Avec plus de 20 % d’équivalent CO2 émis de différence entre les formes d’azote apportées, la simulation réalisée par Arvalis démontre l’impact et de leur choix.
S’appuyant sur la méthode du label bas-carbone, Arvalis a conduit en 2024 une étude visant à évaluer les réductions de gaz à effet de serre (GES) possibles en fonction des formes d’azote minéral utilisées. L’ammonitrate 33,5 %, l’urée et une solution azotée à 30 % d’azote ont fait l’objet de cette simulation avec ou sans inhibiteur de nitrification/d’uréase ainsi qu’avec ou sans enfouissement.
S’affranchissant des caractéristiques de sol et de climat, cette étude démontre l’importance de la forme d’engrais minéral azoté et de son choix sur les émissions de GES par les cultures donc celles de l’exploitation. Plusieurs phénomènes entrent notamment en jeu. L’épandage d’engrais est ainsi à l’origine d’émissions de protoxyde d’azote (N20) lequel est l’un des trois principaux gaz à effet de serre. Des émissions d’ammoniac (NH3) et les surplus d’azote sont également en jeu. Par ailleurs, les émissions induites par les engrais minéraux sont également liées à leur processus de fabrication gourmand en énergie majoritairement carbonée et à leur transport.
L’ammonitrate avec inhibiteur sort son épingle du jeu
Une première évaluation a été réalisée par kilogramme d’azote épandu. Sur cette base, la solution azotée s’avère la plus émettrice de GES notamment du fait de son processus de production particulièrement consommateur d’énergie. La meilleure maitrise des émissions est obtenue pour l’ammonitrate mis en œuvre avec inhibiteur de nitrification. Celui-ci retarde en effet la transformation de l’ammonium en nitrate, il réduit de ce fait les émissions de dioxyde d’azote ainsi que les pertes par lixiviation.
Quelque soit la forme d’azote, l’inhibiteur de nitrification permet d’obtenir les meilleurs résultats d’émission directes de protoxyde d’azote. L’ammonitrate apporte la meilleure maitrise des émissions de ce gaz par volatilisation ainsi que ceux émis pour sa production. L’étude indique également que l’enfouissement dans les 12 heures permet de réduire la volatilisation du protoxyde d’azote. Enfin, l’inhibiteur d’uréase a un impact proche de l’enfouissement dans les 12 heures.
Ces simulations ont également été conduites pour 30 hectares de blé avec un apport moyen de 160 kg/ha d’azote. L’ammonitrate constitue la référence de consommation avec 56,9 t d’équivaleur CO2 émis.
A nouveau, l’ammonitrate avec inhibiteur de nitrification apparait le moins émetteur. Il permet de réduire les émissions de 11,2 % comparativement à un apport sans inhibiteur. Cette différence représente un peu plus de 28 000 km parcourus avec une voiture moyenne roulant au gazole. L’utilisation d’un inhibiteur de nitrification avec une solution azotée permet d’atteindre un niveau d’émission équivalent à l’ammonitrate. L’urée avec inhibiteur de nitrification obtient des résultats similaires. A l’autre extrême, la solution azotée émet 11 ,2 % de GES supplémentaires que l’ammonitrate soit 28 000 km de plus avec la même voiture que précédemment.
Au-delà de ces éléments, l’optimisation des doses et périodes d’application des engrais reste de mise. L’apport au plus proche des besoins de la culture permet de limiter les pertes et émissions. L’enfouissement à 10 cm de profondeur dans les 3 heures suivant l’épandage limite fortement la volatilisation.