La farine de roche glaciaire est le résultat du rabotage des glaciers sur les roches exercé par leur masse au fil de leurs déplacements, des fontes et des glaciations successives. Un milliard de tonnes de limon est déposé chaque année. Il est composé de grains inférieurs à 50 micromètres riches en nutriments P,K et oligoéléments.
Sur la Terre, certaines ressources naturelles ne sont pas encore exploitées. La farine de roche glaciaire en fait partie.
Alors que des millions d’agriculteurs se demandent comment les marchés des engrais seront approvisionnés en quantités suffisantes et à des prix décents, un article publié dans le Démerter 2026 intitulé « Farine de roche glaciaire, l’or gris du Groenland » révèle que sur l’ile continent située à l’extrême nord de l’océan Atlantique « se trouve une ressource longtemps ignorée : la farine de roche glaciaires » riche en potassium, phosphates et oligoéléments.
Ce sable grisâtre très fin composé de grains inférieurs à 50 micromètres, résulte du rabotage des glaciers sur les roches exercé par leur masse au fil de leur déplacement, des fontes et des glaciations successives.
« Transportée par les eaux de fonte, elle s’accumule dans les fjords et les plaines côtières, particulièrement dans le sud et l’ouest du Groenland », explique Claire de Marignan, l’auteure de l’article cité ci-dessus. Environ un milliard de tonnes de limon est déposé chaque année.
Le Groenland est composé de roches très anciennes riches en silicates, en magnésium, en carbonates… et leurs sables aussi fins que de la farine, pourraient être épandus pour fertiliser les sols en complément d’autres engrais organiques ou minéraux.
« Des essais ont montré que des rendements en maïs pouvaient être augmentés de 30 % en utilisant de la farine de roche glaciaire pour compenser l’impact de la pluie et de la chaleur sur les sols tropicaux pauvres, soutient Claire de Marignan…La farine glaciaire pourrait aussi restituer la fertilité des sols épuisés par des décennies de monocultures et d’intensification ».
Par ailleurs, la farine de roche a des capacités d’absorption du CO2 très importante lorsqu’elle est épandue sur les sols : environ 250 à 300 kg par tonne de sable.
Des marchés oligopoles
Si le réchauffement climatique réduit la calotte glaciaire, les roches et son sable mis à nus pourraient ainsi être employés pour tendre l’économie mondiale vers la neutralité en carbone.
« En s’inscrivant dans une logique durable, la farine de roche pourrait contribuer à la souveraineté économique du Groenland, et à plus large échelle, participer à la transition agricole et climatique mondiale», explique l’auteure de l’article du Déméter.
Mais une exploitation intensive de la farine de roche conduira à une nouvelle impasse. Comme tous les sables, la farine de roche est épuisable.
En attendant, l’extraction et le transport de la farine consommeront de l’énergie et imposeront la création d’une nouvelle filière minière assise sur une logistique portuaire importante pour acheminer la commodité.
En fait, la farine glaciaire représente pour le Groenland, une opportunité pour diversifier son économie actuellement assise sur la pêche et quelques petites industries extractives.
Mais la farine glacière devra s’imposer sur les marchés des engrais pilotés par un nombre restreints d’acteurs.
Hors Russie, cinq pays exportent l’essentiel des engrais phosphatés DAP : la Chine, le Maroc, l’Australie, l’Arabie saoudite, les Etats Unis (15 Millions de tonnes environ par an).
Le marché de la potasse est essentiellement tenu par le Canada, la Russie et la Biélorussie. Et depuis le début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, les échanges commerciaux ont pris une dimension géopolitique majeure.