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Halte à l'humanbashing !

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Par-delà leurs difficultés économiques et l’agribashing, les agriculteurs semblent être d’abord et avant tout les victimes d’un « human bashing », et plus précisément de trois formes de déshumanisation.

L’agribashing, qui a été l’un des leitmotivs de deux mobilisations de la Fnsea et des Jeunes agriculteurs au mois d’octobre 2019 et d’une autre mobilisation le 27 novembre, est perçu dans une enquête d’opinion réalisée en octobre dernier par l’Ifop pour Ouest France comme la troisième source d’inquiétude pour les agriculteurs interrogés. Dans cette enquête menée auprès d’un échantillon de 418 agriculteurs, les critiques répétées et les attaques médiatiques contre le secteur agricole arrivent en troisième position du total des réponses, pour 31 % d’entre eux, et même en seconde position si l’on ne prend en compte que les réponses citées en premier (graphique 1). En outre, la montée en puissance des mouvements animalistes arrive en sixième position, pour 16 % d’entre eux.

Cela renvoie évidemment aux incompréhensions et aux tensions qui peuvent exister entre une partie de la société et les agriculteurs, entre des néo-ruraux et les agriculteurs, entre des médias généralistes et les agriculteurs, entre une partie du monde associatif et les agriculteurs ou entre les antispécistes et les éleveurs, ou encore aux clivages entre agriculture biologique et conventionnelle. Cela amène, en effet, nombre d’exploitants à estimer que certaines de leurs pratiques et de leurs activités font l’objet d’un dénigrement assez systématique dans l’espace public (médias généralistes, réseaux sociaux, édition, etc.) et que cela a un impact concret, par exemple, dans les relations qu’ils peuvent avoir avec leur voisinage ou en incitant certains individus, qu’ils soient militants d’une organisation ou pas, à commettre des actes malveillants à leur égard. On passe donc ainsi d’une critique dans l’espace public à une critique dans un espace privé, qui peut même dans certains cas aboutir à une agression verbale, voire physique.

Le monde agricole peut incriminer le manque de connaissance des citadins vis-à-vis de l’agriculture actuelle et du monde rural, ainsi que leur défiance à l’égard d’un système alimentaire qui n’a pourtant jamais été aussi sûr ; le militantisme, la radicalité et l’exploitation des peurs de la part d’une partie du monde associatif ; le goût des médias pour la dénonciation de scandales, l’exploitation des polémiques et des controverses et un biais en faveur des « petits », des victimes et des « dominés » ; le suivisme et/ou l’opportunisme des élus, des politiques et de certains acteurs économiques qui s’adaptent à l’« air du temps », comme ont pu en témoigner ces derniers temps la multiplication des arrêtés municipaux instaurant des zones de non-traitement entre les champs et les zones d’habitation. Il peut aussi faire son mea culpa en cherchant à améliorer ses pratiques ou, au moins, sa communication.

Tout ceci est largement fondé. Cependant, une autre lecture peut être aussi envisagée. En effet, par-delà les turbulences économiques traversées par de nombreuses filières ou à titre individuel et cet agribashing, les agriculteurs sont avant tout les victimes d’une déshumanisation, d’un véritable « human bashing », et plus précisément de trois formes de déshumanisation.

Un écosystème qui peut basculer dans la déshumanisation en cas de difficultés

La première est, reconnaissons-le, la déshumanisation de l’écosystème dans lequel les agriculteurs sont insérés à partir du moment où ceux-ci rencontrent des difficultés (de nature financière, maladies, accident, incendie, maladie du bétail, etc.). Évidemment, il ne convient pas d’en faire une quelconque généralité. Cependant, le film Au nom de la terre réalisé par Edouard Bergeon et l’ouvrage de Camille Beaurain et d’Antoine Jeandey, Tu m’as laissée en vie (Cherche Midi, 2019), qui racontent les histoires dramatiques de deux agriculteurs ayant mis fin à leur jour et qui ont tous les deux rencontré un grand succès public, montrent bien que certains exploitants peuvent se retrouver coincés dans un engrenage totalement déshumanisé lorsqu’ils sont en difficultés. Cela peut concerner les rapports qu’ils peuvent avoir avec leurs parents, les coopératives, les banques, la MSA, des fournisseurs, des centres de gestion, des industriels de l’agroalimentaire ou encore la grande distribution.

C’est ce que l’on peut voir dans le film d’Edouard Bergeon consacré à l’histoire de son père Christian Bergeon, éleveur dans le Poitou, à travers les relations compliquées, c’est le moins que l’on puisse dire, avec son propre père, ou suite à une sécheresse et à un incendie.

C’est également ce qu’exprime bien Camille Beaurain dans le livre co-écrit avec Antoine Jeandey, notamment à propos des banques : « Les publicités pour ces organismes parlent ici du "bon sens près de chez vous", là de "l’esprit mutualiste", ou encore de "l’esprit coopératif". De bien jolis mots, respectés par certains bien sûr à l’intérieur des structures, mais auxquels il faut aussi adjoindre des obligations de résultats, qui font évoluer les mentalités. Il y a souvent des directeurs arrivistes qui insistent et mettent au point des systèmes de primes aux résultats (ou, à l’inverse, de pénalités sans eux), qui déshumanisent tous ceux qui travaillent aux échelons inférieurs, les forçant à faire du chiffre, coûte que coûte, quelles que soient les conséquences. A l’arrivée, l’impression donnée est qu’effectivement certaines banques, mutuelles, coopératives… font partie de ceux qui profitent des pires situations individuelles, en les enfonçant toujours plus au passage. » En l’occurrence, le couple d’agriculteurs n’a jamais été en mesure, par exemple, de renégocier un taux de prêt bancaire pourtant élevé, à 6 %, ni auprès de leur banque, ni auprès d’autres établissements financiers.

Camille Beaurain montre également du doigt les centres de gestion, qui surfacturent leurs prestations, les industriels de l’agroalimentaire, ou encore les coopératives. De son point de vue, à propos de ces dernières, « beaucoup parmi elles, se sont finalement détachées de leur mission originelle – de services rendus aux agriculteurs – pour rentrer dans une logique de profits […]. A l’arrivée, l’adhérent de base, le paysan, ne devient que celui qui fournit le fonds propre de cet ensemble quasi tentaculaire, et qui finit par n’en obtenir que peu de considération. Bien sûr, toutes les coopératives n’ont pas connu ces dérives ». En parlant de la coopérative à qui le couple d’agriculteurs devaient de l’argent : « de cette coopérative, nous avons reçu une facture de 24 000 euros, doublée d’une mise en demeure… alors que nous devions 18 000 euros ! Elle s’octroyait ainsi 6 000 euros d’intérêts sur notre dos, au pire moment. Tandis que nous étions au fond du trou, à tout juste espérer nous en sortir, cette coopérative avait décidé de tuer notre exploitation ».

Un article publié dans Le Monde le 22 novembre 2019 fait référence à ce propos à une étude du chercheur Gilles Laferté sur la relation bancaire dans les zones rurales de Bourgogne qui tend à corroborer ce témoignage à travers sa description du « passage de la banque de face-à-face à la banque automatisée ». Des années 1960 aux années 1980, « les "démarcheurs" du Crédit agricole faisaient des tournées dans les fermes et les caisses locales étaient dirigées par des administrateurs qui étaient, pour 90 % d’entre eux, des agriculteurs ». Ils étaient par conséquent connus personnellement des agriculteurs. C’est ce qui a changé dans les années 1990. Les employés des agences bancaires ne viennent plus forcément du monde rural et peuvent n’être que de passage dans la région. Gilles Laferté explique également que « Les codes de déontologie qui se mettent en place à la fin des années 1980 insistent […] sur la relative distance à garder avec la clientèle », tandis qu’« un système de notation évaluant de manière rationnelle la probabilité de défaut » se substitue à « l’appréciation personnelle du conseiller ». Or, pour le chercheur, ceci a provoqué une forme de défiance : « perte de pouvoir des caisses locales au profit des systèmes automatisés, composition de plus en plus allochtone des personnels, distanciation sociale de plus en plus accusée entre les personnels et la clientèle : si la direction de la banque cherche à limiter les effets d’interconnaissance, la clientèle, elle, semble à l’inverse attachée à une forte personnalisation de la relation bancaire ».

Cette dépersonnalisation d’un certain nombre d’institutions dans leurs rapports avec leurs clients ou leurs usagers (que l’on retrouve également dans des administrations publiques ou de protection sociale) peut devenir dramatique aux yeux d’un certain nombre d’agriculteurs lorsque ceux-ci rencontrent de graves difficultés. Ce ne sont pas ces institutions qui sont à mettre en cause, mais plutôt un « système » qui s’est mis en place, et qui est bien décrit par Gilles Laferté, favorisant à la fois une mise à distance avec le public et une évaluation des personnes sur la base de normes souvent rigides et non négociables.

Une déshumanisation qui alimente la société de la défiance

La seconde forme de déshumanisation dont les agriculteurs sont les victimes concerne les rapports qu’ils peuvent entretenir avec le reste de la société. Ceux-ci sont ainsi souvent perçus désormais comme les simples mailons d’un mode de production agricole dit « conventionnel », « intensif » ou « productiviste » ou, plus largement, d’un système alimentaire qui tend à susciter, à tort ou à raison, une certaine défiance au sein de la population.

Cela s’explique en premier lieu par le fait que les agriculteurs ont un poids démographique de plus en plus faible, y compris dans le monde rural (sinon les maires de communes rurales ne prendraient pas le « risque » de signer des arrêtés sur les ZNT). Cela signifie qu’un citadin moyen a très peu l’occasion de croiser, de rencontrer ou a fortiori de discuter avec un agriculteur.

Il en est de même sur le plan économique. Les agriculteurs sont souvent des fournisseurs de matières premières d’un système alimentaire où ce sont les industriels de l’agroalimentaire et les distributeurs qui sont en prise directe avec les consommateurs.

Cela explique évidemment la large méconnaissance de la part des citadins (ou des journalistes) de ce qu’est l’agriculture actuelle, d’autant que les industriels et les distributeurs peuvent chercher à faire passer des productions industrielles pour des productions artisanales en mettant en avant l’image d’un agriculteur sur leurs emballages (à tel point que certains commencent à parler de « farmer washing », comme l’on parle communément de « green washing ») et d’une agriculture fantasmée, celle de nos « grands-parents », qui n’existe plus ou même qui n’a jamais existé.

Il est également évident, on le voit dans de nombreuses enquêtes d’opinion, que les acteurs et les institutions qui suscitent le plus de confiance, ou plus précisément le moins de défiance, sont celles qui sont perçues comme les plus proches de la personne interrogée.

On le voit bien à propos des élus : les Français font confiance aux maires, qu’ils peuvent croiser de temps à autres à la campagne ou dans les petites villes, un peu moins aux élus départementaux et régionaux, qu’ils ont moins l’occasion de rencontrer, et a fortiori beaucoup moins aux élus nationaux et européens. Il en est de même sur le plan économique : on fait confiance au petit commerçant du coin que l’on connaît ou à la PME locale et pas nécessairement à la grande marque multinationale, d’autant plus si celle-ci est étrangère. De même, toutes les enquêtes montrent que les consommateurs feront toujours plus confiance à un produit alimentaire Made in France qu’à un produit élaboré ou transformé à l’étranger, qui plus est en dehors de l’Union européenne.

En résumé, qui dit confiance, dit proximité avec la possibilité éventuelle d’une relation interpersonnelle. D’où le succès des circuits courts, des marchés alimentaires, des magasins de producteurs ou des opérations de « fermes ouvertes ». On a pu le voir récemment avec justement le succès différencié du film Au nom de la terre selon que l’on se trouve à Paris ou en région. Le sociologue Jean Viard explique à ce propos que « Pour les Parisiens, ça n’a aucun intérêt ce paysan qui a un grand poulailler industriel et qui se suicide parce qu’il ne s’en sort pas. Alors que pour les gens de la campagne, ce paysan se bat pour vivre, développer son entreprise […] ils se vivent de son côté ». On peut donc supposer qu’il existe une forme d’indifférence de la part des Parisiens qui sont très éloignés des problématiques agricoles et rurales parce qu’ils ont peu l’occasion de rencontrer et d’échanger avec des agriculteurs (hors SIA) et, parallèlement, une forme d’empathie dans le monde provincial et rural pour des personnes que l’on côtoie au moins de temps en temps.

On peut donc considérer qu’un système alimentaire industrialisé et globalisé qui produit une alimentation transformée, voire ultratransformée ne peut être qu’un facteur de défiance aux yeux des consommateurs, indépendamment des crises sanitaires, car la confiance qu’ils peuvent avoir envers des acteurs à la fois « gros » et lointains ne peut être que bien plus fragile que celle qu’ils ont envers des « petits » qui sont proches d’eux. Et c’est loin d’être nouveau. Le sociologue Jocelyn Raude explique ainsi que « le plus souvent dans l’histoire, les crises alimentaires émergeaient dans des contextes spécifiques, en particulier des contextes d’urbanisation ou de division sociale du travail. Les éléments de confiance interpersonnelle qui dominaient dans les systèmes traditionnels disparaissent au profit de relations à des organisations ou des institutions. Or, la confiance en ces dernières est beaucoup plus fragile que la confiance envers les personnes ».

Il est évident que le monde agricole pâtit de l’image de ce système alimentaire industrialisé et globalisé à partir du moment où les consommateurs perçoivent les enjeux autour de l’agriculture d’abord à travers leur alimentation et peuvent assimiler les agriculteurs à des parties prenantes de ce système, d’autant plus qu’ils ne savent pas très bien ce qu’est l’agriculture actuelle et qu’ils ne connaissent pas d’agriculteurs dans leur entourage. La perception d’un agriculteur partie prenante intégrante de ce système ne peut donc que contribuer à le déshumaniser.

Une déshumanisation qui peut faciliter le passage à l’acte

La troisième forme de déshumanisation est liée au fait que les agriculteurs, principalement ceux qui produisent en conventionnel, sont avant tout perçus par une partie du monde associatif et des médias comme les simples représentants ou incarnation d’un système de production qu’ils rejettent et sont donc encore une fois en grande partie déshumanisé. C’est encore davantage le cas pour les agriculteurs syndiqués à la FNSEA, assimilée au principal « lobby » de ce mode de production. Ces critiques ne s’adressent pas à un individu spécifique, mais au défenseur déshumanisé d’un système honni, pire, à des « empoisonneurs », à des personnes qui maltraitent les animaux et même à de véritables « trolls de Monsanto », soit l’incarnation du « diable » aux yeux de certains.

Cela ne peut que conduire à une critique violente, a fortiori sur les réseaux sociaux, qui peut quelquefois appeler à « cogner les empoisonneurs » et même, dans certains cas extrêmes, à des passages à l’acte, de l’insulte à l’agression. Il est évident que, si le voisin d’une exploitation connaît bien personnellement un agriculteur, il ne va pas l’agresser « à froid », même en cas de désaccord. En revanche, si ce même agriculteur n’est perçu que comme le représentant anonyme d’un système, le seuil du passage à l’acte ne peut être qu’abaissé.

On a pu le voir récemment, par exemple, avec l’intrusion dans la ferme d’un éleveur qui travaillait pour Fleury Michon de la part du député LFI Bastien Lachaud soutenue par le groupe animaliste DXE. La dénonciation publique faite par le député via une vidéo ne s’adressait par à un être humain spécifique (on peut estimer que si le député connaissait personnellement l’agriculteur en question, il ne se serait pas introduit clandestinement dans son exploitation), mais à un éleveur totalement déshumanisé, perçu comme le simple maillon de la chaîne d’un processus de production sous l’égide d’un géant de l’agroalimentaire, en l’occurrence Fleury Michon, s’appuyant sur un élevage intensif.

C’est ce qui est observé également, par exemple, à l’égard des policiers. Un policier que l’on peut croiser fréquemment dans son quartier ou même que l’on peut connaître personnellement ne suscitera pas de passage à l’acte particulier. En revanche, face à un policier lambda que l’on ne connaît pas personnellement, qui plus est « anonymisé » par une tenue à la Robocop, incarnation d’un Etat honni, un manifestant sera beaucoup plus enclin à passer à l’acte.

Ce discours radical à l’égard de l’agriculture est également sans aucun doute favorisé par les réseaux sociaux qui se traduit là aussi par une mise à distance. Il est évident que l’on ne s’exprime pas de la même manière sur quelqu’un de précis sur Twitter derrière un pseudo que si on lui fait face dans la réalité. Là aussi, on va évaluer quelqu’un en fonction de normes et de principes largement déconnectés de la réalité.

Tout ceci milite à l’évidence en faveur d’un grand retour de l’humain et notamment d’un rapprochement entre les agriculteurs et leur voisinage, et plus largement, les citadins. Les agriculteurs en ont d’ailleurs bien conscience car ils multiplient ces dernières années les prises de contact afin d’éviter les « prises de tête » ou les « prises de bec ». L’enquête Ifop d’octobre 2019 montre à ce propos que, pour améliorer les relations entre le monde paysan et les consommateurs, les agriculteurs plébiscitent la proximité et la transparence (graphique 2). C’est tout particulièrement le cas des agriculteurs conventionnels (graphique 3).

Cela paraît d’autant plus essentiel qu'il ne faut jamais oublier l’humain derrière les statistiques, les objectifs économiques, les principes ou les angoisses car, on le sait maintenant, la déshumanisation peut tuer.
 

En savoir plus : https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2019/10/116695-Pr%C3%A9sentation.pdf (enquête Ifop pour Ouest France menée en octobre 2019 auprès d’un échantillon de 418 agriculteurs) ; https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/11/22/la-confiance-une-denree-en-voie-de-disparition_6020082_3232.html (article du Monde du 22 novembre 2019 faisant référence à une étude du chercheur Gilles Laferté) ; https://www.sudouest.fr/2019/11/24/au-nom-de-la-terre-un-film-coup-de-poing-qui-a-change-le-regard-sur-l-agriculture-6861307-4720.php (entretien accordé par Jean Viard à Sud Ouest le 24 novembre 2019), http://www.agrobiosciences.org/archives-114/alimentation-et-societe/en-collaboration/article/risques-et-peurs-alimentaires-les-lecons-des-crises-alimentaires-contemporaines-par-jocelyn-raude (Jocelyn Raude, « Risques et peurs alimentaires : les leçons des crises alimentaires contemporaines », Séminaire des personnels de direction de l’enseignement technique agricole public français, 14 octobre 2008).


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  • 1Commentaire
  • #1

    en ce qui concerne le changement climatique et les bilans carbone fantaisistes, il ne faut écouter la presse et les faux écologistes ...

    L'atmosphère a un fonctionnement "symétrique" , il fonctionne dans les deux sens, quand l'effet de serre augmente l'effet parasol augmente dans la même proportion. La densité joue énormément sur l’absorption d'énergie et surtout le taux de vapeur d'eau (60% des effets), dans les zones sèches (Sahara) le rayonnement solaire est très fort le jour, les sols stockent beaucoup de chaleur, mais il fait très froid la nuit parce que le rayonnement des sols n'est pas retenue comme il y a moins d'effet de serre.

    Si l'atmosphère n'existait pas nous aurions une température moyenne de -18°c et une forte amplitude thermique entre le jour et la nuit (+150° et -168°c) . plus l'atmosphère est dense plus l'amplitude thermique entre le jour et la nuit est faible, et c'est pour cela que les mers (70% de la planète) et les forêts équatoriales sont les zones les plus tempérées de la planète. Si les continents transpiraient autant que les mers nous n'aurions pas de canicules.

    l'hiver le soleil est plus bas sur l'horizon donc la couche a traversé est plus importante donc le rayonnement solaire qui arrive jusqu'au sol est moins fort, et c'est l'inverse l'été avec un soleil très haut. "l'épaisseur" de la couche et donc la quantité d'atomes rencontrée par le rayonnement joue énormément sur la quantité d'énergie reçue par les sols.

    Les zones enregistrant les plus fortes canicules sont des zones sèches, en France et notamment en nouvelle aquitaine, on le constate après les moissons, les sols restent sans végétation tout l'été sur des millions d'hectares, l'albédo augmente et la vapeur d'eau diminue ce qui provoque des canicules. La différence de température entre un champ vert et un champ sec exposés au soleil l'été et de 20°c, c'est énorme compte tenu des surfaces. Si la France était entièrement boisée il n'y aurait pas de canicule parce que les arbres transpirent beaucoup (500 litres d'eau par jour pour un chêne l'été), et si on regarde les chiffres de l'INRA et de l'ONF un champ irrigué l'été aura le même bilan hydrique annuel (500 mm d'évaporation pour 750mm de précipitation ). Le bilan hydrique de la végétation est toujours positif dans un rapport 1/3 2/3, quand une plante évapore 2 litres d'eau elle reçoit 3 litres de pluie, c'est ce qui est confirmé par l'IRSTEA : 70% des pluies continentales proviennent de l'évapotranspiration et seulement 30% de l'évaporation en mer. Le dérèglement climatique va modifier la répartition des pluies (inondation l'hiver et sécheresse l'été) mais pas la quantité, plus il fait chaud plus il y a d'évaporation (5% par degré C ) et plus il y a d'évaporation plus il y a de précipitations.

    Effectivement l'agriculture dérègle le climat parce qu'elle n'entretient pas le cycle de l'eau l'été avec un couvert végétal vivant : Les surfaces végétales sontles seules surfaces qui ne brûlent pas au soleil, qui ne stockent pas la chaleur mais l'évacue (chaleur latente), qui pompent du CO2, qui libèrent de l'oxygène, qui entretiennent le cycle de l'eau, qui stockent l'énergie solaire sous forme de biomasse, qui protègent la biodiversité et qui nourrissent la planète … A condition de les maintenir en vie avec de l'eau au moment ou on en a le plus besoin : l'été ... donc en faisant des réserves l'hiver pour irriguer l'été ! la température d'un sol exposé au soleil peut monter à 60°c, ce qui est fatal pour les micro-organismes indispensables à la vie des sols, d'ailleurs l’effondrement de la biodiversité s'explique par des périodes sèches de plus en plus longues l'été : pas de vie animale sans vie végétale, un sol sec c'est un sol mort, l'irrigation ne devrait plus être une option mais une obligation pour entretenir le vivant et le cycle de l'eau l'été.

    Avant les années 50 l'agriculture n'avait pas d'engrais chimique, c'est l'INRA qui a développé cette recherche et qui l'a vendu aux agriculteurs, avant les champs se satisfaisaient du soleil et de la pluie pour faire de la photosynthèse et donc de la matière organique. On peut facilement se passer à 100% des engrais chimiques à condition de fabriquer un maximum de biomasse en permanence et en priorité l'été (durée d’ensoleillement plus longue et chaleur), pour cela il faut de l'eau pour irriguer d'où l’extrême urgence de s'attaquer au détournement massif et illégal de l'eau douce par zones urbanisées qui ne respectent pas le code de l'environnement (traitement et infiltration de tous les rejets, pluie et eaux usées). En France la consommation d'eau (potable agricole et industrie) correspond à seulement 2.5% des précipitations , on ne manque pas d'eau mais juste de réserve et de recyclage.

    Les forêts captent 70% des pluies ce qui veut dire qu’elles retiennent 70% des pluies dans les sols pour alimenter le cycle de l’eau l’été (évapotranspiration), le reste est infiltré dans les nappes superficielles qui alimentent les sources et les nappes profondes. La foret ne manque pas d’eau l’été parce qu’elle fait des réserves l’hiver et ne rejettent donc que les excès d’eau. Nous avons défriché pour cultiver mais il ne faut absolument pas couper le cycle de l’eau l’été en entretenant une végétation vivante sur un maximum de surfaces (villes et campagnes). Les forêts de conifères brulent tous les étés, elles sont sèches et chaudes parce qu’elles « consomment » deux fois moins d’eau que les forets de feuillus donc reçoivent deux fois moins de pluie.

    Toutes les zones de la planète recouvertes d’eau ou de végétation l’été n’ont pas d’excès de chaleur contrairement aux zones sèches et sans végétation, pour trois raisons :

    1) la mer et la végétation ont un albédo faible donc renvoie peu d’énergie vers l’atmosphère donc diminue l’effet de serre.

    2) La forte concentration en vapeur d’eau dans l’atmosphère augmente la diffraction et la réflexion vers l’espace de l’énergie solaire, donc moins d’énergie arrive jusqu’au sol.

    3) L’évaporation contribue à évacuer la chaleur (transfert d’énergie au passage de l’état liquide à l’état gazeux : entropie ou chaleur latente).

    Pour moi, on aura sauvé le climat et la biodiversité quand les continents seront verts au rythme des forêts de feuillus.

    cordialement

    Laurent DENISE celles sur belle

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