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EHPY plante ses premières haies agrivoltaïques

L’Association des énergies des Hauts-Plateaux de l’Yonne (EHPY), dont les 15 membres exploitants portent un projet de 14 parcelles agrivoltaïques sur les communes icaunaises d’Arthonnay, Quincerot, Mélisey, Thorey, Trichey, Rugny et Villon, a planté au mois de février un premier kilomètre de haies conformément à la demande exprimée par la majorité des participants à la concertation.

La plantation du linéaire a été effectuée sur la commune d’Arthonnay, le long de la route reliant la commune de Villon à celle de Quincerot par la société spécialisée Pépinières Naudet basée à Leuglay en Côte d’Or. L’aménagement a pour objectif d’anticiper l’insertion dans le paysage des futures parcelles agrivoltaïques dont les chantiers pourraient démarrer en 2027.

Plantées « en avance de phase », les 14 essences qui composent la haie auront bien poussé d’ici à 3 ans et rempliront pleinement leur rôle de masque naturel d’ici à 5 ans.

5,8 km de haies

Á l’échelle de l’ensemble des parcelles, ce sont près de 6 km de haies qui seront plantées à des lieux stratégiques, toujours sélectionnés collectivement avec les habitants. Des écologues du bureau indépendant BIOTOPE ont réalisé l’étude des emplacements des haies et de leur composition. Deux associations locales de protection de l’environnement ont été associées à la démarche.

Comme demandé lors de la concertation, notamment par les élus, une carte interactive est disponible sur le site internet https://concertation-ehpy.fr donnant à voir la localisation des haies ainsi que 40 photomontages illustrant la vision avant et après leur implantation.

Au tout début de l’idée du projet agrivoltaïque lancé en 2020, les agriculteurs de l’association EHPY s’étaient imposés 3 conditions pour sélectionner les parcelles : qu’elles soient de faible qualité agronomique et réparties pour ne pas avoir des surfaces trop importantes, et surtout éloignées des bourgs des communes.

La réflexion sur l’insertion paysagère a ensuite été progressivement enrichie au fur et à mesure des différents temps de rencontre organisés avec les élus et les habitants des 7 communes concernées.

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De manière générale, la demande de création de masques visuels naturels ou de linéaires de haies bocagères pour favoriser l’intégration paysagère des parcelles agrivoltaïques, a été exprimée en grande majorité par les participants à la concertation.

Le bilan de la concertation préalable volontaire, également disponible sur le site https://concertation-ehpy.fr, souligne d’autres apports intéressants comme des demandes d’aménagements pédagogiques telles que la création d’une aire d’accueil au niveau de la parcelle agrivoltaïque la plus septentrionale à Quincerot ou l’installation de panneaux d’information à disposition des randonneurs.

Les haies agrivoltaïques, une mesure de « préverdissement »

Les exploitants ont souhaité privilégier des haies bocagères conçues à partir d’essences locales préconisées en Bourgogne-Franche-Comté et adaptées au contexte de chaque parcelle. Elles seront doubles et composées d’espèces d’arbres de haut-jet mêlées à des espèces d’arbres de taille moyenne et d’arbustes. Leur gabarit sera maintenu à 3m de largeur et 5m de haut maximum.

Hormis les aménagements demandés « en avance de phase », la majorité des plantations aura lieu 2 ans au moins avant la mise en service des parcelles agrivoltaïques, ce qui permettra d’obtenir des premiers effets de masque visuel, une mesure dite de « préverdissement ».

Le bilan carbone intégré à l’étude d’impact des parcelles agrivoltaïques estime que les 5,8 km de haies plantées permettront la séquestration de plus de 12 tonnes de CO2 par an.

On déplore en France la disparition de 23 500 km de haies chaque année pour 3 000 km recréés sur la même période. Pourtant, ces écosystèmes permettent d’abriter des animaux auxiliaires de cultures (pollinisateurs, prédateurs de ravageurs), de lutter contre l’érosion des sols, d’améliorer la qualité et l’infiltration de l’eau dans la terre, d’apporter de l’ombre, de jouer un rôle de coupe-vent, de s’adapter au changement climatique… Symboles du vivant, elles sont autant importantes pour la biodiversité que l’agriculture !

Les 14 essences composant le premier km de haies planté en février : Cerisier à grappe (Prunus padus) – Tilleul à petites feuilles (Tilia cordata) – Erable champêtre (Acer campestris) – Charme commun (Carpinus betulus) – Noisetier commun (Corylus avellana) – Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) – Aubépine (Crataegus monogyna) – Fusain d’Europe (Euonymus europaeus) – Pommier sauvage (Malus communis) – Troene des bois (Ligustrum vulgare) – Epine noire (Prunus spinosa) -Eglantier (Rosa canina) – Sureau noir (Sambucus nigra) – Viorne flexible (Viburnum lantana).

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