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Campagne 2021-2022, le retour annoncé de l’Union européenne et de la France sur les marchés de l’export

En produisant 10 Mt de céréales en plus que la campagne précédente, l’Union européenne serait en mesure d’exporter 44,5 Mt au cours la campagne 2021-2022. Mais les récents accidents climatiques survenus en Europe du Nord pourraient quelque peu contredire les prévisions  de la commission européenne.

Quelques jours après la parution du nouveau rapport de l’USDA, les prévisions publiées le 12 juillet dernier par l’organisme de statistiques américain sont déjà quelque peu obsolètes. Les phénomènes climatiques observés aussi bien en Amérique du Nord, que dans le nord de l’Union européenne ou en Mer Noire changent la donne. Or ils n’ont pas été pris en compte par l’USDA.

A contrario, les places de marché réagissent au fur et à mesure que les mauvaises nouvelles sont diffusées. Depuis mardi, le prix de la tonne de blé  a de nouveau franchi le seuil de 200 € à Rouen pour s’établir le 16 juillet à 207 €.

Au début du mois, la Commission européenne estimait à 288 millions de tonnes (Mt) la production de céréales.

Dans les prochaines semaines, 126 Mt de blé tendre, 53,5 Mt d’orges, 7,7 Mt de blé dur et 70,6 Mt de maïs seraient produites dans l’Union européenne à Vingt-sept. Au total, près de 288 Mt de céréales seraient récoltées, soit 10 Mt de plus que l’an passé.

Le disponible exportable avait alors été estimé à 44 ,5 Mt (+4 Mt): 30 Mt de blé (+3 Mt), 9,3 Mt d’orges (-1,2 Mt), 1 ,2 Mt de blé dur (+0,6 Mt) et 3,6 Mt de maïs (+ 0,4Mt). A contrario, l’Union européenne importerait 15 Mt de maïs, comme l’an passé.

En France, FranceAgrimer a présenté un panorama de la campagne céréalière française 2021 -2022. Dix millions de tonnes de céréales à paille en plus que l’an passé seraient produites cet été. Quasiment la moitié de la récolte 2021 serait exportée.

Comme les conditions de cultures ont été globalement favorables ces dernières semaines, ces prévisions sont nettement meilleures que l’an passé à pareille époque. Pour autant, aucun record de production ne sera battu. La France produirait 53 millions de tonnes (Mt) de céréales, soit 10 Mt de plus que l’an passé.

Plus de blé tendre et de blé dur seront récoltés cet été et moins d’orges.

Sur les 7,6 millions d’hectares (Mha) de céréales à paille cultivés, les 4,9 Mha de blé tendre produiront 37,1 Mt de grains, soit 8 Mt de plus que l’an passé. Ces 8 Mt équivalent à la moitié de la hausse de la production mondiale de blé  (792 Mt ; +16 Mt selon l’USDA)! 

Plus de blé, moins d’orges

Des rendements estimés à 75,1 quintaux par hectare (q/ha) (+6,5 q/ha sur un an) et une superficie supérieure de 700 000 hectares permettent ce net redressement. La récolte de blé serait même supérieure de 11 % à la moyenne des cinq dernières années.

La moitié de la récolte collectée (34 Mt) serait exportée. La France serait alors en mesure d’expédier 10,5 Mt de blé hors de l’Union européenne (+ 3Mt sur un an) et 7,3 Mt à ses voisins européens (+ 1,3 Mt).

Selon FranceAgriMer, 15,3 Mt de blé serait consommées en France dont 5,4 Mt pour fabriquer des aliments pour animaux (+ 0,9 Mt). Ce regain d’intérêt pour le blé s’explique par la moindre disponibilité en orges et par le différentiel de compétitivité de la céréale par rapport au maïs. Les quantités de blé destinées à l’alimentation humaine resteraient stables (8,64 Mt). Enfin, la bonne récolte permettrait à la France de reconstituer ses stocks (3,7 Mt ; +1 Mt). A moins que de nouvelles opportunités à l’export ne se présentent.

Une hausse attendue des rendements en orges (65 q/ha ; 13 q/ha sur un an) permet d’espérer une production de 11,3 Mt cet été (+ 800 000 tonnes sur un an). 1,2 Mt serait réservée à la fabrication d’aliments (-200 000 t sur un an) et 7,2 Mt seraient exportées. L’engouement pour l’orge française se démentira pas au cours des douze prochains mois car moins d’orges sera produite cette année dans le monde (153 Mt ; -4 Mt sur un an). Notre pays exporterait ainsi 2,5 Mt de grains vers l’Union européenne et 3,3 Mt vers les pays tiers. Par ailleurs, l’équivalent de 1,4 Mt d’orges de brasserie serait vendue sous forme de malte.

Les céréales secondaires en force

Après quatre années de repli, la production de blé dur affiche une nette progression cette année. 1,6 Mt de grains serait moissonnée durant l’été, soit 300 000 tonnes de plus que l’an passé (+24,5 %). Mais cette production reste inférieure de 4,5 % à la moyenne des cinq dernières années (2016-2020) et de 500 000 tonnes par rapport à la récolte de 2017-2018.

Toutefois cette hausse de la production est permise par un regain d’intérêt pour cette culture (288 000 ha ; + 32 000 ha sur un an) et une hausse des rendements (56,4 q/ha ; +4,4 q/ha sur un an). Comme la consommation française de blé dur resterait quasiment inchangée (550 000 tonnes), 1,1 tonne de grains serait ainsi exportée au sein de l’Union européenne (850 000 t) et vers les pays tiers (250 000 t). Il y a cinq ans, 1,7 Mt de grains avait été vendue car la France avait produite 2,1 Mt de blé dur.

La production de triticale de 2021  (1,7 Mt ; + 500 000 t sur un an) concurrencera l’orge fourragère sur le marché de l’alimentation animale. Sinon 476 000 tonnes d’avoine (+86 000 t sur un an) et 139 000 t de seigle (+60 000 t sur un an) seront aussi récoltées.

 

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