Ce 20 mars 2013 correspond à une manifestation internationale que l’on appelle « la journée sans viande ». Il s’agit ainsi de dénoncer, sans discernement, tous ceux qui mangent de la viande et tous ceux qui élèvent des bêtes à viande.
Cette journée a été instituée en 1985 depuis les Etats-Unis et poursuit chaque année son bonhomme de chemin. Messages essentiels : le monde parfait est végétarien ; tout ce qui incite à manger de la viande doit être proscrit.
Je comprends tout à fait que l’on puisse choisir d’être soi-même végétarien. Mais par goût personnel davantage que par conviction, car les arguments ne tiennent franchement pas debout.
Argument 1 : c’est par respect des animaux qu’il faut cesser de manger de la viande. En d’autres termes, « par respect des animaux », on serait prêt à participer au démantèlement de toutes les filières d’élevage, c’est-à-dire à la fin prévisible de plusieurs espèces. Une salers est une vache magnifique, mais a-t-elle un avenir dans l’élevage si l’on refuse son steak ? Et ne serait-il pas dommage de voir disparaître à terme une telle race ?
Argument 2 : la santé. Ce serait meilleur pour la santé humaine de ne pas manger de viande. Là encore, tout est question d’équilibre. Trop, en quoi que ce soit, n’est jamais bon. Mais l’actualité récente nous livre un contre-exemple parfait à ce postulat anti-viande : il vient d’être prouvé que donner du lait végétal à des bébés pouvait entraîner chez eux des troubles nutritionnels gravissimes. Il leur faut le calcium du lait humain ou animal. Il en est de même pour les protéines animales, qui ne peuvent remplacées durablement par les seules protéines végétales sans conséquences pour la santé.
Les non-dits dans la démarche anti-viande
En fait, la démarche anti-viande gagnerait à être mesurée. Oui, il y a eu, et il existe encore sans doute, des excès dans les modes d’élevage. Les dénoncer me paraît une bonne chose. Mais parallèlement, avec l’ensemble des mesures que nous connaissons sur le bien-être animal, ces excès ne sont plus aujourd’hui que des exceptions (en particulier en Europe). Si ce lobby anti viande axait ses efforts aujourd’hui sur le renouvellement de l’interdiction de l’utilisation des farines animales, il serait utile. Ou peut-être reste-t-il encore à faire des efforts sur les conditions de transport des animaux vivants. Mais ce ne sont pas ces thèmes qui sont choisis, il s’agit bel et bien d’une volonté de nuire à toute la filière animale, de l’amont à l’aval.
En prônant une attitude jusqu’au-boutiste, qui va à l’encontre du développement naturel de l’humanité (prenons l’exemple de la Chine et de sa population exponentielle : du temps de Mao Tsé-Toung, l’objectif était d’un bol de riz par jour, désormais il faut de la viande au moins une fois par semaine), ce lobby sur-écolo n’apporte pas grand-chose au débat, sinon d’alimenter (sans jeu de mot) la peur de tout et de rien.
Autre aspect, le manque total de respect d’autrui dans la démarche. Encore une fois, choisir soi-même d’être végétarien, c’est respectable. Vouloir instituer cette option comme une obligation généralisée, cela relève tant de la non-assistance à personne en danger (pour les bébés cités plus haut) que de l’égoïsme forcené. C’est remettre en cause tout le système planétaire actuel : arrêt de l’élevage, donc arrêt de tous les fournisseurs d’élevage, bref mise au ralenti de l’ensemble de l’agriculture, et de tous ceux qui en vivent. C’est aussi détruire les équilibres alimentaires existant, déjà souvent précaires et toujours insuffisants pour nourrir tous les êtres humains.
Vous l’avez compris, la journée sans viande, ce sera sans moi. J’hésite, volaille ou steak ?
Et vous, qu’en pensez-vous ? Pour en débattre, rendez-vous ci-dessous dans l’espace « Ecrire un commentaire ».
En savoir plus : http://www.journee-sans-viande.info (le site internet de la journée sans viande) ; http://academiedelaviande.eu/index.php/fr (site de l’académie de la viande, avec de multiples arguments nutritionnels).
