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Le biocontrôle en plein développement

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Solutions d’origine naturelle pour combattre les bio-agresseurs des cultures, les produits de biocontrôle se multiplient. Après les cultures maraîchères, l’arboriculture et la viticulture, les grandes cultures commencent à y trouver une alternative efficace, avec toutefois un nombre moindre de solutions. Pour entrer de plain pied dans les exploitations, le biocontrôle doit continuer de prouver son efficacité à un coût acceptable et une praticité adaptée aux grandes cultures.

Il existe, en France, plus de 10 000 bio-agresseurs des cultures, maladies, ravageurs et autres adventices. Si les agriculteurs ne les contrôlaient pas, l’UIPP (union des industries pour la protection des plantes) évalue la perte de production entre 30 et 40 %. Déjà bien installé dans les cultures spécialisées, le biocontrôle s’envisage en combinaison avec d’autres techniques de protection des plantes (sélection variétale, agronomie...). Il trouve tout son intérêt en grandes cultures en réponse aux exigences sociétales, mais aussi aux politiques publiques et à la réglementation.

Sous l’appellation biocontrôle sont rassemblées des produits de protection des végétaux basés sur l’utilisation de mécanismes naturels. Il y a les macro-organismes (acariens, insectes, nématodes) qui s’attaquent aux bio-agresseurs et les produits phytopharmaceutiques qui sont composés de micro-organismes, de médiateurs chimiques tels que les phéromones et les kairomones, ou de substances naturelles d’origine végétale, animale ou minérale. Le principe du biocontrôle repose sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que sur leur éradication. Ils peuvent générer des CEPP et sont utilisables, pour la plupart, en agriculture biologique.

Marché en forte croissance

En 2017, le marché du biocontrôle a atteint 140 millions d’euros, soit une hausse de 25 % par rapport à 2016 (mais seulement de + 9 % en agriculture) « Notre ambition est de passer de 5 à 15 % du marché de la protection des plantes en 2025 », annonce Denis Longevialle, secrétaire général de IBMA France. « Evidemment que le biocontrôle ne remplacera pas tous les traitements, souligne Yves Besnard, chef de marché chez Philagro. Mais c’est un outil de plus pour bien raisonner la protection des cultures. »

« Il ne faut pas opposer biocontrôle et traitements conventionnels, complète Anne-Sophie Le Gal, chef de produits fongicides céréales chez Syngenta. Mais miser sur leur complémentarité. Pour prendre l’exemple de la protection fongicide, il serait risqué de se passer d’une protection phytosanitaire au T1, celle-ci permet de préserver le potentiel de rendement et l’efficacité des solutions SDHI au T2. La solution est d’associer au T1 le Thiovit Jet Microbilles avec une solution conventionnelle comme Amistar Opti (chlorothalonil, azoxystrobine). Thiovit Jet Microbilles permet d’obtenir des CEPP (Ndlr : certificats d’économie des produits phytopharmaceutiques) et de réduire la dose du produit conventionel associé. »

« En 2019, De Sangosse vise 1 million d’hectares, toutes cultures confondues, sur lesquels du biocontrôle sera utilisé, chiffre Christophe Maquin, directeur marketing et développement protection des plantes. On entre dans une nouvelle dimension, avec des produits de biocontrôle utilisés seuls ou en association avec un phytosanitaire conventionnel à dose modulée ou non. »

Renforcer l’innovation

A ce jour, le biocontrôle compte environ 900 produits. Les produits phytopharmaceutiques sont basés sur près de 90 substances actives différentes, dont une vingtaine utilisables en grandes cultures. « Il est nécessaire de booster le déploiement des solutions existantes en grandes cultures, reconnait Denis Longevialle. Il faut également accélérer la recherche et l’innovation. On manque encore de solution en alternative aux herbicides. »

Si beaucoup d’entreprises investissent dans le développement de nouvelles solutions, la profession attend que des efforts administratifs soient faits, par exemple avec des délais plus rapides pour l’instruction des demandes d’autorisations de mise sur le marché. « Pour changer de braquet, un taux majoré de crédit d’impôt recherche permettrait d’accélérer l’innovation en favorisant l’installation d’équipes de recherche en France, plaide Denis Longevialle. Entre la recherche, les tests et l’homologation, il faut compter de 10 à 15 ans pour mettre en marché un nouveau produit. »

L’innovation se fait aussi en redéployant des produits. Yves Besnard cite l’exemple du Dipel DF, utilisé historiquement pour lutter contre les chenilles phytophages. « Nous l’avons développé en arboriculture contre la tordeuse orientale, en viticulture contre les tordeuses de la grappe, retrace-t-il. Nous avons fait une demande pour inclure la pyrale du maïs dans les recommandations. Il présente des efficacités significatives, ce qui permet une alternative intéressante aux solutions conventionnelles. »

Pour convaincre, les produits en biocontrôle doivent être efficaces, acceptables économiquement et faciles d’application. Il faut les adapter à l’échelle des grandes cultures, par exemple en travaillant sur la simplicité d’application. De Sangosse propose, par exemple, d’applications de trichogrammes, utilisés contre la pyrale du maïs, par drone. Le coût peut être élevé car ce sont parfois des solutions plus difficiles à produire. Une fermentation est plus délicate à conduire que la production d’une molécule chimique. Ces freins levés, le biocontrôle pourra trouver toute sa place dans la boite à outils de protection des cultures.

Cécile Julien

 

Ci-dessous, photo Adobe.

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Auteur : Rédaction Wikiagri
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