Vous avez une question ?Ou vous êtes expert dans votre domaine.
Rejoignez une communauté activedans le domaine de l’agriculture !
5388 MembresCréer un compte

Fin des engrais chimiques: les deux alternatives en vue selon l'Unifa

Home_big_engrais
Engrais ou engrais en big bag, fertilisation avec azote, phosphore, potassium, magnésium et calcium - Par Aleksa (Stock.Adobe).

 

Selon l’Union des industries de la fertilisation, il existe deux voies alternatives à la production et à la consommation d’engrais chimiques actuelles, émettrices de gaz à effet de serre et d’effluents: la production d’engrais azoté par hydrolyse et les biostimulants. Mais pas de recette miracle en vue ! 

La loi Climat et résilience « projette l’interdiction à terme de l’emploi des ‘’engrais de synthèse’’ pour des usages non professionnels ».

Depuis l’entrée en application de cette loi, la section 2 du chapitre V du titre V du livre II du code rural et de la pêche maritime est complétée par un article L. 255-13-1 alinéa III:

«L'utilisation non agricole des engrais de synthèse est interdite dans les propriétés privées, hors terrains à vocation agricole définis au premier alinéa de l'article L. 143-1.»

Par ailleurs, un décret définit une trajectoire annuelle de réduction des émissions de protoxyde d'azote et d'ammoniac du secteur agricole permettant d'atteindre progressivement l'objectif d'une réduction de 13 % des émissions d'ammoniac en 2030 par rapport à 2005 et l'objectif d'une réduction de 15 % des émissions de protoxyde d'azote en 2030 par rapport à 2015.

Ces premières dispositions législatives esquissent la relégation progressive des engrais azotés de synthèse tels qu’ils sont actuellement fabriqués. Elle mettra en péril l’avenir de l’industrie des engrais et elles condamnent des milliers d’emplois.

A ce jour, il n’existe pas de solutions alternatives aux engrais chimiques probantes et compétitives. A moins de sacrifier les rendements et la souveraineté alimentaire de notre pays!

Elaborés en transformant du méthane, la fabrication d’engrais azoté émet massivement du CO2 dans l’atmosphère.

                    CH4 + H20+ N2 à 2NH3 + CO    puis   2CO + O2 -> 2 CO2

Pour produire de l’engrais azoté « bas carbone » à partir de méthane tout en émettant moins de CO2, les industriels envisagent de décarboner le procédé en stockant le gaz émis dans le sol.

L’autre alternative est de changer de source d’énergie et d’utiliser de l’électricité bas carbone  d’origine nucléaire ou produite par des centrales hydroélectriques, par des éoliennes ou par  voie photovoltaïque.

L’ammoniac serait ainsi produite en associant l’hydrogène de l’eau, obtenu par électrolyse, et  l’azote atmosphérique, comme le font les bactéries contenues dans les nodosités des racines des légumineuses et des protéagineuses.

                                         2 H2O + N2 à 2 NH3 + O2

Mais ce processus de production décarboné est très onéreux.  Pour ne plus avoir à utiliser du méthane pour produire de l’ammoniac, « il est essentiel que le secteur de la fertilisation azotée ait accès sur le long terme aux volumes d’hydrogène requis, avec un prix de l’hydrogène décarboné ou renouvelable qui soit compétitif », déclare l’Unifa, l’Union de l’industrie de la fertilisation.

Consommer moins d’engrais tout en en consommant mieux est la seconde voie suivie par les industriels de l’Unifa.

« De par leur composition, les biostimulants constituent une voie d’avenir pour accélérer le développement durable de l’agriculture, explique l’Unifa. Leur potentiel est grand car l’ensemble des cultures est concerné, sans limite particulière à leur utilisation ».

Pour  la Commission européenne, les biostimulants sont « des fertilisants qui stimulent le processus de nutrition des végétaux indépendamment des éléments nutritifs qu’ils contiennent, dans le seul but d’améliorer une ou plusieurs caractéristiques des végétaux : l’efficacité de l’utilisation des éléments nutritifs, la tolérance au stress abiotique et la qualité du végétal cultivé ».

Selon les substances employées, ces biostimulants agissent sur la plante, dans le sol ou sur la matière fertilisante.

L’emploi de biostimulants renforce la qualité ou le rendement des céréales mais aussi la gestion des stress climatiques des plantations de fruits et de légumes.

Selon l’Unifa, le marché des biostimulants est un marché en pleine expansion (2 Mds d’€) dont un quart est réalisé dans l’Union européenne. 

Réagissez à l'article en un clic

  • 10
  • 15
  • 17
  • 9
  • 8
  • 14
Voir plus d'actualités sur les dossiers suivants
Auteur : Hénin Frédéric
Avatar_blank

  • Vous aimerez également
  • Home_adobestock_188673767_preview

    Les agriculteurs sont-ils les otages de la faible compétitivité de l’industrie agr...

    En 2021, les revenus de la quasi-majorité d’entre eux restaient inférieurs à 2 smic. Selon le 11ème rapport de l’Observatoire des marg...

  • Home_adobestock_287468380_preview

    390 Mt de Soja, 78 Mt de colza : de bonnes récoltes dans le monde à l’écart du con...

    Les prévisions de production de colza et de soja dans le monde, annoncées par le CIC, augurent un retour un l’équilibre des marchés de ces d...

  • Home_adobestock_216161866_preview

    Filière bovine, la hausse des prix de la viande bovine va t-elle durer?

    Ces deux dernières années, les prix ont davantage progressé à l’étranger que dans l’Union européenne et en France en par...

  • Home_adobestock_296754711_preview

    Les agriculteurs évincés du marché foncier ?

    Les achats de terres ont atteint des niveaux inédits en 2021. Mais elles s’opèrent de plus en plus entre personnes morales et sous formes de parts sociale...

  • Home_champ_ukraine

    Campagne 2022-2023 : une production mondiale de céréales déficitaire de 28 Mt

    Hors riz, le CIC annonce une production mondiale 2022-2023 de grains de 2 251 Mt. L’Ukraine resterait potentiellement exportatrice malgré le repli attendu d...

  • Home_adobestock_19192446_preview

    Filières ovines, jusqu’à 19 000 € de manque à gagner/ UMO en 2022

    La hausse des prix des ovins et du lait permet de compenser les coûts intrants si ces derniers reviennent très vite à leur niveau du début de l&rsq...

  • Home_eta_29_semaine_18_bis_couverture

    La méthanisation n’est qu’en bourgeon

    C’est aujourd’hui démontré. La France a la capacité pour « verdir » l’intégralité de ses besoins en gaz &agra...

  • Home_adobestock_377726972_preview

    Prix du lait, les éleveurs français payés 100 €/t de moins que leurs voisins belges

    Produire du lait pour être transformé en beurre et en poudre destinés à l’export paie plus que produire  du lait livré à d...

  • Home_douvres

    Pas de Frexit des produits français exportés au Royaume Uni

    Les produits français répondent toujours aux aspirations des consommateurs britanniques de déguster des produits sains et de qualité. La crise san...

  • 1Commentaire
  • #1

    Rien ne se perd rien ne se crée tout se transforme ! Utiliser massivement de l'énergie pour produire un élément qui existe naturellement dans l'air ou dans les sols c'est se rendre dangereusement dépendant ! La photosynthèse entretient tous les cycles du vivant (et même le climat) , donc la meilleure façon d'augmenter les capacités de production des sols c'est de produire un maximum de photosynthèse à l'hectare et en priorité l'été, donc un maximum de biomasse !

Donnez votre avis

Pour répondre à ce salon sans Facebook, connectez-vous ou inscrivez-vous sur Wikiagri.

Rejoignez la communauté des agri-décideurs

  • Accéder aux articles bloqués
  • Recevez l'actualité agricole
  • Recevez des alertes météo
Créer Un Compte Gratuit