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Une pétition pour aider le maraicher qui risque l'expropriation

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Du côté d'Annemasse, un maraicher fait l'objet d'une procédure d'expropriation alors que des friches industrielles, où les projets municipaux pourraient parfaitement se concrétiser, existent à proximité immédiate.

Pierre Grandchamp n'est pas du genre à baisser les bras, mais en ce moment il lui faut bien du courage pour conserver son activité agricole. Du côté du lieudit Brouaz, à proximité d'Annemasse, son exploitation maraîchère s'étend sur 5 hectares, 20 en tout en comptant des terres un peu plus loin. Il doit déjà perdre 6,5 hectares au profit de deux bassins de rétention. "Mais à la limite, dit-il, je peux m'en remettre, si je suis indemnisé convenablement, avec d'autres projets".

Mais surtout il fait l'objet d'une procédure d'expropriation là où sont ses bâtiments de stockage et autres serres, dans le coeur même de l'exploitation. "Cela fait plus de 90 ans que ma grand-mère s'est installée ici, il a fallu drainer une terre pas facile au départ pour la rendre fertile. Et voilà que l'on veut me faire partir, sans la moindre consultation, pour des projets qui pourraient tout aussi bien se tenir dans des friches industrielles toutes proches, sans activité agricole."

Des emplois à la clé

Quinze personnes sont embauchées à l'année sur l'exploitation. Mieux, Pierre Grandchamp a également un projet d'installer une nouvelle serre avec couverture photovoltaïque pour cultiver ses légumes sous abri tout en produisant de l'énergie de manière environnementale. Un projet synonyme de création de nouveaux emplois.

Le problème tient dans les projets de la municipalité d'Annemasse : "Il est question d'un parc public, et de la construction d'une mosquée", rapporte Pierre Grandchamp. Des projets qui pourraient parfaitement se finaliser ailleurs : "Il existe des friches industrielles tout près, sur plusieurs hectares, avec un ancien abattoir, ou encore l'ancien hôpital d'Ambilly. Rien n'empêche de concrétiser les projets municipaux dans ces terrains plutôt que de les laisser en friche industrielle."

"Je ne suis pas anti-communautariste"

Le problème tient surtout dans la nature du projet municipal : la mosquée. "Je ne suis pas anti-communautariste, plaide Pierre Grandchamp. C'est d'ailleurs facile pour moi de le démontrer, mon épouse est marocaine, et mes deux enfants sont issus de ce mariage. Seulement à chaque fois que je veux faire valoir mon activité économique, on me jette à la figure l'argument de la mosquée. Moi, qu'une mosquée soit construite, je n'ai rien contre. Mais pas chez moi, pas sur mon exploitation, génératrice d'activité et d'emplois."

Une procédure judiciaire au tribunal paritaire des baux ruraux est donc en cours, avec un verdict qui doit être rendu fin janvier. Ce qui chagrine Pierre Grandchamp, c'est que "personne, absolument personne de la mairie n'est venu me voir pour discuter de tout cela. La décision a été prise dans des bureaux, et après je suis censé accepter l'expropriation sans rien dire... Alors que d'autres solutions existent, il suffisait de venir voir sur le terrain."

Une pétition de solidarité

Pour s'en sortir, dans un contexte où "le département (Ndlr : la Haute-Savoie) perd 700 hectares de terres agricoles par an, bientôt on n'aura plus du tout d'activité en plaine", Pierre Grandchamp en appelle à la solidarité paysanne. Il vient de lancer une pétition en ligne (lien en fin d'article) et espère une mobilisation autour de sa cause, consistant avant tout à perpétrer une activité agricole en bordure de ville, à la fois moderne et environnementale.

En savoir plus : http://www.petitions24.net/preservation_de_la_zone_maraichere_et_agricole_avec_ses_emplois (lien vers la pétition de Pierre Grandchamp).

Notre photo : Pierre Grandchamp pose fièrement avec l'un de ses fils sur son exploitation, sur le lieu même où une mosquée doit être construite.

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Auteur : Jeandey Antoine
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Journaliste professionnel depuis 1987. Collaborations multiples et variées dans la presse agricole. J'ai été rédacteur en chef de JA Mag (mensuel du syndicat...

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