Mac Donald’s France, la frite 100% locale et durable

Cela fait presque un demi-siècle que l’iconique McDonald’s sert ses frites et ses burgers dans l’Hexagone. Hier accusée de tous les maux, force est de constater que l’enseigne américaine a parfaitement pris le virage de la durabilité. Elle est désormais pleinement partie prenante de la transition agroécologique des filières et des agriculteurs.

McDonald’s France et ses fournisseurs travaillent à l’élaboration de feuilles de routes qui garantissent la sécurité sanitaire, la traçabilité et le respect de l’environnement.

En juin 2025, lors d’un reportage diffusé sur TF1 à propos de l’ouverture prochaine d’un restaurant McDonald’s en Bretagne, Alain Argouarch, producteur de légumes dans le Finistère, explique que 40 % de ses laitues sont destinées à l’enseigne, via un contrat avec la coopérative Priméale. Un partenariat qui semble lui assurer stabilité, visibilité et capacité d’investissement. Loin des images de José Bové, en 1999, démontant un chantier de restaurant à Millau (Aveyron) pour dénoncer (déjà) des différends commerciaux avec les États-Unis. Le syndicaliste d’alors faisait de McDonald’s le symbole de la standardisation et de la malbouffe. Mais la multinationale a, semble-t-il, fait du chemin. Quarante-trois ans après l’ouverture de ses premiers restaurants, elle paraît être devenue un partenaire économique de poids et une alliée du monde agricole dans sa transition agroécologique. 

Des approvisionnements majoritairement français

En quelques décennies, l’enseigne a su construire des partenariats durables avec les différentes filières. Elle est ainsi devenue un débouché significatif pour l’agriculture française, explique Guillaume de Beaurepaire, directeur Supply Chain de McDonald’s France : « 75 % des approvisionnements sur nos principales filières sont d’origine française. Nous avons construit des relations de confiance avec nos fournisseurs afin de garantir la qualité, la sécurité et la traçabilité des matières premières tout au long de la chaîne d’approvisionnement. » 

Guillaume de Beaurepaire, directeur Supply Chain de McDonald’s France, souligne l’importance des partenariats pour garantir la durabilité des approvisionnements.
Guillaume de Beaurepaire, directeur Supply Chain de McDonald’s France, souligne l’importance des partenariats pour garantir la durabilité des approvisionnements.

Ainsi, près de 29 000 agriculteurs français contribuent à approvisionner la première chaîne mondiale de restauration rapide. En termes de tonnage, cela représente 22 000 tonnes de bœufs, 16 000 tonnes de poulets, 210 000 tonnes de pommes de terre, 46 000 tonnes de blé et 6 000 tonnes de salades.  

« La filière pommes de terre a été l’une des pionnières. Ce partenariat s’est structuré dès 1985 avec l’entreprise McCain via le Gappi (Groupement d’agriculteurs de producteurs de pommes de terre pour l’Industrie), mais les premiers contrats datent de 1988. Ainsi, depuis 2014, la totalité des volumes de frites est issue de pommes de terre produites en France. Cela concerne 322 agriculteurs. Pour les potatoes, on s’approvisionne encore en partie en Belgique et aux Pays-Bas, mais on cherche à augmenter le sourcing français » détaille le responsable.

wikiagri n1 bettrave pdt

Vous n'avez encore rien lu !

Ce numéro met à l'honneur la betterave et la pomme de terre : découvrez le magazine en intégral pour plonger au coeur de ce focus exclusif.

La durabilité comme boussole

Dans sa quête de neutralité carbone d’ici à 2050, McDonald’s France structure sa stratégie d’achat autour d’exigences strictes en matière de sécurité sanitaire, de traçabilité et de respect de l’environnement. Elle s’appuie sur des référentiels reconnus comme Global G.A.P. pour la pomme de terre, les salades ou encore le CRC® (Culture Raisonnée Contrôlée) pour le blé. 

Guillaume de Beaurepaire rappelle que le scope 3 constitue la plus grande part de l’empreinte carbone de l’entreprise. Pour rappel, le scope 3 désigne l’ensemble des émissions indirectes de gaz à effet de serre (GES) générées par une entreprise tout au long de la chaîne de valeur en dehors de ses propres activités (scopes 1 et 2). Cela inclut donc la production des matières premières utilisées et transformées.

« Dès 2009, nous avons initié un dialogue avec les filières autour de l’agroécologie. Sur 80 fermes pilotes, une cinquantaine de pratiques innovantes ont été expérimentées : élimination des insecticides de stockage, réduction des antibiotiques dans les élevages avicoles, réduction de moitié des produits phytosanitaires sur pommes de terre, ou encore, la réalisation de buttes définitives dès la plantation pour limiter la consommation de carburant. La mise en place de toutes ces pratiques a permis une baisse totale de 16 % de nos émissions en 2018 (par rapport à 2005) » explique le responsable. 

En 2020, un nouveau cap a été franchi avec l’adoption du référentiel international SBTi (Science-Based Targets initiative) en écho aux Accords de Paris. La multinationale a ainsi renouvelé ses engagements à travers la stratégie « filières durables ». Elle s’appuie sur quatre axes : climat, biodiversité, bien-être animal et agriculteurs ; et concerne 6 filières phares : bœuf, poulet, blé, pommes de terre, salade et pommes. L’objectif affiché est de réduire de 35 % les émissions de GES à l’horizon 2030 (par rapport à 2005) et atteindre la neutralité carbone en 2050.

Une marche de plus avec l’agriculture régénérative

Dans le cadre de cette stratégie, il s’agit pour l’enseigne de poursuivre les efforts. « Nous travaillons avec nos partenaires sur des feuilles de route qui soient toujours plus exigeantes sur la réduction des intrants (engrais et produits phytosanitaires). Sur la partie élevage, nous souhaitons que soit généralisé le niveau 2 du diagnostic Cap’2R® » précise Guillaume de Beaurepaire. Ce diagnostic permet aux éleveurs de construire des plans d’action pour améliorer significativement le bilan environnemental. 

Par ailleurs, le responsable indique vouloir aller encore plus loin par la mise en place et la généralisation de pratiques agricoles régénératives qui consistent à régénérer le sol, la biodiversité et à séquestrer le carbone. 

Cette démarche consiste à déployer, entre autres, la couverture systématique des sols et les pratiques d’agroforesterie. Un projet pilote a été lancé dans la filière blé CRC® (Ara-blé) avec un accompagnement financier aux équipes agronomiques des coopératives engagées. Le programme RegenAg, quant à lui, implique des producteurs de pommes de terre qui s’engagent sur ces pratiques encore plus vertueuses.

100 % des frites servies chez McDonald’s France sont issues de pommes de terre produites en France.
100 % des frites servies chez McDonald’s France sont issues de pommes de terre produites en France.

Accompagner financièrement la transition

C’est pour le moins évident de rappeler que la transition a un coût et des besoins d’investissements. Et Guillaume de Beaurepaire de préciser : « Le coût de l’inaction se chiffrera un jour ou l’autre lorsqu’on ne pourra plus nous approvisionner localement. Nous devons collectivement assumer le défi financier à travers différents dispositifs ». D’autres initiatives sont aussi évoquées, comme le partenariat entre McCain, le Crédit Agricole et le Gappi, sur des prêts bancaires à des conditions exclusives pour soutenir l’investissement des producteurs de pommes de terre désireux de mettre en place ces pratiques durables. 

Le paradigme a changé

« Je crois que les agriculteurs ont désormais bien compris qu’on était de leur côté. Cela fait bientôt 25 ans que nous sommes présents au Salon international de l’agriculture, porte de Versailles. Nous accueillons plus de 50 000 visiteurs sur notre stand, cela est révélateur du changement » assure le directeur.

Hier décrié, McDonald’s France s’impose à présent comme un partenaire engagé auprès des agriculteurs et des filières. La transition se joue en partie dans les champs, mais c’est aussi dans les choix du consommateur pour l’avenir de la planète.