Pulvérisateurs, les éléments essentiels à une pulvérisation de qualité

Une circulation optimale de la bouillie, graÌ‚ce aÌ€ une pression constante, par exemple, est assureÌe par la pompe, la reÌgulation, la filtration, la rampe, ou encore les buses. Ce sont autant d’eÌleÌments essentiels aÌ€ une pulveÌrisation de qualiteÌ.

La pompe

On parle parfois de plusieurs pompes sur un meÌ‚me appareil. Cela confirme que chaque technologie preÌsente une plage d’utilisation speÌcifique. Les pompes volumeÌtriques sont les plus courantes elles offrent une stabiliteÌ et une eÌtendue de pression plus importante.

AÌ€ pistons ou membranes, leur fiabiliteÌ n’est plus aÌ€ deÌmontrer. Ce sont eÌgalement des solutions eÌconomiques pour les utilisateurs qui ne font pas du deÌbit une contrainte majeure.

Justement l’estimation du deÌbit. En utilisant la formule suivante : Dose (l/ha) x Vitesse (km/h) x Largeur de rampe (m) / 600 on obtient le nombre de litres qui s’eÌcoulent de la rampe toutes les minutes.

Pour garantir la stabiliteÌ dans une reÌgulation classique du retour en cuve, il convient d’ajouter une marge de 15 % pour obtenir le deÌbit de pompe maximum neÌcessaire. Pour les applications de fertilisation liquide qui neÌcessitent davantage de dose ou de vitesse et pour les circulations continues, certains constructeurs proposent une pompe centrifuge.

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Telle une pompe d’irrigation reÌduite, son deÌbit est bien plus important que les pompes aÌ€ membranes ou aÌ€ pistons-membranes.

Attention toutefois aÌ€ la pression maximale atteignable qui peut limiter l’utilisation de buses aÌ€ induction d’air aÌ€ plus de cinq bars. Le mode de remplissage va eÌgalement dicter votre dimensionnement de pompe.

En cas d’aspiration par le pulveÌrisateur depuis une cuve d’engrais ou un reÌservoir tampon d’eau claire, certains constructeurs  proposent deux pompes afin d’assurer du deÌbit lors du remplissage et de la pression lors de l’application. Un conseil : prendre le temps d’estimer la dureÌe de remplissage maximal en fonction du deÌbit de pompe annonceÌ en consideÌrant que le tracteur n’animera certainement pas la rotation aÌ€ plein reÌgime.

Le poste de remplissage

Lors du choix du bac d’incorporation, c’est d’abord le volume et sa graduation qu’il faut controÌ‚ler. L’utilisation de certains produits poudreux neÌcessite un preÌ-meÌlange pour garantir l’efficaciteÌ. CoÌ‚teÌ ergonomie, privileÌgiez les supports pour vos fuÌ‚ts ou votre pichet. Il faudra eÌgalement favoriser une ouverture sans effort du bac d’incorporation, voire avec une seule main lorsque l’on est chargeÌ de faire le remplissage du produit. Un rince-bidon n’est pas superflu.

Le fournisseur doit confirmer que son utilisation est possible directement depuis la cuve de rinçage. Prévoir un eÌclairage du poste de remplissage afin de manipuler les vannes et le bac d’incorporation sereinement.

Que les commandes soient en cabine ou manuelles sur le pulveÌrisateur, il est important que les icones utiliseÌes vous paraissent eÌvidentes. Leur regroupement a contraint les fabricants aÌ€ simplifier l’identification des commandes, complexifiant parfois paradoxalement la compreÌhension.

L’utilisation d’un joystick en cabine ne doit pas dispenser d’une identification de commandes claires pour eÌviter des actions involontaires (surtout avec plusieurs opeÌrateurs). Pour les travaux neÌcessitant des rinçages ou changements de produits freÌquents, il vaut mieux des commandes inteÌgralement depuis la cabine. Pour les pulveÌrisateurs plus modestes, s’assurer simplement que les vannes manuelles sont activables sans contrainte de deÌbrayage de prise de force.

La circulation

La circulation classique est identifiable par l’absence de retour en cuve au bout de rampe. Son avantage principal est de reÌduire le volume reÌsiduel apreÌ€s deÌsamorçage de la pompe.

A contrario, c’est la circulation qui demande le plus de temps d’amorçage de la rampe en deÌbut de chantier. MeÌ‚me si le couÌ‚t de ces pulveÌrisateurs est le moins dispendieux, la circulation classique n’est pas recommandeÌe pour les traitements aÌ€ moins de 80 l/ha.   La circulation continue autorise, elle, le retour en cuve en bout de rampe en permanence. Les porte-buses sont donc toujours alimenteÌs par la meÌ‚me concentration que la cuve principale. Cette configuration oblige aÌ€ utiliser des anti-gouttes commandeÌs (eÌlectriquement ou pneumatiquement).

Le prix et la maintenance sont donc accrus par cette circulation la plus performante. Une troisieÌ€me possibiliteÌ est appeleÌe semi-continue. La circulation de la bouillie est possible en bout de rampe uniquement lors des phases de pulveÌrisation. Ce compromis empeÌ‚che principalement la formation de deÌpoÌ‚ts dans les canalisations en conservant un investissement dans de simples porte-buses aÌ€ membranes.

La reÌgulation

Souvent confondue avec la circulation, la reÌgulation peut pourtant eÌ‚tre choisie de manieÌ€re indeÌpendante. Cet eÌquipement deÌfinit donc le deÌbit instantaneÌ qui s’eÌcoule des buses en fonction de la vitesse d’avancement.

Les pulveÌrisateurs aÌ€ pression constante sont les moins eÌpandus. L’utilisation d’un reÌgulateur de pression sur le retour en cuve permet de stabiliser le deÌbit aux buses quelle que soit la vitesse de progression du tracteur. Dans ce cas, la pression est stable et on conserve une micronisation identique dans toute la parcelle. L’inconveÌnient principal est de ne pas respecter le dosage par hectare en cas de variation de vitesse ou de patinage des roues.

Le sigle DPM signifie « deÌbit proportionnel au reÌgime moteur ». Le dosage est respecteÌ, malgreÌ un changement de reÌgime de prise de force, en adaptant la pression de travail des buses.

La limite de la reÌgulation DPM reÌside dans la contrainte de maintenir la vitesse d’avancement la plus stable possible. Dans les cas particuliers ouÌ€ le tracteur patine, il y a surdosage systeÌmatique puisque le deÌbit instantaneÌ aÌ€ la rampe n’est pas modifieÌ.  

AÌ€ l’investissement, c’est pourtant la reÌgulation la plus eÌconomique. Pour respecter le dosage malgreÌ une modification de vitesse d’avancement, il faudra se tourner vers une reÌgulation DPA. Aujourd’hui majoritairement geÌreÌ par une mesure de vitesse eÌlectronique (capteur de roue, vitesse tracteur, antenne GPS, radar…), cet automatisme adapte le deÌbit aux variations d’avancement.

Il faut toutefois s’assurer que le capteur de vitesse n’est pas placeÌ sur une roue motrice, ce qui annule toute prise en compte du patinage. Les reÌgulations DPAE se distinguent par une veÌrification du deÌbit pour le calculateur selon deux proceÌdeÌs.

La filtration

La standardisation des finesses de filtration facilite le choix des filtres. La plupart des constructeurs font correspondre le code couleur du filtre au calibre de buse minimum utilisable. Attention toutefois aÌ€ ne pas vous perdre dans les uniteÌs utiliseÌes.

S’il s’agit de μm (1/1000e de millimeÌ€tre), plus la valeur est petite, plus la filtration est fine. Dans le cas d’uniteÌs anglo-saxonnes, les « mesh » indiquent une densiteÌ de mailles. Dans ce cas, plus le chiffre est petit, plus la filtration est grossieÌ€re. Une progressiviteÌ doit eÌ‚tre conserveÌe depuis l’aspiration jusqu’aux filtres de rampes pour eÌviter de colmater un seul composant.

Rester vigilant sur la possibiliteÌ de deÌmonter les filtres principaux (aspiration et refoulement) sans neÌcessiteÌ de vidanger la bouillie avant les interventions de nettoyage.

La rampe

Souvent preÌsenteÌe comme un criteÌ€re de deÌbit de chantier, la rampe est surtout une caracteÌristique aÌ€ anticiper avec le reste du parc de l’exploitation.

Elle est ajusteÌe en fonction de la largeur du mateÌriel d’eÌpandage, et il faut eÌgalement veiller aÌ€ son adeÌquation avec la cadence de jalonnage des semoirs. Dans le cas de prestations de services ou d’achat aÌ€ plusieurs, les constructeurs proposent des rampes dont les extreÌmiteÌs se replient synchroniquement aux coupures de tronçons.

L’ensemble des chantiers doivent être compatibles avec les largeurs de rampes. CoÌ‚teÌ plage de hauteur, seuls les pulveÌrisateurs porteÌs sont limiteÌs. AÌ€ l’image de la garde au sol du tracteur, les traitements en cultures hautes (maïs, colza…) seront plus difficiles aÌ€ atteindre.

MeÌ‚me si les suspensions de rampes sur le marcheÌ atteignent des performances satisfaisantes, la question de la correction de deÌvers meÌrite d’eÌ‚tre poseÌe.

Facultative en plaine, quand les deÌvers ne sont que ponctuels, la commande hydraulique de l’inclinaison est indispensable lorsque les pentes deÌpassent les 5 % d’inclinaison. La geÌomeÌtrie variable va modifier l’inclinaison des bras des rampes indeÌpendamment de chaque coÌ‚teÌ. Assurez-vous que ces mouvements sont possibles verticalement dans les deux sens (positif et neÌgatif).

Sur les pulveÌrisateurs porteÌs, le repliage des rampes aÌ€ l’arrieÌ€re de la cuve facilite l’attelage et eÌvite l’eÌgouttage des bras sur le tracteur. A contrario, si la puissance de relevage est limitante, le repliage en accordeÌon peÌnalisera rapidement le porte-aÌ€-faux.

Les buses

Le choix des buses doit principalement se faire en fonction de vos conditions d’application : dose, vitesse, conditions meÌteÌorologiques et mode d’action du produit. Des outils et applications mobiles sont de treÌ€s bons allieÌs pour vous aider aÌ€ deÌterminer le calibre.

Cette donneÌe, identifieÌe par une couleur et un nombre normaliseÌ (ISO), est directement lieÌe au deÌbit de la buse aÌ€ une pression comparable.

La matieÌ€re est aujourd’hui davantage un compromis entre usure et prix d’achat. Les matieÌ€res en polymeÌ€res sont les plus accessibles, tandis que les buses en ceÌramiques, plus durables, sont les plus oneÌreuses.

Les modeÌ€les aÌ€ induction d’air en plus d’une fente pour le jet posseÌ€dent des perforations pour aspirer l’air exteÌrieur et ainsi alourdir les gouttes. Cette gamme de buses assure une reÌduction de la deÌrive et certaines d’entre elles sont homologueÌes pour la reÌduction des ZNT des produits supeÌrieurs aÌ€ 5 meÌ€tres.

La preÌsentation d’options et accessoires est souvent alleÌchante et garantit bien souvent des eÌvolutions positives sur le confort d’utilisation, la seÌcuriteÌ et la protection de l’environnement. Le questionnement doit alors s’orienter sur le bien-fondeÌ d’investir dans un eÌquipement qui majorera le couÌ‚t de revient du pulveÌrisateur.

ReÌduire les intrants, augmenter le deÌbit de chantier ou rendre infaillible l’efficaciteÌ du traitement peut eÌ‚tre estimeÌ pour rentabiliser des technologies toujours plus pointues.