Coléoptère noir de trois millimètres à taille adulte, le charançon des siliques est identifiable par la trompe caractéristique à antennes qui prolonge sa tête. Ce ceutorhynchus assimilis dispose d’une paire d’ailes rigides striées uniformément. Petit insecte velu, il se développe dans les siliques du colza où il fait des ravages en se nourrissant des graines.
Dans son format de larve, il mesure entre 4 et 5 millimètres et se teint d’une couleur blanchâtre ou jaunâtre.
Sa présence est généralisée dans les parcelles de colza du territoire français, avec de plus en plus de zones atteintes par le seuil de nuisibilité, notamment dans le Sud.

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Cycles du développement du charançon des siliques
Ce coléoptère connaît deux ou trois générations par an. C’est une première vague adulte qui sort de son hibernation au mois d’avril, dernière génération pondue de l’année précédente. Les femelles s’installent alors dans les siliques pour manger mais aussi pour pondre, normalement un œuf par silique.
Après une dizaine de jours de gestation, les larves naissent et s’alimentent des graines dès leur sortie. Elles quitteront cet abri pour aller nymphoser.
Les types de cultures touchées
Le colza est la principale victime des attaques du charançon des siliques. Mais le coléoptère est également friand d’autres crucifères.
Les dégâts causés par le charançon des siliques
Ces charançons s’installent donc dans les siliques et y dévorent plusieurs graines (jusqu’à un tiers du total), ce qui induit inévitablement une réduction de la récolte.
Mais le plus grave vient de leur effet dévastateur pour la silique : pourfendue, cette dernière devient vulnérable aux attaques d’un autre ravageur, la cécidomyie, qui vient à son tour y pondre ses œufs. Ces moucherons vont impacter le rendement de manière quantitative et qualitative.
Des charançons d’espèces proches peuvent également s’attaquer à la tige du colza ou au bourgeon terminal, dont ils sont les éponymes.
Quand intervenir ?
Dès le début de la floraison, le colza peut souffrir de l’invasion des siliques et il est donc primordial de surveiller étroitement les parcelles à ce stade. La silique inférieure à quatre centimètres se montre très vulnérable. Il est nécessaire de surveiller jusqu’au stade des dix premières siliques bosselées.
La prolifération débutant par les bordures, c’est là qu’il faut intervenir en premier.
Les actions et traitements doivent être engagés à partir du moment où est détecté un charançon pour deux pieds, seuil de nuisibilité reconnu.
Quelles solutions agricoles pour lutter contre ce ravageur ?
La rotation des récoltes est déjà un bon moyen d’enrayer les dégâts de ces ravageurs, tout comme la destruction des résidus et des mauvaises herbes en bordure de parcelle.
Les auxiliaires prédatrices du charançon doivent être préservées puisqu’elles régulent naturellement les populations.
Plusieurs insecticides à base de pyréthrinoïdes existent pour assurer une protection solide au colza. Il est nécessaire de veiller à ce qu’ils soient bien homologués pour le bon usage et qu’ils ne portent pas atteinte à la pollinisation et donc aux abeilles. Les produits à base de pyrimicarbe ou de thiaclopride constituent des alternatives.
L’application de ces insecticides doit rester raisonnée et se faire le plus précisément possible afin d’éviter de détériorer l’environnement proche de la parcelle.
De plus, ces applications sont soumises à des contraintes drastiques durant la période de floraison.
Ci-dessous, charançon des siliques sur colza. Photo Adobe, lien direct : https://stock.adobe.com/fr/images/charancon-des-siliques-sur-colza/241837617.
