Le Crédit Agricole finance un projet de méthanisation après en avoir analysé tous les aspects. Durant les travaux, des experts dédiés des Caisses régionales sont en permanence mobilisés pour parer aux difficultés rencontrées. Aucun chantier n’est à l’abri d’imprévus ! Les sites de construction des méthaniseurs n’y échappent pas.
« Pour éviter que les aléas, comme nous en avons connu ces dernières années (1), ne génèrent pas des retards et des coûts supplémentaires incompatibles avec l’équilibre économique des projets, il est important de prévoir des marges de sécurité dès le début du plan de financement », affirme Florence Doucet. Elle est experte filières énergies renouvelables et transition agroécologique à la direction de l’agriculture et de l’agroalimentaire de Crédit Agricole SA.
Mais les experts des Caisses régionales du Crédit Agricole savent aussi qu’un dossier de méthanisation peut évoluer. Et ils travaillent en réseau pour échanger leurs expériences, grâce notamment à un outil spécifique au Groupe.
Les différents leviers, sur lesquels s’appuie la banque pour accompagner les futurs producteurs de biogaz pendant la phase de construction, puis durant le démarrage de l’activité, visent à conforter leur projet. Ni le banquier ni l’agriculteur n’ont intérêt à ce que le site de méthanisation coure à l’échec !
Par exemple, le banquier ajustera, après examen du dossier, les montants des prêts de construction ou du besoin de fonds de roulement (BFR) pour que le chantier puisse se dérouler sereinement, avec la trésorerie nécessaire pour financer le démarrage de la production de gaz : factures de fonctionnement, stock de départ de matières, assurances, salaires, etc.
En effet, le banquier veillera à ce que les agriculteurs associés ne puisent pas dans la trésorerie de leur exploitation pour financer leur site de méthanisation. Au contraire, la vente de la production de gaz doit être en mesure de générer la trésorerie et le BFR nécessaires pour payer les charges et rembourser les prêts contractés.

Produire de l’énergie & diversifier vos revenus
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Phase d’exploitation
Lorsque l’équipement est construit et prêt à fonctionner, les porteurs de projet peuvent choisir de différer le début de leurs remboursements pour avoir davantage de souplesse.
Une fois la phase de production de gaz lancée, les nouveaux producteurs de biogaz ont encore la possibilité de demander un différé d’amortissement pour préserver leur trésorerie.
Et pendant la durée des emprunts, ils ont également la possibilité de moduler le montant des échéances, plus ou moins 30 %, en fonction des résultats dégagés par l’activité.
Si le méthaniseur fonctionne bien, les producteurs de biogaz pourront ainsi accélérer le rythme de remboursement des prêts contractés. Mais si une difficulté majeure survient, ils pourront demander une pause de plusieurs mois.
Limiter les risques d’imprévus
Gérer, c’est prévoir ! Avant de venir en appui pendant la phase de construction et de démarrage, le banquier aura pris les précautions nécessaires pour limiter les risques d’imprévus.
Compte tenu du montant du capital en jeu, personne n’a droit à l’erreur. Dès l’étude du projet, les experts dédiés au financement des sites de méthanisation des Caisses régionales du Crédit Agricole, se mobilisent pour vérifier que tous les postes de dépenses ont bien été prévus pour ajuster le financement en intégrant une enveloppe d’aléas et pour déterminer une ligne de financement du besoin en fonds de roulement induit par le projet.
Ils seront aussi attentifs à ce que l’unité soit la plus autonome possible en intrants. Compte tenu des contraintes climatiques de plus en plus prégnantes, les agriculteurs sécuriseront l’approvisionnement de leur méthaniseur en prévoyant, par exemple, des capacités supplémentaires de stockage de Cive (Cultures intermédiaires à vocation énergétique) afin de pallier les baisses de rendements dues, par exemple, à la sécheresse.
Ces mêmes experts agricoles veilleront aussi à ce que les porteurs de projets se soient suffisamment informés et soient conscients de l’investissement, en temps et en énergie, que représente un montage de projet complexe sur une durée de 2 à 3 ans.
Enfin, les porteurs de projets doivent avoir pris les mesures nécessaires pour organiser la charge de travail supplémentaire et les astreintes lorsque le site de méthanisation fonctionnera.
Aussi, les relations entre les associés devront être formalisées, par exemple avec un pacte d’associés et un règlement intérieur.
Les lignes de prêts, destinées à financer les sites de méthanisation, sont ouvertes lorsque le projet est purgé de tous les recours juridiques. Mais si les travaux sont interrompus, les intérêts courent.
Ensuite, le banquier s’assurera que le projet qu’il finance, sera en état de fonctionner dès que les travaux seront finis afin que le chiffre d’affaires généré par la vente du gaz permette de payer les intérêts des prêts souscrits et de rembourser le capital.
Le contrat de fourniture d’électricité sera aussi passé à la loupe. Les agriculteurs ont parfois intérêt à autoconsommer une partie de leur électricité pour faire fonctionner leur méthaniseur. Du reste, la construction de sites de méthaniseurs est de plus en plus associée à celle d’un parc de panneaux photovoltaïques.
(1) crise sanitaire et arrêt des chantiers, puis hausses des prix de l’énergie et des coûts de construction