La laiterie bretonne, pionnière dans le bio, construit une démarche équitable avec l’OP Bio Commun. D’abord commercialisés dans le circuit spécialisé bio, ses produits labellisés par Biopartenaire séduisent aussi la restauration collective.
La Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France récompense chaque année les meilleures collaborations entre PME et distributeurs. Le 16 septembre dernier, l’entreprise bretonne familiale et indépendante Olga s’est vu remettre un FEEF d’Or dans la catégorie Collaboration filière pour son partenariat durable avec Sodexo, et son engagement en faveur du commerce équitable. Fournisseur de la société de restauration collective depuis 2008, Olga a passé en 2025 quatre références de yaourts bio Vrai en lait équitable, labellisées Agir Équitable et Bio. À travers ce prix, le jury a mis en avant « la rémunération juste des producteurs, le soutien de projets locaux à impact, une transparence totale », le tout garanti par un contrôle annuel rigoureux.

Mis en lumière via ce partenariat food service, le projet de création d’une filière équitable a démarré en 2019. Olga (ex-Triballat Noyal), pionnière du lait bio en France, a cherché avec ses producteurs et avec le réseau spécialisé bio un levier pour une meilleure valorisation de l’ensemble de la chaîne de valeur. « Il nous a semblé pertinent de formaliser un historique de relations que l’on pouvait considérer comme stables, engagées et respectueuses », relate Arnaud Ménard, responsable filières et relations producteurs du Pôle Lait d’Olga. L’entreprise a fait le choix de s’adosser au label bio et équitable Biopartenaire. Aujourd’hui, l’ensemble de ses produits à marques Tante Hélène (lait de vache) et La Bergerie (lait de brebis) sont labellisés commerce équitable.
Plus de lisibilité pour les producteurs
Côté producteurs laitiers, les 52 éleveurs bretons et normands adhérents de l’OP Bio Commun (nouveau nom de l’Association des Producteurs de Lait Bio Seine et Loire) en contrat avec Olga se sont engagés dans la démarche. La charte d’élevage mise en place en 2021 a formalisé des pratiques déjà en place au sein de l’OP : une alimentation bio origine France, 210 jours par an minimum de pâturage, et 75 % de la ration alimentaire en herbe. Olga s’engage de son côté sur un prix minimum garanti sur trois ans et un contrat revu annuellement. « On amène une lisibilité sur douze mois aux producteurs, c’est important pour eux dans la conduite de leur exploitation », relève Arnaud Ménard. « Nous avons aussi pris le parti de fixer un seul prix aux adhérents de l’OP alors que l’ensemble de nos marques et produits au lait de vache bio ne sont pas commercialisés avec le label commerce équitable », précise-t-il. Olga reverse une partie du chiffre d’affaires généré par les produits équitables dans un Fonds de développement. Géré par les producteurs via l’OP, ce fonds est utilisable pour soutenir des projets collectifs ou de recherche, notamment en lien avec la décarbonation de l’élevage, participer au développement de programmes territoriaux.

« Un moteur pour aller plus loin »
Si cette dimension équitable n’a pas généré de révolution dans les champs, elle constitue pour Arnaud Ménard « un formidable moteur pour aller ensemble plus loin que la simple qualité du lait, sur des questions sociétales et d’environnement. On augmente un peu le curseur chaque année, on discute durabilité, trajectoire, équilibres économiques, en comprenant mieux les impératifs de chacune des parties », relève-t-il. Dans un contexte où le bio est challengé sur le manger sain et local, « à nous de mettre en avant, par une relation commerce équitable, les externalités positives que représente le bio, ses effets sur la biodiversité et le bilan carbone. La production bio est fragile. On essaye d’apporter une lecture à moyen et long terme pour avoir suffisamment de lait bio en France dans cinq ans et l’équitable est un levier dans cet enjeu crucial », conclut Arnaud Ménard.