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Céréales, quel effet prévoir avec la vague de froid ?

La fin de ce mois de février est caractérisée par des températures particulièrement froides. Même si cet épisode est différent de celui de 2012, les dégâts peuvent être localement conséquents.

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Une sensibilité au froid qui varie au court du développement de la plante

Si les céréales d’hiver possèdent un niveau moyen de résistance au froid de -20°C, cette tolérance au froid est liée à la capacité de la plante à s’endurcir. Cet endurcissement n’est acquis que sous certaines conditions : être en période de vernalisation avec une arrivée progressive du froid et de préférence en l’absence de gel/dégel.

Comme en 2012, les conditions douces de cet hiver ont provoqué une vernalisation précoce des céréales mais sans leur permettre de s’endurcir. En l’absence de températures gélives très basses, ce phénomène ne prêtait pas pour l’instant à conséquence.

La reprise de végétation, due à l’allongement de la durée du jour, positionne les céréales à un stade avancé (juste avant début montaison). A partir de ce stade, les blés deviennent sensibles à des gels inférieurs à -10°C. L’absence de couverture neigeuse et la faible hygrométrie au moment des gelées (empêchant la formation d’une couche protectrice de givre) sont deux facteurs qui aggravent l’effet du gel sur les céréales.

L’épisode gel actuel est différent de celui de 2012

Tout le monde se souvient de 2012, où les fortes gelées à répétition avaient provoqué une dégradation progressive des céréales. Cette année, l’épisode de froid est plus court et moins marqué qu’en 2012 (figure 1). S’il y a des dégâts de gel, ils seront très localisés.

Figure 1 : Comparaison de la température minimale (en °C) entre le 1er janvier et le 27 février pour les années 2012 et 2018 sur Saint-Hilaire en Woëvre (Meuse)

Conséquence possible sur les céréales : des dégâts à la fois spectaculaires et cachés

Les gelées tardives sur végétation précoce se traduisent par des brûlures du feuillage d’autant plus spectaculaires que la végétation est dense et développée. Plus pernicieux sont les dommages causés aux cellules des tiges et des racines par le choc hydrique qui entraîne la rupture irréversible des membranes et dont les effets ne seront perceptibles que 15 jours à 1 mois après le dégel.

Les températures positives annoncées pour la fin de la semaine sont favorables au rétablissement éventuel des cultures.
 

Pascaline Pierson, Gaëlle Humbert (Arvalis – Institut du végétal)

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