220 M€ dans les filières d’élevage.
Une des participations notoires réalisées l’an passé par Sofiprotéol est la Fromagerie Lincet en Bourgogne, dans une zone de polyculture-élevage.
« Les fonds investis ont financé l’extension du site de la fromagerie Gaugry et l’accroissement des capacités de production, tout en modernisant l’outil industriel. Cet investissement contribue également à pérenniser les débouchés laitiers locaux », explique Xavier Dorchies.
Transformer des contraintes en opportunités : l’exemple du biodiesel
Dans les années 1990, la réforme de la PAC a conduit les agriculteurs à mettre jusqu’à 15 % de leurs terres en jachère. La culture de colza énergétique sur ces parcelles gelées a permis de produire une matière première essentielle pour le biodiesel. Avec le soutien d’Avril, cette démarche a transformé une contrainte réglementaire en opportunité économique, contribuant à structurer une filière biodiesel créatrice de valeur pour les agriculteurs et l’ensemble de la filière.
Sofiprotéol n’affranchit pas les agriculteurs des marchés mondiaux. « Mais lorsqu’elle œuvre pour créer dans les territoires une chaîne de valeur, les producteurs ont l’assurance d’avoir un débouché pour leur production avec des revenus pérennes », soutient Xavier Dorchies. En contractualisant une partie de la production, ils peuvent bénéficier de primes.
Les crises internationales, comme les conflits au Moyen-Orient, valident la stratégie adoptée par Sofiprotéol d’accompagner la transition climatique et énergétique de l’agriculture française en structurant une filière protéagineuse.
La société promeut le retour à la polyculture-élevage, avec l’introduction des cultures de protéagineux, pour renforcer l’autonomie des fermes en protéines végétales et pour réduire l’épandage d’engrais minéraux.
Sofiprotéol participe notamment au programme piloté par le GIE PeaBoost (Limagrain, Florimond Desprez, RAGT), visant à renforcer l’amélioration génétique du pois protéagineux. À moyen terme, le recours aux NGT sera une chance pour accélérer la sélection génétique.
« Créer dans les territoires une chaîne de valeur assure un débouché et des revenus pérennes aux producteurs »