La « fauconnerie digitale » représente un nouveau domaine de lutte contre les nuisibles. Cette technologie aujourd’hui mature nécessite cependant une bonne mise en œuvre sur le terrain aux moments-clés.
Dans les vignobles, les vergers et certaines productions maraîchères à forte valeur ajoutée, les dégâts provoqués par les oiseaux et le gibier représentent une pression économique forte. Maturation du raisin, coloration des fruits, levée des semis ou phase finale avant récolte… Ces épisodes dits de « déprédation » se concentrent souvent sur des fenêtres très courtes mais stratégiques.
Les vignobles sont particulièrement exposés aux attaques d’étourneaux, de corbeaux, de pigeons ou encore de geais selon les régions. Les dégâts peuvent donc être importants à l’approche des vendanges lorsque la concentration en sucre dans les baies augmente. En arboriculture, les pertes sont directes mais aussi indirectes via les blessures favorisant les contaminations fongiques ou provoquant des défauts commerciaux avec déclassement pour les cahiers des charges des marchés du frais les plus rémunérateurs. En maraîchage, les oiseaux et bêtes à poils peuvent détruire des parcelles sur tous types de culture ou porte-graines selon les stades.
Approche combinatoire
Les systèmes traditionnels de lutte — canons à gaz, effaroucheurs acoustiques ou visuels — montrent leurs limites, notamment à cause du phénomène d’accoutumance. Les conflits de voisinage liés aux nuisances sonores constituent également un enjeu croissant autour des exploitations périurbaines ou touristiques. Depuis le début des années 2010, émerge cependant à bas bruit la technique de l’effarouchage par drone grâce à une baisse des coûts d’accès. Cette technologie aujourd’hui complètement mature vient remplacer ou compléter les dispositifs déjà mis en place dans une approche combinatoire.


Réglementation
L’intérêt du drone réside d’abord dans sa mobilité et dans sa capacité à renouveler le stimulus d’effarouchement. L’opérateur modifie ses trajectoires, ses angles d’approche, ses horaires d’intervention et les signaux émis (sonores et visuels). Globalement, les drones d’effarouchage proposés sur le marché sont équipés d’une tête de rapace factice qui « évite les attaques de l’appareil par les corvidés », selon Dorian Blot, agriculteur bio dans l’Essonne, également constructeur de matériel agricole et concepteur de drones d’effarouchement depuis 2010 au sein de la société Agri-structures.
Sur le plan environnemental, certains avantages apparaissent. « L’effarouchage permet dans certaines situations maraîchères d’éviter la mise en place de clôtures électriques qui ont l’inconvénient de faire barrière aux renards et de pénaliser la régulation naturelle des rongeurs dans les parcelles », nous confiait au SIVAL (Salon international des techniques de productions végétales) de 2026, Audric Strumpler, fondateur et président de la société française spécialisée Belver.

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Munis de caméras infrarouges, les drones détectent le gibier, permettant aussi de déloger ces espèces lorsqu’elles posent des problèmes. Certains dispositifs sont conçus pour fonctionner de manière semi-autonome avec retour automatique sur station de recharge. Cependant, la réglementation française est encore contraignante sur les dispositifs autonomes et la présence d’un opérateur capable de reprendre un contrôle manuel pendant le vol est encore obligatoire. Le déploiement à grande échelle des drones d’effarouchage en France dépendra donc aussi, en partie, des évolutions autour de ces aspects législatifs.