Réduire l’empreinte carbone des éleveurs : les programmes durables de Nestlé France. Face aux défis climatiques, Nestlé France pérennise ses partenariats auprès des agriculteurs. Engagée dans le programme « fermes laitières bas carbone », l’entreprise mise sur la performance des exploitations et l’accompagnement dans la diminution de leur empreinte carbone à l’horizon 2050.
Faut-il encore présenter Nestlé, plus de 150 ans d’existence? Ses produits iconiques accompagnent notre quotidien dans les segments de l’alimentation et des boissons. Fondée au milieu du XIXe siècle, la firme Suisse s’est d’abord fait un nom grâce à sa farine lactée, considérée à l’époque comme révolutionnaire pour offrir une meilleure chance aux nourrissons.
Aujourd’hui encore, le lait reste au cœur de son activité : « Nestlé France achète plus de 150 millions de litres de lait par an auprès de plus de 200 éleveurs répartis dans 5 coopératives. L’usine de Boué dans l’Aisne fabrique des poudres de lait infantiles, l’usine de Challerange dans les Ardennes produit du lait en poudre pour les marques Dolce Gusto et Ricoré », détaille notamment Béatrice Marie-Le-Gall, responsable des approvisionnements durables chez Nestlé France.
La durabilité pour sécuriser les approvisionnements
C’est dans la continuité des accords de Paris que Nestlé a concrétisé, au niveau mondial, ses ambitions en faveur du climat en se fixant les objectifs suivants : réduire de 20 % les émissions de GES en 2025 et de 50 % en 2030 en prenant comme année de référence 2018, pour arriver à la neutralité carbone en 2050.
Mais bien avant 2020, Nestlé France s’était engagée à travers un programme maison baptisé « Préférence » ciblant les filières céréalières et pomme de terre. « Nestlé France a été pilote, car la France est un grand pays agricole, et 70% de notre approvisionnement est d’origine française. Il nous apparaissait stratégique d’accompagner les agriculteurs et les fournisseurs sur la mise en place de modes de production qui soient durables pour répondre au défi du changement climatique mais aussi pour sécuriser et pérenniser les approvisionnements locaux. Si les agriculteurs sont performants sur le plan technico-économique, cela signifie qu’ils seront là demain. Cela permet aussi de créer les conditions d’une transmission qui ait du sens pour les nouvelles générations de repreneurs », détaille la responsable. En suivant cette dynamique, Nestlé France a élargi son périmètre d’action en rejoignant le programme « Ferme laitière bas carbone » en 2022.

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La santé du sol comme objectif
Dans les années 2010, l’agriculture régénérative n’avait pas encore acquis ses lettres de noblesse. « En élaborant le référentiel avec nos partenaires coopérateurs et la fondation Earthworm Foundation, la santé des sols s’est imposée comme une priorité. Elle est au cœur de tous les enjeux, une base vivante indispensable et transversale qui nourrit les chaines d’approvisionnement et les écosystèmes » explique Béatrice Marie-Le-Gall. Ainsi le référentiel « Sols Vivants » met l’accent sur trois principes fondamentaux: la mise en place de couverts végétaux, une plus grande diversité dans la rotation des cultures et un moindre travail du sol afin de l’enrichir en matières organiques et d’améliorer la biodiversité des écosystèmes.
Au-delà de la performance, Nestlé défend l’approche collective « les agriculteurs ne travaillent pas uniquement pour Nestlé, l’idée est bien d’initier des référentiels, d’acquérir des données et de diffuser les bonnes pratiques pour que l’ensemble de l’écosystème agricole soit dans une démarche de progrès. L’agriculteur doit pouvoir faire valoir son travail et ses efforts avec d’autres partenaires agro-industriels », précise la responsable.

Ces programmes permettent aux agriculteurs d’atteindre un optimum technico-économique. « Les contrats sont établis pour une durée de 5 ans, des primes y sont associées en fonction des résultats obtenus. Cela leur donne de la visibilité à moyen terme et le retour d’expérience montre que les agriculteurs les plus avancés ne visent pas nécessairement des rendements records, mais peuvent stabiliser et améliorer leurs marges », poursuit Béatrice Marie-Le-Gall. Par ailleurs, Nestlé finance tout l’accompagnement technique via des experts reconnus sur le terrain.
Ferme laitière bas carbone
Le programme « Ferme laitière bas carbone » suit le même schéma. « Mais contrairement au programme « Sols Vivants », nous nous sommes appuyés sur un outil déjà éprouvé CAP2ER® proposé par l’’Idele (institut de l’élevage). Ce diagnostic met en avant des points d’optimisation propres à chaque exploitation » explique Béatrice Marie-Le-Gall.
Les axes d’action concernent principalement la gestion du troupeau, celle de l’alimentation et des effluents. « Ces pratiques contribuent non seulement à réduire le niveau d’émissions de l’exploitation mais aussi à améliorer le bien-être animal. Elles favorisent, comme sur les autres filières, une plus grande stabilité économique », ajoute-t-elle.
Nestlé prend en charge le financement des diagnostics et l’accompagnement technique. Les éleveurs bénéficient de visites et de formations et d’un accompagnement continu pour la mise en œuvre des plans d’action. Un suivi annuel permet de collecter des données, d’évaluer les progrès et de disposer d’indicateurs fiables. L’entreprise finance l’entrée dans le programme et accorde des primes à la performance pouvant atteindre la dizaine d’euros pour 1000 litres de lait, en tenant compte du niveau de départ de chaque exploitation « pour valoriser les éleveurs qui sont déjà performants » précise la responsable.
Pour Nestlé France, l’ambition était d’avoir plus de 100 millions de litres de lait issus de cette démarche en 2025. Début octobre, Béatrice Marie-Le-Gall se félicite que 175 éleveurs (sur 200) seront engagés en 2025. En parallèle, l’entreprise soutient le financement de couvertures de fosses à lisiers et de projets d’agroforesterie.
CAP2ER: un référentiel pour atteindre la performance environnementale
Lancé en 2014, Cap’2ER® développé par l’institut de l’élevage (Idele) est un outil d’évaluation environnementale et d’appui technique proposé dans un premier temps aux élevages bovins. Il permet une évaluation et un suivi des performances selon 2 niveaux. Le premier agrège environ 35 données et permet un autodiagnostic rapide en 30 minutes. Le niveau 2 compte environ 250 données. Il permet quant à lui une analyse plus fine afin de construire un plan d’action dans une démarche de progrès. Il est désormais déployé pour les petits ruminants et s’étend aux productions végétales. Ce périmètre s’est élargi dans le cadre du consortium Carbone qui fédère l’ensemble des instituts techniques agricoles avec l’idée de partager les références, les modèles et les méthodologies.
Le coût de l’inaction serait préjudiciable
Face aux défis, les agriculteurs sont partie prenante de la solution à condition d’être accompagnés techniquement et financièrement. Qui mieux que les grandes entreprises pour porter ces ambitions ? Le consommateur est-il en mesure de participer à cet effort collectif ? Béatrice Marie-Le Gall précise : « Certes, ces démarches peuvent devenir un argument différenciant, mais encore faut-il pouvoir communiquer sur des thèmes qui parlent au consommateur. La biodiversité, le rôle clé des agriculteurs, la santé de l’environnement, nous y travaillons mais c’est un travail de longue haleine ». Mais pour l’heure, la responsable tient à rappeler qu’il faut considérer ces investissements comme une impulsion au changement. « Il est essentiel d’aider les agriculteurs à s’adapter, car le coût de l’inaction serait bien plus préjudiciable à l’ensemble de la société ».