Pour sa prochaine édition, le Salon International de l’Agriculture (SIA) mettra à l’honneur la race Ferrandaise, symbole du patrimoine agricole français en voie de disparition. Cet événement se déroulera à Paris Expo – Porte de Versailles du 27 février au 7 mars 2027, célébrant la résilience d’un modèle d’élevage respectueux de l’environnement.
De l’extinction à l’excellence : La Ferrandaise, égérie du SIA 2027
Pour sa prochaine édition, le Salon International de l’Agriculture (SIA), premier salon de France, a choisi de mettre en lumière une race rare qui a failli disparaître : la Ferrandaise. Représentant un pan important du patrimoine agricole français et modèle d’élevage responsable, elle sera mise à l’honneur lors du SIA 2027, se déroulant du 27 février au 7 mars à Paris Expo – Porte de Versailles.
La vitrine d’une réussite collective
Au début du XXe siècle, la race Ferrandaise dominait les pâturages du Puy-de-Dôme avec plus de 140,000 vaches à son apogée. Cependant, la spécialisation et la mécanisation de l’agriculture dans les années 1960 ont failli provoquer son extinction. Ses atouts principaux, sa polyvalence pour la production de lait et de viande, ainsi que ses capacités d’attelage, sont devenus des inconvénients. Frôlant la disparition avec moins de 200 femelles recensées à la fin des années 70, un groupe d’éleveurs passionnés a refusé de la laisser disparaître. Soutenu notamment par l’Institut de l’Élevage, un plan de sauvegarde a permis à la Ferrandaise de regagner progressivement ses terres d’origine.
« Choisir la race Ferrandaise comme égérie n’est pas anodin : cela met en avant la nécessité de préserver notre patrimoine agricole unique, aussi vivant que fragile. Portée par l’OS des Races Bovines Locales à Petits Effectifs, la candidature de la Ferrandaise prouve que le collectif est une des clés pour répondre aux enjeux à venir de l’agriculture », explique Jérôme Despey, président du SIA.
Cette renaissance résulte de la coopération entre éleveurs et acteurs du territoire auvergnat, qui ont cru en l’importance de préserver cette race adaptée à son environnement d’origine, essentielle face au changement climatique et à la préservation de la biodiversité. Outre la fierté qu’elle inspire, le statut de race égérie pour le Salon International de l’Agriculture est une véritable récompense pour le travail de préservation et de relance des races locales, dont la Ferrandaise est un exemple.
L’Association de sauvegarde de la race bovine ferrandaise
Convaincus du potentiel de la race pour l’agriculture moderne, des éleveurs passionnés par les Ferrandaises se sont regroupés en 1978 pour créer l’Association de sauvegarde de la race bovine ferrandaise. Leur but est simple : conserver un patrimoine génétique diversifié, rajeunir les troupeaux et augmenter progressivement les effectifs.
Quelques décennies plus tard, 4000 femelles Ferrandaise vivent de nouveau dans leur région d’origine, grâce à la collaboration et au savoir-faire d’environ 750 éleveurs, dont près de 150 en élevages exclusifs.
Une mission accomplie et un travail collectif récompensé par le Prix de l’Agrobiodiversité, attribué par la Fondation du Patrimoine et les laboratoires CEVA en 2024.
Une race qui a du panache
Originaire du Puy-de-Dôme, la Ferrandaise illumine les massifs montagneux de la région auvergnate grâce à une diversité de robes unique en France. Photogénique avec ses cornes, elle associe le blanc au rouge ou au noir, ainsi que trois types de panachures : barrée, bregniée ou poudrée. Une palette distinctive qui séduira sûrement les visiteurs du SIA 2027.
Aussi, la Ferrandaise tire parti de ses origines pour devenir un atout majeur de l’agriculture de demain : sa mixité permet la production de lait et de viande, elle s’adapte aux pratiques pastorales extensives en prairies naturelles, et sa robustesse est enviable.
« Il faut savoir qu’il n’y a jamais eu de travail de sélection sur la race Ferrandaise pour améliorer son potentiel de production en lait ou en viande. C’est cette mixité historique qui permet aujourd’hui une grande diversité d’élevages : il y a des éleveurs de Ferrandaises en production laitière et d’autres en productions allaitantes », précise Alain Guéringer, président de l’Association de sauvegarde de la race bovine ferrandaise.
En pâturant la majeure partie de l’année dans les prairies naturelles de moyenne montagne (Parcs naturels régionaux des volcans d’Auvergne et du Livradois Forez), la Ferrandaise bénéficie d’une flore riche et diversifiée, renforçant la saveur de sa viande. Son lait est également utilisé dans la fabrication de nombreuses AOP fromagères de la région : Saint-Nectaire, Fourme de Rochefort, Fourme d’Ambert ou encore Fourme de Montbrison.
La Ferrandaise : l’histoire d’une renaissance en 7 dates
- 1860 – Après avoir eu différents noms au fil de son histoire (race de Rochefort, Ferrandine ou encore race de la Limagne), le nom unique de Ferrandaise s’impose.
- 1905 – Création du Herd Book Ferrandais
- 1929 – La statistique agricole fait état de 140,000 vaches Ferrandaises
- 1960 – L’agriculture se spécialise et se mécanise. La race Ferrandaise frôle l’extinction : il ne reste que 200 femelles à la fin des années 70
- 1978 – Des éleveurs se mobilisent pour la préserver, en créant l’Association de sauvegarde de la race bovine ferrandaise.
- 2025 – La race est relancée : on compte 4000 femelles et une soixantaine de taureaux, dans près de 750 élevages.
- 2027 – La Ferrandaise devient égérie du Salon International de l’Agriculture, récompensant le travail de préservation de cette race !
Cette charmante vache marquera le retour des bovins au SIA, sous la bannière d’un mot d’ordre après une édition 2026 mouvementée : REGAIN !
Rendez-vous en septembre pour découvrir qui représentera fièrement la race Ferrandaise au Salon International de l’Agriculture 2027 !