La consommation de volailles reste dynamique en France, portée par le poulet et la restauration hors foyer. Mais la production nationale peine à suivre, tandis que les importations progressent.
Selon les estimations de l’Itavi, en 2025, chaque habitant a en moyenne consommé 31,7 kg de volailles sur l’ensemble de l’année, contre 31,6 kg en 2024.
La consommation se répartit ainsi :
– Poulet : 80,7 % (+5,6 % en 2025 vs 2024).
– Dindes : 10,8 %
– Canard : 7 %
« La part des espèces moins représentées (pintades, cailles, pigeons) représente 1,5 % des volailles en 2025 », souligne l’Itavi.
Quelque 63 % de la viande de volaille est encore consommée à domicile. Mais la restauration hors foyer est de plus en plus prisée. À 37 %, elle a gagné plus de 10 points en cinq ans.
Avancée sur la question de l’origine de la viande
Les consommateurs français n’ont pas tous la possibilité de connaître l’origine exacte de la viande de volaille dégustée à domicile ou dans des restaurants. Dans l’Union européenne, seule la viande crue de volaille (fraîche ou congelée) vendue dans le commerce de détail est concernée par cette obligation. Mais en France, la loi d’urgence adoptée rend désormais l’étiquetage de l’origine obligatoire pour l’ensemble des produits et lieux de consommation.
Production : le grand écart
La production française de volailles répond de moins en moins aux besoins des consommateurs car elle progresse très peu. Toutes volailles confondues, la France produit 1 672 ktéc de volailles l’an passé. Elle est autosuffisante à 77 % (83 % selon le Cyclope). Mais près de 30 % des volailles consommées n’ont pas été élevées dans des ateliers avicoles français. Toutefois, la France exporte environ un quart de sa production.
La production de poulets est prédominante (1 226 ktéc) : plus de 7 volailles sur 10 élevées et abattues en France sont des poulets. Elle a progressé l’an passé de 3,9 % à la faveur de l’extinction de la grippe aviaire qui avait décimé de nombreux élevages les années passées. Comme l’Hexagone n’est autosuffisance qu’à hauteur de 70 %, plus de la moitié des poulets consommés proviennent actuellement de pays européens (Pologne, 1er fournisseur, Belgique, Pays-Bas), ou de pays tiers difficilement identifiables car une partie de la viande acheminée passe par le Benelux. Les importations sont dorénavant supérieures à 900 kt (913 ktéc) car elles ont progressé l’an passé de 8,2 % (source Itavi) par rapport à 2024.
L’élevage de dindes (243 ktéc) a stagné l’an passé. Celui des pintades (23 ktéc) est en retrait de -2,9 % ainsi que celui des canards à rôtir (170 ktéc) avec -9,6 % vs 2024.
Pour toutes ces volailles, la France reste autosuffisante à plus de 105 % pour les dindes, à 111 % pour les canards et à 123 % pour les pintades.
Les chiffres de 2025 ne sont pas encore accessibles, compte tenu des délais de traitement requis, mais le résultat courant avant impôt de l’industrie abattage-découpe a globalement augmenté de 1,1 point (chiffres arrêtés en 2024). Il équivaut à 3,2 % du chiffre d’affaires. La baisse de 2 points du prix de la matière première brute (à 59,3 % du chiffre d’affaires) l’a aidée à renforcer sa rentabilité.
La distribution a aussi accru sa marge nette. À 10,1 % du CA (de la viande de volaille sauf cuisses), elle n’a jamais été aussi élevée. En 2022, elle n’équivalait qu’à 8,1 %.
Pour les cuisses de poulet, la même tendance a été observée. La baisse du prix d’entrée abattoir a profité à la fois à l’industrie-abattage et à la distribution. Elles ont reconstitué leurs marges qui n’ont jamais été aussi élevées. La marge brute de la grande distribution équivaut même à un tiers du prix de vente du kilogramme de cuisse de poulet.
Répartition des marges dans la chaîne de valeur du poulet Label Rouge
Selon l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM), produire du poulet Label Rouge n’est plus rentable depuis 5 ans. La hausse du prix d’entrée abattoir n’a pas suffisamment compensé les augmentations de charges supportées à tous les postes (aliments, poussins, salaires etc). En 2024, la baisse du prix d’entrée abattoir a généré un solde disponible négatif équivalent à 20 % du prix de vente. Seul un prix de vente de 3,27 € aurait permis d’avoir un solde disponible nul.
L’an passé, la marge brute de la distribution en GMS n’a jamais été aussi élevée (1,68 €/kg) pour le poulet entier Label Rouge. Or le prix de vente a légèrement augmenté passant de 6,46 €/kg à 6,56 €/kg après avoir diminué de 38 c/kg en 2024. En fait, la grande distribution a augmenté sa marge brute en profitant de la baisse, en 2024, du prix de coût d’entrée abattoir et de la marge brute de l’industrie d’abattage-découpe, puis de la quasi-stabilité en 2025.