Production de lait de vache en UE – La tonne payée moins de 500 € en décembre 2025

Le cours du beurre a diminué de 39 % en un an en Union européenne. Aussi s’amorce une baisse du prix du lait payé aux éleveurs européens. Le prix moyen de la tonne de lait payé aux éleveurs est repassé sous le seuil de 500 € au mois de décembre dernier. 

En un an, la cotation de la tonne de beurre a chuté de 3 000 € selon la Commission européenne. Le 4 janvier dernier, elle ne valait plus que 4 540 € après avoir perdu près de 1 000 € en un mois. Depuis deux mois, le prix du beurre est inférieur à la moyenne quinquennale 2020-2024. Les cours des poudres de lait se sont aussi nettement repliés.

En fait, les cours du beurre et de la poudre diminuent dans la plupart des bassins de production exportateurs de lait de la planète (Etats-Unis, Argentine, Nouvelle Zélande et Union européenne). En Union européenne, ils ont amorcé une baisse du prix du lait payé aux éleveurs.

Au mois de décembre, la tonne de lait était en moyenne réglée moins de 500 €. Une première depuis quatorze mois ! Le repli de 50 € constaté sur un an équivaut à une baisse de 9 %.

Aux Pays Bas, la baisse est bien nettement plus importante : -140 € en un an. Le prix (430  la tonne) auquel le lait est dorénavant payé aux éleveurs bataves met en lumière le potentiel de baisse auquel leurs collègues européens pourraient ne pas pouvoir échapper dans les prochains mois si les prix du beurre et des poudres poursuivent leur chute. 

En fait, le prix du lait faiblit depuis le mois de septembre en Allemagne, au Danemark et surtout en Irlande. En Allemagne, la tonne de lait vaut moins de 500 € depuis deux mois après avoir perdu près de 50 € en trois mois. Depuis le mois d’août dernier, les producteurs danois ont aussi observé une chute de 100 € du prix de la tonne de lait livrée. Quant aux Irlandais, le lait facturé 634 € la tonne novembre 2024, a été vendu à 494 € un an plus tard.

En France, le seuil de 500 € a été franchi au mois de novembre dernier. Mais le prix du lait était plutôt stable les mois passés. Fin décembre dernier (494 €), il était même équivalent à son niveau un an plus tôt, en raison du mix produit et du mode de formation du prix retenu par l’interprofession laitière. Mais en octobre dernier, le prix standard du lait (38 g/l de TB et 32 g/l de TP) a commencé à se replier et la baisse pourrait se poursuivre.

Toutefois, la marge MILC, la marge calculée par rapport à l’évolution de l’indice des prix des intrants Ipampa, qui couvre 50 % des coûts de production, avait encore progressé au mois d’octobre dernier. Estimée à 280 €/1 000 l, elle est supérieure de 82€ à l’an passé. 

Fin 2025, forte hausse de la collecte en France

Hormis l’Australie, la production de lait a augmenté ces derniers mois dans les cinq principaux bassins exportateurs (Argentine, Australie, Biélorussie, États-Unis, Nouvelle-Zélande et UE). Mais les éleveurs ont seulement répondu aux signaux alors lancés par les marchés du beurre et de la poudre en produisant plus de lait. « Pour le 2ème mois consécutif, leur collecte a dépassé le million de tonnes en octobre 2025, avec une progression de 1,06 million de tonnes (+4,1% /2024) », mentionnait l’Idele dans son numéro de Tendances Décembre 2025  (derniers chiffres connus). 

La France n’est pas en reste. Durant le quatrième trimestre de l’année passée, la collecte hebdomadaire de lait était supérieure de 4 % à l’an passé à pareille époque mais aussi aux quantités de lait livrées les trois années précédentes. Semaine 52 (fin  décembre 2025), la hausse était supérieure de 5,7 % sur un an et même plus élevée que celle de 2016 ! Un record!

Depuis le mois d’août, les volumes de lait livrés sont supérieurs à 2024 alors que la campagne laitière 2025 avait débuté en repli (jusqu’à – 3,6 % en février 2025 versus 2024).

En France sur l’ensemble de l’année, la collecte laitière 2025 est attendue en hausse de 2% versus 2024. Elle pourrait atteindre 23,5 Mt de lait. Mais ces dix dernières années, l’Hexagone n’a pas profité de la fin des quotas pour accroître sa production de lait comme l’ont fait ses voisins allemands et irlandais notamment.