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Fusarioses des épis, une pluviométrie exceptionnelle en période sensible

Au-delà de provoquer l’ennoiement de certaines parcelles, la forte pluviométrie enregistrée ces derniers jours augmente le risque d’apparition des fusarioses sur les épis de blé. Mais attention, ce n’est pas le seul facteur de risque : la présence sur le sol de résidus contaminés (effet précédent et travail du sol) et surtout la sensibilité des variétés à l’accumulation des mycotoxines qui en découle (déoxynivalénol-DON) sont déterminants.

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En Lorraine, dans une rotation en précédent céréales à paille ou colza seules les variétés sensibles sont concernées, à condition d’avoir été exposées à une pluviométrie persistante supérieure à 40 mm dans les 7 jours encadrants la floraison (Trapez, Bermude, Goncourt, Allez-Y, Laurier, Altigo, Expert, Armada ou Popeye, RGT Texaco, Sherlockdans les plus récentes).

Pour une date de floraison possible dès le 1er juin, l’épisode pluvieux de ces deux derniers jours suffit à lui seul à faire basculer la situation : le seuil de 40 mm est dépassé pour toutes les stations météo interrogées. Les prévisions météo des jours à venir ne sont pas non plus des plus rassurantes.


Figure 1 : Pluviométrie autour de la floraison sur différentes stations météo de Lorraine : cumul de 40 mm dépassé
Données réelles du 25/05/16 au 30/05/16, prévisionnelles du 31/05/15 au 06/06/16

Dans les rotations avec maïs, les variétés préconisées de type Apache, Barok ou Sokal permettent un contournement efficace du risque, quelle que soit la pluviométrie notamment derrière labour ; toutes les autres peuvent être considérées comme exposées.

La protection fusariose en général spécifique à base de prothioconazole et tébuconazole (Prosaro 0,7 l/ha, Kestrel 0,6 l/ha) peut se coupler cette année à un renouvellement de la protection septoriose souvent justifiée. Mais difficile de jouer sur la dose, lorsque les meilleures protections fusarioses ne dépassent pas 70 % d’efficacité. Pour cette année 2016, la réalisation de trois traitements fongicides n’a finalement rien d’aberrant.

Pascaline Pierson (Arvalis – Institut du végétal)

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