Pays exportateurs de produits laitiers – Toujours plus de lait malgré des prix en baisse

Le prix du lait payé aux éleveurs est sous l’influence de deux facteurs contradictoires : hausse des cours de la poudre maigre et faiblesse du prix du beurre. Aux Etats-Unis, les éleveurs produisent plus de lait à moindre coût pour diluer leurs charges sur un volume de lait plus important.
En Union européenne, la canicule a freiné la croissance de la production de lait. Mais en France les marges fondent.

La Commission européenne n’a pas encore publié les prix du lait du mois d’octobre auxquels les éleveurs européens ont été payés. Les derniers chiffres connus sont ceux du mois de septembre.

Toutefois, ils amorcent une légère reprise après s’être dangereusement rapprochés, l’été dernier, du seuil de 400 €. Mais à 430 € la tonne en moyenne à l’échelle de l’Union européenne, ils restent inférieurs de 100 € à l’an passé.

Au début de l’été dernier, les prix du lait équivalaient à ceux payés il y a cinq ans, fin 2021. Ils n’avaient cessé de diminuer depuis la fin de l’année 2025.

En France, la tonne était payée 425 € aux mois de juillet et août derniers, selon Eurostat. Depuis, elle a regagné 20 €.

Rapportée aux 1000 litres de lait livrée, la marge MILC (marge brute indicée sur l’Ipampa) était alors inférieure de 109 € à l’an passé, selon l’Institut de l’élevage sur un an. Elle ne valait plus que 149 €/1 000 l.

La hausse des cours en hausse de la poudre maigre de lait (+64 % sur un an en août dernier) n’impacte pas le prix du lait payé aux éleveurs car la cotation de beurre est toujours nettement inférieure à l’an passé.

« D’après l’ATLA, le prix spot du beurre atteignait 4 570 €, en hausse de 5% en un mois mais en repli de -21% comparé à 2025 », précise l’Idele. A l’échelle de l’Union européenne, la cotation (4 173 €/t) était même inférieure de -34% à l’an passé. Et ils ne redresseront pas durablement tant que les cours du beurre diminueront aux Etats-Unis et en Nouvelle Zélande.
La production de six pays producteurs-exportateurs majeurs de lait croît toujours. « Mais comparées aux niveaux soutenus du mois d’août 2025, les variations de production restaient variables :

+154 000 t pour les États-Unis à 9,03 millions de tonnes (+1,7% /2025) ;

+72 000 t pour l’UE-27 à 12,50 millions de tonnes (+0,6%) ;

+34 000 t pour la Nouvelle-Zélande à 2,43 millions de tonnes (+2,4%) ;

+23 000 t pour l’Argentine à 1,05 million de tonnes (+2,2%) ;

+19 000 t pour la Biélorussie à 768 000 tonnes (+2,4%) ;

+6 000 t pour l’Australie à 740 000 tonnes (+0,8%) ;

-45 000 t pour le Royaume-Uni, seule zone en baisse dans le groupe à 1,25 million de tonnes (-3,5%)», rapporte l’Idele.

Seul le Royaume-Uni affichait une baisse de sa production au mois d’août dernier:
-1,25 million de tonnes (-3,5% ou – 45 000 t).

En France, la collecte de lait s’est maintenue aux mois d’août et septembre au niveau de l’an passé. Les épisodes caniculaires ont interrompu la nette reprise des livraisons observée depuis l’été 2025.

A la fin du mois d’août dernier, 16,1 milliard de litres de lait avaient été collectés, 2,1 % de plus que l’an passé à pareille époque selon FranceAgriMer. Mais en février dernier, les livraisons de lait croissaient de 6,1 % en rythme annuel.

Les chiffres rapportés par l’Idele dément les prévisions de l’USDA pour 2026. Ces dernières tablaient sur une stagnation de la production européenne de lait sur l’ensemble de l’année 2026. Aux Etats unis, les livraisons de lait n’auraient dû croitre que d’1 million de tonnes à 106 Mt (+0,2 %).

Or 72,06 millions de tonnes de lait ont déjà été produites (+2,6% versus 2025) en huit mois. Les farmers livrent chaque mois davantage de lait en s’appuyant sur un troupeau laitier de plus en plus important.

Les effectifs de vaches laitières croissent car les éleveurs étasuniens prolongent la carrière de leurs animaux afin de réduire le taux de renouvellement de leur troupeau. Les génisses coûtent très chères à élever ou à l’achat (3260 dollars l’animal). Alors que les vaches conservées sont « amorties ».

En odre de marche

En août 2026, le pays comptait 9,71 millions de vaches laitières (+ 330 000 tête versus 2025 +1,8% /2025). Un record ! Mais leur effectif croît mensuellement de 30 000 têtes par mois.

Cette stratégie n’impacte pas la productivité du troupeau. « A l’échelle nationale, celle-ci ne cesse même de croître : +0,5% comparée à 2025 ; + 8,7 % à son niveau de 2015, selon l’Idele.

En fait, les farmers se mettent en ordre de marche pour saisir de la moindre hausse du prix du lait. Compte tenu des volumes record de lait produits, celle-ci démultipliera leurs gains.

La Biélorussie fait partie du club très réduit des pays producteurs-exportateurs de produits laitiers mais le pays commerce avant tout avec la Russie et les pays satellites de l’ex-URSS.

Alors que les six autres pays exportateurs sont exposés aux lois du marché.