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Les éleveurs attendent encore les retombées des coopératives laitières à l'international

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Les coopératives collectent tout le lait livré de leurs adhérents sans garantie sur le prix.  Le mix-produit des grandes coopératives est encore basique. Les exportations de produits laitiers sont essentiellement des commodités à faible valeur ajoutée.

25 %, c’est la part du chiffre d’affaires à l’exportation réalisé par les coopératives laitières françaises. Elles doivent leurs résultats à leurs grandes capacités d’innovation. 

Leurs ventes à l’étranger représentent même 43 % de l’ensemble des exportations des entreprises laitières françaises. Dominique Chargé, président de la FNCL (fédération nationale des coopératives laitières) a présenté avec fierté ces résultats le 19 octobre dernier au Salon international de l’alimentation (Sial), le plus important rendez-vous de l’industrie de la transformation mondiale.

« Avec une stratégie très soutenue à l’international, Laïta a intensifié sa présence, notamment en Asie en misant sur la complémentarité des marchés et en se développant de plus en plus sur des segments à forte valeur ajoutée grâce à sa marque phare : Paysan breton », explique la FNCL.

Alsace Lait a pénétré le marché canadien grâce au transfert de savoir faire. Et la Prospérité fermière opte pour des poudres de lait à forte valeur ajoutée. Le lait est enrichi de protéines.

Les coopératives françaises ont compris que leur développement est à l’international. Le « made in France » s’exporte très bien. Les produits vendus sont dimensionnés pour répondre aux exigences d’une clientèle très variée d’un continent à l’autre. Mais ces exportations de produits à forte valeur ajoutée ne se traduisent pas pour les éleveurs, par des prix particulièrement rémunérateurs.

Des progrès encore insuffisants

En fait, la situation des coopératives est quelque peu singulière. Jusqu’à un passé récent, elles étaient, pour la plupart, davantage spécialisées dans la production de commodités à faible valeur ajoutée, très liées à la conjoncture des marchés des produits laitiers.

Les différents contrats passés dans l’Ouest de la France entre les coopératives et des importateurs Chinois s’inscrivent totalement dans leur stratégie de filière mais elles ont su s’affranchir quelque peu du marché en valorisant l’excellente qualité de leur production. Même si l’absence d’informations sur leur contenu ne permet pas de savoir à quel prix est payé le lait aux éleveurs.

« Le mix-produit des grandes coopératives est encore basique », reconnaît  Dominique Chargé, interrogé sur ce sujet. Les exportations de produits laitiers sont essentiellement des commodités à faible valeur ajoutée. « Et en collectant le lait produit en plus par leurs adhérents depuis deux ans, alors que les marchés sont engorgés de poudre-beurre, elles n’ont pas les moyens de garantir le prix », explique Jean-Paul Simier, directeur agriculture et agroalimentaire de Bretagne Développement Innovation. « Les coopératives remplissent leur mission mais dans un contexte de surproduction, les quantités de lait supplémentaires collectées partent à l’intervention », ajoute-t-il.

En septembre dernier, la tonne de lait standard était seulement payée 303 € en France, selon la Commission européenne.

Les récentes augmentations des prix du beurre et dans une moindre mesure du lait poudre ne se répercutent pas encore sur le prix du lait payé aux éleveurs compte tenu des stocks à résorber.

Exporter, et rémunérer les éleveurs

En fait, les initiatives des coopératives présentées au Sial par Dominique Chargé, portent sur de trop faibles quantités de lait. Résultat, l’innovation n’impacte pas significativement sur le mix produit et par conséquent le prix du lait et la rémunération des éleveurs. Seules des coopératives de petite dimension, « mono-produit » en zone AOC Comté par exemple, payent leur lait cher. Même constat en production biologique puisque l’ensemble du lait livré est transformé en produits issus de l’agriculture biologique vendus à un prix qui intègre une meilleure rémunération des éleveurs.

Il faudrait que la France renonce à ses exportations de poudre de lait de beurre en produisant moins de lait pour que le lait livré, alors payé aux éleveurs, corresponde davantage à la valorisation de la production transformée. Mais une telle orientation ne serait pas sans conséquences en termes d’emplois et de croissance !

Crise du lait 

Inégaux face à la crise. Tandis que les éleveurs en production conventionnelle bloquaient les entrées du siège social de Lactalis à Laval, leurs collègues convertis en bio livraient leur lait payé plus de 500 € la tonne ! 

Ce sont les éleveurs en zone de plaine dans des terroirs sans différenciation laitière et fromagère, qui ne sont pas en zone AOC ou convertis aux bio, qui sont les premières victimes du faible niveau du prix du lait. Le mix produit de l’industrie à laquelle ils livrent leur lait est en concurrence directe avec celui des autres laiteries des grands pays producteurs de lait et exportateurs au prix mondial.

Illustration issue du site Fotolia, lien direct : https://fr.fotolia.com/id/26987837.

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Auteur : Hénin Frédéric
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