Si la robustesse du colza présente un levier préventif intéressant, le bon positionnement des interventions contre les bioagresseurs joue un rôle central.
Ravageurs et maladies restent à surveiller au printemps pour préserver le potentiel de rendement du colza.
Côté ravageur, la menace principale est couramment portée par les méligèthes. Robustesse et plantes pièges constituent des leviers agronomiques intéressants. L’intervention sera déclenchée à partir de 6 à 9 méligèthes par plante si elles sont saines et vigoureuses. Du fait des résistances des méligèthes aux pyréthrinoïdes en « ine », le tau-fluvalinate et l’étofenprox sont à privilégier.

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L’arrivée du charançon de la tige du colza doit aussi être surveillée jusqu’à la fin de la montaison en plaçant une cuvette jaune au sommet de la végétation et en consultant les Bulletins de Santé du Végétal régionaux. Une vigilance particulière est recommandée dès que les températures maximales dépassent les 9°C. L’intervention sera positionnée le plus souvent dans les 8 jours après les premières captures significatives ou pic de vol. Les résistances à certains pyréthrinoïdes imposent la vigilance et l’utilisation de matières actives en « ine » (cyperméthrine, deltaméthrine, lambda-cyhalothrine).
Sur le front des maladies, la lutte contre le sclérotinia devra être précisément positionnée à la chute des premiers pétales et apparition des premières siliques pour une protection efficace. L’alternance des modes d’action est à privilégier ainsi qu’un volume suffisant de bouillies pour protéger les feuilles basses qui peuvent être porteuses de nombreux pétales contaminants.
Selon les zones géographiques, mycosphaerella, cylindrosporiose et oïdium peuvent occasionner des pertes significatives justifiant leur surveillance et des interventions adaptées.
Tout au long du cycle
Tout au long du cycle, la protection du colza s’organise sur tous les fronts. Dans son guide 2025, Terres Inovia rappelle l’importance de la gestion intégrée des adventices mobilisant rotation longue, labour occasionnel, faux semis ou désherbage mécanique.
Alors que le contrôle des dicotylédones s’avère plutôt satisfaisant grâce aux produits à base d’halauxifen efficaces en post levée, la pression s’est accentuée du côté des graminées. En cas de présence moyenne à forte, Terres Inovia recommande des interventions en pré et post levée alors qu’un seul passage à base de propyzamide peut suffire en cas de pression faible. Surtout le programme doit être adapté selon la flore attendue de la parcelle.
Menace majeure à l’automne, la gestion des grosses altises et des charançons du bourgeon terminal est complexifiée par les résistances croissantes aux pyréthrinoïdes. Cette situation impose de mobiliser les leviers agronomiques. Ainsi, la précocité d’implantation puis la croissance continue du colza à l’automne doivent être favorisées.