Le blé dur ne s’improvise pas

Culture délicate, le blé dur impose une bonne maitrise technique qui passe par le choix de la variété et de la parcelle ainsi que la gestion des bioagresseurs.

Essentiellement présente dans quatre zones que sont le Sud-Est, le Sud-Ouest, l’Ouest-Océan et le Centre-Ile-de-France, la production annuelle de blé dur se situe entre 1,2 et 1,5 millions de tonnes depuis 5 ans. Des opportunités locales associées à la structuration de filières et aux évolutions climatiques conduisent néanmoins à son introduction dans d’autres secteurs. L’arrivée de nouvelles variétés aux productivités intéressantes offre également des perspectives intéressantes. De plus le plan de souveraineté et de développement de cette filière laisse présager de nouvelles solutions tant en termes assurantiels, que variétaux et sur la qualité.

Bien choisir ses parcelles

Particulièrement sensible aux conditions d’implantation, le blé dur ne doit pas avoir les pieds dans l’eau du fait de sa fragilité racinaire. Cette céréale est aussi caractérisée par une sensibilité accrue au froid, à la sécheresse et aux parasites du sol tels que les fusarioses, les mosaïques, le piétin échaudage. Les produits disponibles et doses envisageables sont plus limités qu’en blé tendre pour son désherbage. Du fait de ces contraintes, les parcelles seront choisies sans risque d’hydromorphie, avec des sols bien structurés et en l’absence d’infestations par les graminées. Les précédents favorables aux fusarioses et au piétin échaudage doivent être évités et ceux favorables à la minéralisation de l’azote tel un colza ou des légumineuses privilégiés.

Toutes les variétés de blé dur sont de type « printemps » ce qui implique que leur développement est conditionné par la seule température. Pour cette culture, le choix variétal revêt un double enjeu : la conduite et le débouché. Pour y répondre, Arvalis évalue pendant plusieurs années les caractéristiques tant agronomiques que qualitatives des variétés en post-inscription. Ses sélections variétales sont définies par région et réunissent couramment plusieurs atouts parmi les suivants : tolérance aux maladies du feuillage, au mitadin ou à la moucheture et teneur en protéines. Arvalis recommande de semer un bouquet de variétés de précocitész différentes pour répartir les risques de gel au printemps.

Les périodes opportunes pour le semis dépendent également des variétés et régions de production. Pour les quatre grandes zones, la productivité maximale est couramment obtenue avec des semis entre le 20 octobre et le 5 novembre. 

Concernant la densité, le rendement maximal est obtenu avec 200 à 250 plantes par m2 en sortie d’hiver quelle que soit la région et la variété.

Une espèce plus sensible à la phytotoxicité que le blé tendre

Le désherbage constitue un défi pour cette culture du fait de l’impact que peuvent avoir les adventices sur la productivité et la qualité mais aussi de leur rôle de réservoir de pathogènes et ravageurs. Cette espèce étant plus sensible à la phytotoxicité que le blé tendre nécessite une vigilance accrue. Les essais conduits par Arvalis au cours de la campagne 2023-2024 à Lorges (41) ont notamment mis en évidence l’intérêt des programmes avec une double application à l’automne en parcelles infestées. L’institut technique appelle toutefois à la vigilance en conditions difficiles : fortes précipitations, chutes brutales de températures, semis mal enterrés. 

Les maladies du blé dur différent selon les bassins de production. La rouille brune est toutefois citée dans toutes les régions et s’avère la plus nuisible dans les deux bassins du Sud. Dans le Centre et l’Ile de France et le Sud-Ouest, Arvalis note des affections courantes par la septoriose et les fusarioses sur épis. La septoriose est également citée pour le Sud-Est où elle est présente chaque année.