Face à une demande plus importante de prestations de fauche, l’entreprise Taligot, basée en Ille-et-Vilaine, a franchi le pas de l’automoteur de fauche. Un choix qui lui offre plus de réactivité et un meilleur débit de chantier pour cette activité de plus en plus contrainte par l’évolution climatique.
C’est au cours de la dernière campagne qu’un automoteur de fauche Krone Big M 450 a rejoint le parc de l’entreprise Taligot, situé à Luitré-Dompierre, à une trentaine de kilomètres au Nord de Rennes. Un investissement qui sonnait comme une évidence pour le gérant Armel Taligot, dont le groupe de fauche en 8,7 m acquis en 2018 arrivait à la limite de ses capacités. « Nous observons actuellement le même phénomène en lait que ce qu’il s’est produit en porc il y a quelques années. Les producteurs se spécialisent sur l’élevage et délèguent de plus en plus les travaux des champs », constate-t-il. En cause, des investissements de plus en plus lourds et le problème de la main-d’œuvre face à l’augmentation de la taille des exploitations. Une évolution qui a un impact direct sur l’activité de l’ETA Taligot située au cœur d’un bassin laitier bocager. La récolte d’herbe et des méteils, que ce soit en ensilage, enrubanage, autochargeuse ou fenaison, y représente 8,5 % du chiffre d’affaires. « Nous avions atteint la barre des 1 000 ha de fauche annuelle. La Big M va nous permettre d’assurer ces surfaces en sécurité et de continuer à développer l’activité. D’autant plus que j’ai gardé mon ancien groupe de fauche en soutien », évoque-t-il.

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La Big M répond à une demande
À l’image de l’entreprise Taligot, de plus en plus d’ETA s’équipent d’un automoteur de fauche. « C’est vrai que nous avons mis en route plus de machines ces dernières années. C’est lié au développement de l’activité de fauche », analyse Julien Claudon, responsable produit Krone. Il cite le retour à la valorisation de l’herbe par les éleveurs mais également les prestations de fauche pour la méthanisation. « La Big M 450 est capable de faucher des productions volumineuses dédiées à la production de gaz », précise-t-il. Si le système de fauche et de conditionnement à vis conçu initialement pour la Big M à la fin des années 90 a été depuis adapté sur les groupes de fauche, le constructeur a conservé certaines particularités sur l’automoteur. « Le lamier est plus résistant et plus fiable dans le temps en lien avec la capacité de fauche supérieure de la Big M qui tourne en moyenne 15 % plus vite qu’un groupe de fauche. Ceci dans le but d’optimiser la puissance des 450 ch. C’est un équipement qui s’adresse à des utilisateurs qui coupent à partir de 1 200 ha par an. Mais nous avons des machines sur les bassins de luzerne déshydratée qui peuvent faire jusqu’à 10 000 à 12 000 ha/ha », relève-t-il.
Un tracteur dédié à l’année
Au-delà de la délégation de plus en plus importante de la récolte du fourrage, la pousse des prairies est également soumise au changement climatique. « Aujourd’hui, je récolte de l’herbe dès le mois de mars et jusqu’en novembre/décembre sur les ray-grass implantés après les récoltes », constate Armel Taligot. Cet étalement des chantiers de fauche implique de garder un tracteur disponible à tout moment pour couper de l’herbe. « Ce sont des chantiers assez particuliers en termes de planification. Selon la météo, un client peut appeler à 10 h pour faucher dans la journée. Il faut alors trouver un tracteur disponible, qui soit compatible avec le groupe de fauche, donc avec une capacité de levage suffisante, de la stabilité et une prise de force à l’avant. À chaque fois, c’est beaucoup de perte de temps », constate l’entrepreneur breton. Avec l’automoteur de fauche, la question ne se pose plus. Quand le client appelle, la machine est prête à démarrer. « C’est primordial d’être réactif sur ce type de chantier dépendant des fenêtres météo », souligne-t-il.
Par ailleurs, la machine s’adapte aux demandes de chaque client. La fauche peut être réalisée à plat ou en groupé. Le conditionneur à vis peut lui être réglé de manière plus ou moins agressive selon le fourrage traité et les conditions de récolte.
Un débit de chantier amélioré
Sur le terrain, l’automoteur Krone a également permis d’améliorer le débit de chantier. « Là où nous faisions 70 ha/jour avec le groupe de fauche, la Big M peut avaler 100 ha », chiffre Armel Taligot. Une évolution permise en premier lieu par la largeur de fauche de 10 m, soit près de 1,3 m de plus que l’équipement attelé. L’automoteur est par ailleurs équipé pour « avaler du fourrage », selon l’entrepreneur breton. Comprendre ici que les différents éléments ont été conçus de manière à maximiser ses 450 ch, avec une capacité à traiter des volumes plus importants. « Les lamiers sont dimensionnés pour accueillir plus d’herbe et l’entraînement des conditionneurs est lui aussi adapté. Au quotidien, nous constatons l’efficacité de ces adaptations, notamment sur les prestations de fauche de méteils qu’il faut grouper », évoque-t-il.

Le GPS fluidifie les chantiers
Mais les capacités de la machine ne sont pas les seuls atouts pour augmenter le débit de chantier. La compacité et la maniabilité de la Big M, en comparaison avec un tracteur et groupe de fauche, lui offrent une meilleure manœuvrabilité. Dans le cas de l’ETA Taligot, cette facilité de manœuvre est associée à un système GPS Autotrack. L’automoteur optimise ainsi la fauche de la parcelle. Il relève également de manière autonome les différents éléments de fauche en bout de ligne, d’abord l’avant puis les lamiers arrière. « Paradoxalement, c’est dans les petites parcelles mal configurées que nous gagnons le plus de débit car les manœuvres sont optimisées », constate Armel Taligot.
Par ailleurs, l’Autotrack permet au chauffeur de se concentrer entièrement sur la vitesse d’avancement de la Big M pour optimiser ses capacités. « Là où nous étions sur une vitesse d’avancement de 15 km/h avec le groupe de fauche, nous pouvons monter en moyenne entre 20 et 22 km/h avec l’automoteur », atteste le dirigeant de l’entreprise.
Monter en puissance de la pulvérisation
Si l’automoteur de fauche s’impose de plus en plus dans les ETA, le phénomène est bien plus important encore pour les automoteurs de pulvérisations. À ce titre, l’entreprise Taligot a investi pour cette campagne dans deux pulvérisateurs automoteurs Horsch. « Ce sont des équipements qui apportent vraiment un plus en termes de stabilité de rampe et de confort en cabine », témoigne Armel Taligot. C’est lui qui avait commencé à développer l’activité en 2003 alors qu’il était encore salarié avec un premier automoteur de moindre envergure. Depuis, plusieurs machines se sont succédées pour répondre à la demande grandissante sur cette prestation délaissée par les éleveurs. « Avec l’outil FaciliTime, ils reçoivent par voie numérique les informations du traitement directement dès que le chauffeur clôture le chantier ».
Plus de confort pour le client, l’entreprise et le chauffeur
Cette augmentation du débit de chantier et la réactivité permise par la disponibilité à tout moment de la Big M profitent avant tout aux clients de l’ETA qui se disent déjà satisfaits. « Avec les grosses chaleurs début avril, un éleveur, qui est pourtant équipé de sa propre faucheuse, m’a appelé pour ensiler 38 ha de méteils avant les précipitations, avec le risque de la perte de valeur du fourrage s’il attendait trois jours de plus. Nous avons commencé à faucher à 15 h jusque tard dans la soirée, et nous avons ensilé le lendemain avant la pluie. Le client a pu sauver sa récolte », se félicite Armel Taligot.
Lui-même se facilite la vie pour la gestion des plannings en n’ayant pas à rechercher constamment un tracteur pour la fauche et en évitant les temps d’attelage.
Pour le chauffeur, la Big M apporte un confort de conduite indéniable. « Avec le groupe de fauche, le tracteur est constamment en équilibre entre l’avant et l’arrière. Avec l’automoteur, c’est bien plus stable, que ce soit au travail ou sur la route », analyse-t-il. Côté conduite, le chauffeur n’a plus à se préoccuper du relevage des éléments en bout de champ.
Les réglages automatisés depuis la cabine représentent également un gain de temps et de confort pour le chauffeur. « Il peut régler la hauteur de coupe et la pression au sol pour affiner selon les demandes du client. Mais les trois éléments se mettent d’eux-mêmes à une hauteur de coupe identique en jouant sur l’inclinaison. Il n’est pas nécessaire de réaliser un réglage manuel sur les trois points à l’avant de la machine », décrit Armel Taligot.
Un retour à l’ensilage d’herbe
Durant toute la saison, même pendant le maïs, Armel Taligot conserve une de ses 5 ensileuses équipée d’un pick-up pour l’herbe. « Avec l’augmentation de la taille des exploitations, les surfaces herbagères ont augmenté et les éleveurs veulent simplifier la gestion en choisissant l’ensilage », constate-t-il. Dans le même temps, les prestations de remorques autochargeuses et d’enrubanage voient leur surface stagner ou diminuer. « La coupe est trop hétérogène avec la présence de brins longs. C’est pourquoi certains éleveurs s’en détournent », assure l’entrepreneur.
Un coût équivalent
Sur le volet économique, l’équation est positive pour l’ETA. Le coût du tracteur immobilisé durant toute la saison, associé aux groupes de fauche, représente un investissement identique à celui d’un automoteur. Cependant, avec le débit de chantier supérieur proposé par la Big M, le retour sur investissement est plus intéressant. Un débit de chantier supérieur qui s’accompagne d’une consommation au moins équivalente, voire supérieure à un tracteur avec groupe de fauche.
Parc matériel dédié à la récolte de l’herbe
- 3 faucheuses
- 1 faucheuse conditionneuse 3 m
- 1 faucheuse conditionneuse 8,50 m avec groupeur
- 1 faucheuse conditionneuse automoteur 10 m avec groupeur Krone Big M
- 3 combinés de pressage enrubanneuse (26 couteaux)
- 1 autochargeuse 55 m³ Krone
- 3 round baller
- big baller
- 1 big baller 80 X 90 ≈ 250 kgs
- 3 big baller 90 X 120 ≈ 400 kgs (Roto Cut 26 couteaux) + cône pour ensilage
- 1 big baller 120 X 120 ≈ 500 kgs
- 4 ensileuses herbe et maïs
- Krone 850 maïs 12 rangs (Scherer) + Pick-up herbe
- New Holland FR 550 maïs 8 rangs + Pick-up herbe
- Claas 950 maïs 8 rangs + Pick-up herbe
- Claas 950 maïs 8 rangs + Pick-up herbe
Mais aussi 22 tracteurs de 120 à 400 ch, dont 17 Fendt, 4 John Deere et 1 Claas. 6 moissonneuses-batteuses avec capteur de rendement, humidité et cartographie. Ou encore 2 automoteurs de pulvérisations.
