La production de protéagineux devrait croître de 26 Mt d’ici 2034 selon l’OCDE. Peu de pays seront autosuffisants. Le Canada restera le chef d’orchestre du marché de l’export.
Quelque 43-45 millions de tonnes par an : la production de protéagineux (pois, haricots secs, lentilles, pois chiches, lupins et féveroles) a plus que doublé en soixante ans, selon Terres Univia. Mais la population mondiale a, entre-temps, triplé. Aussi, la quantité de légumineuses disponibles par habitant n’excède pas 5 kg par an !
Selon l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), 29 % de la production mondiale de légumineuses est indienne mais elle ne suffit pas pour rassasier son 1,4 milliard d’habitants. Les autres principaux pays producteurs de la planète sont le Canada, la Chine et l’Union européenne (UE) qui produit l’équivalent de 5 % de la production mondiale.
« Le marché asiatique représente 51 % de la consommation totale, mais seulement quelque 44 % de la production, ce qui en fait la principale destination des importations », explique l’OCDE. Par ailleurs, 20 % de la production mondiale de légumineuses est exportée chaque année par une poignée de pays.
Le Canada est le premier d’entre eux. Il est le seul à offrir un panel complet de légumineuses, graines de lupin mises à part. L’essentiel de ses récoltes, qui sont équivalentes à un sixième de la production mondiale, est vendu à des pays tiers.

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Le Canada pallie ainsi le déficit de souveraineté en protéines végétales de l’Inde mais aussi de la Turquie, de la Chine et de l’UE. Ses légumineuses inondent le bassin méditerranéen structurellement déficitaire.
Hors soja, l’UE n’engrange que 3,8 Mt de protéagineux et la France à elle seule, entre 600 et 700 000 t selon les années (mais moins de 400 000 t sont collectées). Toutes graines confondues, le pays est déficitaire (cf. encadré).
Selon l’OCDE, la production mondiale de légumineuses devrait s’accroître de 26 Mt d’ici 2034. En Asie, la récolte progresserait notamment de 10 Mt et l’Inde restera le plus gros producteur mondial de graines. Elle pourra compter sur l’amélioration soutenue des rendements pour récolter 8 Mt de graines supplémentaires d’ici 2034. Des techniques culturales performantes, l’introduction de semences hybrides à haut rendement et l’instauration d’un prix minimum pour stabiliser les revenus des agriculteurs, contribueront à cet essor.
Concomitamment, les échanges internationaux de légumineuses devraient atteindre 23 Mt à l’horizon 2035.
« Le Canada sera toujours le principal exportateur de légumineuses. Il serait en mesure d’expédier 5,7 Mt de graines annuellement », soutient l’OCDE. Il sera suivi par l’Australie et la Fédération de Russie, avec 2,4 Mt et 1,9 Mt de commodités exportables d’ici une dizaine d’années.
Le Canada, en 2025, une exceptionnelle récolte sans débouchés à l’export
Depuis l’été dernier, le Canada croule sous ses stocks de légumineuses. Le pays cherche désespérément des débouchés pour écouler ses 8,8 Mt de pois (4 Mt), de lentilles (3,36 Mt), de haricots secs (400 000 t), de pois chiches (482 000 t) et de féveroles engrangés l’an passé alors qu’habituellement, ses productions avoisinent 6,5 Mt, selon le site agriculture.canada.ca.
Le pays cultive avant tout des légumineuses pour l’export. Il expédie des pois secs en Inde (0,41 Mt), au Bangladesh (0,23 Mt) et en Chine quand elle ne taxe pas ses importations en provenance du Canada. Par ailleurs, les pois chiches récoltés sont réservés aux États-Unis, à l’UE et la Turquie. Enfin, l’Inde importe des lentilles canadiennes, mais aussi la Turquie et les Émirats arabes unis.
Jusqu’en 2024-2025, le Canada parvenait à écouler plus de 95 % de ses graines récoltées chaque année. Mais il débutera la prochaine campagne 2026-2027 avec des stocks pléthoriques d’ores et déjà estimés à 3,7 Mt.
Aussi, la superficie semée de légumineuses l’an passé devrait diminuer de 12 %.