Biotechnologies végétales – La France détient 34 brevets de plantes sélectionnées issues de l’édition génomique,

L’Hexagone est le leader européen de l’édition génomique, la technique qui accélère l’évolution variétale. La plateforme flamande EUsage, european Agriculture through genome editing (1) recense, l’échelle de la planète, le millier de plantes dont le génome a été modifié. La commercialisation des produits agricoles bruts ou transformés issus de plantes génomiques est lancée.

L’édition génomique révolutionne la sélection végétale. La grande très grande majorité des espèces éditées dans le monde sont assimilables à des NGT1, c’est à dire à des espèces qui portent des mutations équivalentes à celles que l’on pourrait trouver dans la nature ou qui pourraient être obtenues par de méthodes de sélection conventionnelles. Ces variétés NGT1 se distinguent des NGT2 impossibles à obtenir par voie conventionnelle ou dans la nature. Elles sont pratiquement assimilables à une nouvelle génération d’OGM.

Avec ses 34 brevets déposés de plantes éditées, la France fait partie du top cinq des pays obtenteurs de variétés éditées. Elle est cependant loin derrière la Chine (580 variétés), les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon. Or la réglementation européenne interdit pour l’instant la culture des plantes éditées en vue de leur commercialisation.

Mais les plantes sélectionnées restent confinées dans les centres de recherche où elles ont été mises au point alors que leur notoriété est parfois mondiale. Citons par exemple la variété de Chardonay résistante au mildiou sélectionnée conjointement par la société Edivite et l’université de Vérone en Italie.

En se référant au nombre de variétés éditées brevetées, l’Hexagone est le premier Etat européen devant le Royaume Uni et l’Allemagne.

A ce jour, les centres de recherche agronomique publics et privés d’une soixantaine de pays européens, asiatiques, américains et africains se sont lancés dans l’édition génomique.

Des dizaines d’espèces de plantes ont été éditées dans des dizaines de pays. « La plateforme flamande EUsage, european Agriculture through genome editing (1) recense le millier de plantes cultivées dont le génome a été modifié, telles que décrites dans des publications scientifiques évaluées par des pairs », se réjouit Philippe Dumont responsable des relations internationales de l’association française des biotechnologies végétales.

Une plateforme européenne

Leur liste est établie par pays, par produit et selon la technique employée et par caractéristique (résistance la sécheresse, au mildiou, aux herbicides, etc).

La plateforme Eusage donne ainsi un aperçu de la vaste gamme de produits agricoles et transformés, issus de d’espèces de plantes éditées qui sont ou qui seront bientôt commercialisés. Et ce sont évidement les plantes les plus cultivées (céréales, oléoprotéagineux, pommes de terre, tomates) dans le monde qui sont les plus éditées compte tenu des enjeux économiques et de souveraineté alimentaires qu’ils soulèvent.

Les Etats-Unis sont les plus rapides à mettre sur le marché des produits NGT. « Deux hybrides de maïs associant des tolérances à des herbicides (VrTH) » sont d’ores et déjà cultivées et Green Venus vend sous forme de semences une laitue romaine résistante au brunissement jusqu’à 7 jours après coupe aux jardiniers amateurs », a souligné Philippe Dumont.
La Chine, en tête en termes de nombre de brevets de variétés éditées a compris l’enjeu économique et géopolitique de l’édition génétique. Elle compte s’appuyer sur les nouvelles variétés de plantes éditées pour renforcer sa sécurité et sa souveraineté alimentaire en rendant son agriculture à la fois plus productive et plus vertueuse d’un point de vue environnemental.

« L’Empire du milieu prévoit d’augmenter rapidement la part de cultures NTG disponibles à l’alimentation à partir de 2026, avec des investissements et un cadre réglementaire qui favorisent leur commercialisation à grande échelle », affirme Pascual Perez, administrateur de l’AFBV.

Par exemple, la Chine déploie une variété de blé éditée pour une tolérance au mildiou, dont la farine commence à être disponible (une obtention de la société Sushou Qihe) mais aussi :

  • une variété de riz éditée à rendement amélioré et tolérante à divers stress (Biotechnology Company Ltd.) ;
  • cinq sojas édités, dont trois à haute teneur en acide oléique (Shandong Bellagen) ;
  • deux maïs édités à haut rendement.

L’Empire du milieu multiplie les accords de recherche avec des pays (l’Inde par exemple) qui partagent les mêmes enjeux de souveraineté qu’elle-même s’ils sont souvent opposés géopolitiquement

Grâce à l’édition, le pays domestique des variétés d’algues, une première depuis l’émergence de l’agriculture au néolithique.

En Union européenne, beaucoup de start-ups issues du monde académique ou privées se sont lancées dans l’édition avec succès en s’appuyant sur l’intelligence artificielle et sur les datas données françaises très fiables.

Réglementation européenne

Le trilogue entre les institutions européennes sur

« Le règlement libéralisant l’utilisation des nouvelles techniques de sélection génomique (NGT) pourrait être adopté d’ici la fin de la présidence danoise de l’Union européenne voire durant la chypriote », a expliqué Philippe Dumont.

Mais la Pologne, l’Allemagne et l’Autriche ont récemment rejoint la majorité des pays européens impatients de rendre la libéralisation des NGT légale. Ils comptent sur ce mode de sélection variétale accélérée pour favoriser l’essor de certains secteurs clé de leur économie qui les aidera à s’affranchir notamment des hydrocarburants fossiles qu’elles ne peuvent plus importer de Russie et pour de développer les carburants verts. Mais quelques trilogues doivent encore être programmées car quatre sujets font encore débat.

(1) https://www.eu-sage.eu/genome-search