Variété, modalité des apports d’azote, densité, date de semis et facteurs climatiques déterminent le risque de verse physiologique. Les outils d’aide à la décision s’avèrent précieux pour piloter l’usage de régulateur qui n’est pas systématique.
La verse des céréales à paille est à l’origine de pertes de rendement, de qualité et de difficulté de récolte. En la matière, les causes physiologiques doivent être distinguées de celles dites parasitaires liées aux attaques de piétin-verse, rhizoctone ou fusariose de la tige. Pour les premières, les phénomènes climatiques exceptionnels agissent souvent comme des révélateurs de cultures fragilisées.
Si le blé dur et l’orge sont particulièrement sensibles, toutes les céréales à pailles sont concernées. La verse de la tige intervient quand les premiers entre-nœuds ne sont pas en capacité de résister au mouvement de balancier de la plante. Or la résistance de la tige est acquise entre les stades « épi 1 cm » et « 2 nœuds » environ en fonction de la composition de sa paroi et de l’allongement des premiers entre-nœuds.
Elle est influencée par de nombreux facteurs qu’il est possible de regrouper en quatre aspects majeurs : variété, conduite de la culture, type de sol et conditions climatiques. Autant d’éléments qui doivent être pris en compte autant que possible dans le raisonnement de la lutte contre la verse.
Attention aux premiers apports d’azote excédentaires
Les travaux expérimentaux d’Arvalis ont notamment mis en évidence l’importance des prédispositions génétiques et variétales. Si un traitement n’apparait pas nécessaire avec des variétés aux notes de verse supérieures ou égales à 6,5, il doit être envisagé pour celles jusqu’à 5. En outre, les variétés récentes de blé s’avèrent globalement plus résistantes face à ce risque mais aucune variété d’orge ne l’est totalement. Pour ces dernières, une conduite rigoureuse s’impose en plus du choix d’une variété peu sensible.
De plus, les semis précoces favorisent la verse avec des stades « épi 1 cm » et des montaisons intervenant plus tôt alors que les jours sont encore courts. De telles circonstances favorisent l’étiolement ainsi qu’un tallage excessif si les températures sont basses.
L’impact de la densité de semis mérite également une attention particulière car elle détermine le peuplement en tiges à la fin du tallage. Elevée, elle favorise un étiolement par compétition pour le rayonnement et une augmentation de la longueur des entre-nœuds. Chaque variété est associée à une densité optimale d’épi.
Des outils d’évaluation des risques
La fertilisation azotée joue également un rôle important en la matière. Si le bilan azoté doit guider le raisonnement des doses globales, le fractionnement limite les risques de verses qui sont notamment accentués par un premier apport excédentaire.
Outre ces facteurs, le climat influence également la sensibilité à la verse. Des pluies autour du stade épi 1 cm favorisent des tiges riches en azote alors que des températures élevées entre les stades « épi 1 cm » et « 1-2 nœuds » limitent l’élongation des tiges. Enfin, un ensoleillement lors de la montaison réduit les concurrences pour la lumière et donc évite un allongement excessif.
Arvalis a élaboré des grilles d’évaluation des risques de verses prenant en compte un large nombre de facteurs. Permettant de quantifier le risque, ce sont des guides précieux pour décider d’intervenir avec un régulateur de croissance. Des mesures réalisées par satellite offrent également aujourd’hui des modèles fiables permettant d’évaluer les densités de tiges et les longueurs d’entre-nœuds. Appliquées sur des milliers d’hectares, elles nécessitent toutefois des informations précises concernant les variétés, types de sol, dates et densités de semis ainsi que des données météorologiques quotidiennes.