Les méteils au service de la sécurité

Mélanges de céréales à paille et légumineuses, les méteils s’adaptent aux stratégies et contraintes de l’exploitation tout en offrant sécurité et autonomie aux élevages. 

Le terme de méteil est couramment associé à des mélanges de céréales à paille et légumineuses. Répondant à un objectif d’autonomie fourragère et protéique, leur composition est variable : des céréales dominantes jusqu’au  mélanges exclusivement composés de légumineuses. Ce sont couramment des cultures à double fin : fourrage immature ou grain. Elles peuvent ainsi être récoltées à différents stades selon les objectifs et les conditions climatiques. 

Les méteils présentent de solides atouts en termes de rusticité et de maitrise des coûts de production car ils sont économes en intrants. Offrant des opportunités multiples de créneaux d’implantation, de récolte et de valorisation, ils renforcent la sécurité des systèmes fourragers. S’ils sont généralement bien équilibrés en azote et énergie, il est judicieux de les analyser pour une utilisation optimale. 

Ensilage, enrubannage ou pâturage

L’une des clés de la réussite des méteils réside dans le choix d’espèces complémentaires notamment concernant leur pouvoir couvrant, leur productivité, la qualité alimentaire et l’aptitude à constituer un tuteur.  S’il convient d’inclure au moins une céréale et une légumineuse, l’incorporation de plus de 6 à 7 espèces est rarement pertinent. La réussite du mélange sera également favorisée par des précocités et des hauteurs de végétation similaires. La tolérance aux maladies des variétés choisies et la résistance au froid des mélanges semés à l’automne sont également à prendre en compte. 

A l’implantation, les semences des différentes espèces doit être bien mélangées. De plus, il convient de tenir compte de profondeurs de semis potentiellement différentes entre elles qui pourraient impliquer plusieurs passages. Les doses de semis ne doivent pas dépasser 300 à 350 grains par m2. Après celui-ci, un roulage présente plusieurs intérêts : contact sol/graine, aplanissement pour ne pas introduire de terre à la récolte, etc. Si les méteils sont couramment implantés à l’automne, il est également possible d’opter pour des mélanges de printemps incluant avoine, pois fourrager et féverole ou remplacer cette dernière par de la vesce. 

Le pilotage de la fertilisation azotée de ces cultures est conditionné par le pourcentage de légumineuses, les effluents d’élevages apportés ainsi que les reliquats et la règlementation. Les apports auront des effets différents en termes de rendement et de valeur alimentaire selon leur date. Le phosphore et le potassium étant nécessaires notamment aux légumineuses, il convient de vérifier leurs disponibilités. Du fait d’une exploitation de la récolte plante entière, leurs exportations devront être compensées.  

Les méteils peuvent être récoltés et conservés en ensilage, enrubannage. Le pâturage avant montaison de la céréale est également possible sans affecter le rendement ultérieur en étant vigilant quant au stade, au type d’animal et à la portance. 

Pour un ensilage, une récolte précoce avant le stade laiteux de la céréale favorise la valeur alimentaire et ouvre un plus large choix de cultures suivantes. Une exploitation au stade laiteux-pâteux de la céréale privilégie le rendement et la teneur en fibre. Pour l’enrubannage, il est préférable d’attendre des taux de 50 à 60 % de matière sèche et d’être attentif à l’intégrité du film plastique. 

Les meilleures valeurs alimentaires en termes énergétique, azotée et d’ingestibilité sont obtenues avec des récoltes précoces. La valeur énergétique est fortement variable de 0,73 à 0,89 UFL*.

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