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Le maïs, une culture d’avenir

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Avec une moyenne nationale de 110 q/ha - 123 en irrigué, 101 en sec - le maïs a pulvérisé son record de productivité en 2021. « Le maïs reste la culture qui produit le  plus  de  matière  sèche à l’hectare, s’enorgueillit Daniel Peyraube, président  de  l’AGPM. Par ses intérêts agronomiques et économiques, c’est une culture qui a, plus que jamais, sa place dans les assolements français ». La rentabilité est au rendez-vous avec des cours particulièrement élevés cette année. Le prix devrait se maintenir à un haut niveau, tiré par une forte demande mondiale (demande chinoise élevée pour nourrir son cheptel, augmentation de la demande d’éthanol).

Ces aspects économiques sont complétés par un réel intérêt envi- ronnemental. « La combinaison maïs et couverts est intéressante d’un point de vue agronomique, confirme Frédéric Thomas, agri- culteur dans le Loir- et- Cher et promoteur de l’agriculture de conservation des  sols.  Le  maïs est une culture à fort potentiel de séquestration du carbone, peu consommatrice en phytosanitaire. La végétation estivale du maïs valorise au mieux l’énergie solaire pour produire de la  biomasse  et sa présence refroidit le sol. Quant au couvert qui le précède, il aura permis de réduire les besoins en apport d’azote, aura fixé de la matière organique, facilité la gestion de l’eau dans le sol et apportera dans la diversité dans l’assolement ».

Néanmoins, la filière maïs a des défis à relever. Le premier est d’adapter   ses   itinéraires  face à la hausse des intrants et aux restrictions phytosanitaires. Le dossier de  l’accès  à  l’eau  reste un sujet épineux pour  le  quart des surfaces  qui  sont  irriguées. A plus long terme, la culture va devoir s’adapter aux changements climatiques, même si la  hausse des températures peut jouer en faveur du maïs et de ses origines tropicales. « Le progrès génétique va aider à renforcer l’adaptation de la culture », entrevoit Daniel Peyraube.

S’adapter face aux changements climatiques

Le maïs va devoir faire avec des étés plus chauds et une pluviométrie plus incertaine. Déjà, les semenciers préparent les nouvelles variétés qui relèveront ces défis.

Le constat est sans appel, le change- ment climatique fait déjà sentir ses effets, ne serait-ce que par la hausse des températures moyennes. L’étude Climalait, qui a analysé les évolutions du climat et leurs impacts sur les cultures, a montré, qu’en 30 ans, les températures estivales avaient grimpé de 2°C et que le déficit hydrique au printemps s’était creusé de 100 mm. Pour le maïs, cela se traduit par une floraison et une date de récolte plus précoces. Dans ce nouveau contexte, le maïs pourra-t-il tirer son épingle du jeu ? « C’est une plante d’origine tropicale, mais qui est désormais cultivée sous toutes les latitudes grâce à ses facultés d’adaptation, souligne Xavier Thévenot, président de la section maïs de l’Union Française des Semenciers. En adaptant bien les variétés et leur précocité, la production de maïs pourrait même augmenter en Europe ».

C’est là tout le savoir-faire des semenciers français, anticiper les besoins pour proposer de nou- velles variétés plus performantes. En moyenne,  depuis  les  années 50, la sélection variétale et les améliorations sur les systèmes de cultures ont permis d’augmenter les rendements de 1,45 q/ha et par an. Depuis le début des années 2000, ce gain s’est ralenti à 0,35 q, mais il reste significatif. « La sélection porte sur le rendement et sur beaucoup d’autres paramètres, comme le comportement  des  plantes   face au stress hydrique, présente Xavier Thévenot. Aujourd’hui, le maïs non irrigué a le même  rendement  que le maïs irrigué d’il y a 20 ans ».

Par le progrès variétal, les rendements moyens continuent d'augmenter

A court terme, travailler sur la précocité

Face à la hausse des températures, le premier levier d’action est l’adap- tation des précocités, pour qu’elles correspondent bien à la somme des températures attendues. « Il est aussi recommandé de semer plus tôt pour que la floraison intervienne avant les pics de chaleur », conseille Xavier Thévenot. « La floraison est une période sensible. En cas de temps sec, on  peut  avoir  un  décalage de maturité trop important entre les fleurs mâles et femelles, donc une mauvaise fécondation. Il est préférable de choisir des variétés avec des dates de floraison proches et précoces, pour passer avant le stress hydrique », complète Carol Humeau, chef de produit maïs précoce chez LG.

Face à des aléas climatiques de plus en plus fréquents, la stabilité des variétés est aussi un point clé. « Même si les stress hydriques pré- coces sont plus fréquents, on peut aussi avoir des périodes froides au printemps, remarque Laetitia Hamot, chef de produit maïs fourrage chez KWS. Il faut que les variétés gardent leur potentiel de production dans toutes les conditions ».

A plus long terme, valoriser les connaissances génomiques

Dans  le  cadre  du  programme « investissements d’avenir », le projet Amaizing a été lancé il y a 9 ans pour mieux comprendre les méca- nismes biologiques du maïs et définir des gènes d’intérêt pour la gestion des stress hydriques et thermiques. « Ces deux points sont essentiels pour l’avenir de notre filière. Mieux nous pourrons les  inclure  dans nos programmes de sélection, mieux le maïs pourra s’adapter », explique Xavier Thévenot. Amai- zing a permis le séquençage du génome d’un millier de lignées, utilisées en Europe et d’autres issues de  collections  américaines.  Ces variétés traditionnelles sont des réservoirs de diversité, qui peuvent être source de progrès génétiques. Des outils de prédiction génomique aideront à détecter les ressources génétiques les plus intéressantes au regard des gènes d’intérêt qui donneront aux variétés les capa- cités de s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.

Déjà, dans la nouvelle feuille de route de la filière semences -  le plan semences et plants pour une agriculture durable - l’efficience dans l’utilisation de l’eau est inscrite comme une action prioritaire. « Cela se traduira dans les règlements d’inscription des nouvelles  varié- tés, souligne Xavier Thévenot. Les critères de résilience, notamment face au stress hydrique, seront de plus en plus pris en compte ».

Pour accélérer la mise à disposition des nouvelles variétés, les sélec- tionneurs pratiquent un  premier tri informatique par la prédiction des valeurs des hybrides, grâce aux cartes génétiques de lignées. Il faut quand même de 6 à 8 ans pour qu’une nouvelle variété soit inscrite et disponible sur le marché. Pour encore accélérer le progrès, les semenciers espèrent pouvoir avoir accès à de nouveaux outils de sélection, en termes de mar- quage moléculaire. « Bien sûr pas de modification du matériel géné- tique, rassure Xavier Thévenot. Mais nous souhaitons pouvoir utiliser les nouvelles techniques de sélection pour accélérer cette adaptation. Des discussions sont en cours depuis deux ans et nous espérons qu’elles déboucheront sur une nouvelle réglementation en 2023 »

La France, grand pays semencier

Avec 85 000 ha, la France assure 46% de la production de semences de maïs de l’UE à 28. Cette production est destinée essentiellement au marché français et communautaire. 10 à 15% des semences sont exportées au-delà des frontières de l’Union Européenne.

Sur les 2 000 variétés cataloguées en France, un millier est cultivé pour proposer la variété la plus adaptée à chaque contexte agroclimatique.

Auteur: Cécile Julien

 

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  • 2Commentaire
  • #1

    ce n'est pas le climat qui fait la végétation mais la végétation qui fait le climat : plus on augmente la densité végétale toute l'année et en priorité l'été plus on augmente les capacités des sols à produire ! http://pasdeclimatsanseau.a.p.f.unblog.fr/files/2021/03/tcs111_echos1.pdf

  • #2

    La différence entre une forêt et un désert c'est la quantité de photosynthèse produite ... une surface qui ne fait pas de photosynthèse l'été (période idéale) agit comme un désert sur le climat l'eau et la biodiversité ... Sans les escrologistes emmenés par le trio infernal Jadot Batho Biteau, nos plaines seraient des océans de verdures : Avec beaucoup de C(Hulot) Pompili nous mène Royal(ement) en Batho et va couler la France ! Pompili a fait un bref passage en Nouvelle Aquitaine, elle n' a pas évoqué la sécheresse et les réserves d'eau juste l'érosion côtière qui existe depuis qu'il y a de l'eau sur Terre ... mais elle va financer des études pour étudier le phénomène : ce serait à mourir de rire si ce n'était pas aussi dramatique : https://www.youtube.com/watch?v=0VmPA82ry8U

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