En héliciculture (comme pour d’autres élevages d’ailleurs), le problème de la traçabilité de l’origine des produits transformés en France pose question. Les producteurs français, qui doivent répondre à des cahiers des charges précis, réclament l’affichage de la traçabilité.
Pour un éleveur d’escargots français, un cahier des charges prévoit des conditions précises, notamment en termes d’alimentation. Cette exigence est facilement acceptée car elle représente ensuite un gage de qualité qui peut être valorisé… Mais à condition qu’il soit reconnu et reconnaissable.
Car aujourd’hui l’affichage des produits de consommation à base d’escargots est beaucoup moins scrupuleux que les héliciculteurs en question. Aucune différence n’est affichée entre les produits finis transformés en France, quelle que soit l’origine des escargots qui les composent. Or, aujourd’hui, seulement 5 à 10 % des escargots consommés en France viennent de l’héliciculture hexagonale.
D’où une demande de six groupements de producteurs d’escargots, formulée sous la forme d’un courrier adressé au ministre de l’Agriculture (pour lire le texte intégral du courrier, suivez le lien en fin d’article). L’intérêt de cette demande est quelle devient nationale, puisque les groupements en question représentent chacun une région : Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes, secteur alpin, Bourgogne-Franche-Comté, Nord-Est, et Pyrénées-Orientales.
Marc Mage, président des héliciculteurs de Midi-Pyrénées, a accepté de préciser la situation pour WikiAgri : « Nous sommes 3 à 400 éleveurs d’escargots en France – je ne suis pas plus précis car tous n’adhèrent pas à nos groupements – et nous produisons 5 % des besoins de notre alimentation. Les industriels importent donc des escargots d’Afrique, d’Asie, mais surtout d’Europe centrale ou de l’Est. Certains de ces escargots importés sont issus d’élevages, d’autres sont ramassés dans la nature. Or, nous n’avons aucun moyen de savoir, à la lecture de l’étiquette d’une boîte d’escargots, l’origine des bêtes, tant au niveau géographique qu’à celui du mode de prélèvement, élevage ou ramassage. »
Aucun problème sanitaire… pour l’instant
Pour les producteurs français, être concurrencés directement par des bêtes venues d’on ne sait où, cela pose évidemment un problème. Derrière, le goût peut s’en ressentir, mais pas seulement. Car l’escargot est une sorte de sentinelle de l’environnement, il fixe les métaux lourds. « Nous sommes dans une période où les consommateurs ont conscience qu’il faut une traçabilité pour leurs produits, reprend Marc Mage. Or, nous n’avons aucune lisibilité aujourd’hui sur l’escargot. Il n’y a, pour l’heure, aucun scandale sanitaire, mais justement, nous aimerions éviter que cella n’arrive en prenant les devants.«
Dans leur courrier adressé au ministre, les producteurs précisent qu’une pétition lancée sur le sujet a été signée également par des grands chefs cuisiniers ainsi que par de nombreux consommateurs. Plusieurs milliers de signatures ont ainsi été recueillies.
Par ailleurs, la filière comprend non seulement les producteurs, mais également près de 600 salariés dans les onze entreprises françaises de transformation. Soit en tout pas loin d’un millier de personnes en France qui vivent de l’escargot, mieux vaut éviter en effet tout scandale sanitaire…
La demande est précise. L’affichage espéré doit comporter l’origine et le mode de production, d’une manière simple, par exemple : « élevé en Tchéquie » ou « ramassé en Slovaquie« . Cet étiquetage informera la consommateur qui choisira en connaissance de cause, et parallèlement permettra aux héliciculteurs français de valoriser leurs productions.
Qu’en pense le ministère ?
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En savoir plus : http://aspersa.over-blog.com/article-courrier-des-6-groupements-de-producteurs-au-ministre-117354946.html (le texte du courrier envoyé par six groupements de producteurs au ministère de l’Agriculture réclamant la traçabilité affichée pour les consommateurs d’escargots) ; http://www.youtube.com/watch?v=FKVfozik6do (cette vidéo réalisée pour France 5 explique les conditions d’élevage de l’escargot en Tchéquie ou en Pologne, je vous la recommande).
Ci-dessous : le « petit-gris », made in France.
