Récoltes 2025 des céréales à paille – Des rendements en hausse mais des prix en baisse

Le service de la statistique du ministère de l’Agriculture a publié des estimations des rendements des cultures de céréales à paille. La production de céréales à paille atteint 48,4 MT grâce à des rendements en hausse de 21 %. Selon FranceAgriMer, la qualité des grains est bonne.

Toutes variétés confondues, environ 48,4 millions de tonnes (Mt) de céréales paille ont été  engrangées en France, soit 10,2 Mt de plus que l’an passé, selon le service de la statistique du ministère de l’Agriculture. Celui-ci a rendu public des estimations de rendements et de production établies au 1er août dernier.

L’augmentation de la production de 26,7 % par rapport à l’an passé s’explique par des rendements moyens de 69,9 quintaux par hectare (q/ha), en hausse de 21 % par rapport à l’an passé, mais aussi par des superficies plus élevées (+5 %).

Enfin, la récolte 2025 est supérieure de 4,6 % à la moyenne 2020-2024.

Mais depuis le début de la campagne, le prix du blé tendre sur le marché de Rouen est inférieur à l’an passé. L’écart de plus de 25 € par tonne au début du mois de juillet s’est cependant réduit ces derniers jours à 15 €/t. Et pour l’orge, les cours sont dorénavant similaires à 2024 après avoir accusé un différentiel de près de 20 €/t au début du mois de juillet.

Autrement dit, une partie des gains escomptés, par des rendements plus élevés, est atténuée par la faiblesse des cours. Par ailleurs, la parité du dollar plombe fortement leur évolution en euros sur le marché européen.

Selon le ministère de l’Agriculture, la récolte du blé tendre s’achève après avoir engrangé 33,1 Mt (+ 29 % sur un an) grâce à un meilleur rendement (74 q/ha contre 61 q/ha en 2024).

Pour sa part, FranceAgriMer souligne que « les teneurs en protéines moyennes (du blé tendre) sont généralement comprises entre 10,5 et 11,5 %, selon un axe croissant Ouest-Est… Le dernier apport d’azote n’a pas toujours été totalement valorisé en raison de l’absence de pluie au moment de l’intervention. L’effet dilution a pu, par ailleurs, influé sur ces teneurs, du fait des rendements élevés ».

Les poids spécifiques (PS) des blés tendre et durs sont majoritairement élevés, avec des moyennes régionales entre 77 et 80 kg/hl. Mais « les teneurs en protéines du blé dur sont en retrait par rapport aux années précédentes. Toutefois, elles permettront de satisfaire les attentes des utilisateurs dans la plupart des cas », précise FranceAgriMer.

La céréale ne doit la croissance de sa production qu’à la hausse des rendements (57 q/ha ; +6,9 q/ha) et non pas à sa superficie (222 000 ha), en retrait de 17 000 ha sur un an.

Pour les orges, l’augmentation de la production ne repose que sur les meilleurs rendements obtenus (66,9 q/ha ; +12,7 q/ha). La superficie cultivée est globalement équivalente à l’an passé.

FranceAgriMer rapporte que « les teneurs en protéines (des orges d’hiver) oscillent entre 9,5 % et 10,5 % sur une large partie du territoire. Et quant aux orges de printemps, « la qualité de la récolte devrait satisfaire les exigences du marché brassicole : les teneurs moyennes en protéines sont comprises entre 9,8 et 10,8 %, selon les bassins de production, les poids spécifiques et les calibrages sont excellents ».

Le service statistique du ministère de l’Agriculture récapitule l’ensemble des résultats de l’année dans ces deux tableaux et les compare à la moyenne 2020-2024.

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Oléo-protéagieneux

« Alors que les récoltes sont pratiquement achevées sur l’ensemble du territoire, la production de colza en 2025 est révisée à la hausse, à 4,5 Mt (contre 4,2 Mt estimé au 1er juillet dernier). L’essentiel de la révision porte sur les rendements de cette culture : 35,4 q/ha en moyenne en 2025 (contre 32,7 q/ha prévu précédemment) », mentionne le service de la statistique.

Le printemps dernier, les conditions de cultures étaient aussi favorables pour les cultures de pois et de féveroles.

« Toutefois, les surfaces en pois protéagineux purs restent modestes (98 000 ha), mais la campagne 2025 affiche des rendements satisfaisants en pois d’hiver comme en pois de printemps», remarque justement FranceAgriMer.

Mais seules 360 000 tonnes de soja seraient produites, soit 10 % de moins que l’an passé.

Ces dernières estimations soulignent que la France ne parvient toujours pas à renforcer sa  souveraineté en protéines végétales en accroissant les superficies de protéagineux. Mais leur culture est très risquée.

Le ministère de l’Agriculture publie d’ores et déjà des estimations portant sur les productions de maïs et de pommes de terre mais comme elles ont été établies au 1er août, elles ne prennent pas en compte les pertes de rendements inévitables qui ne sont pas encore prises en compte à ce jour. Au mois de septembre, les nouvelles prévisions du ministère seront plus fiables.