Bovins viande – Les revenus des éleveurs les plus spécialisés augmentent jusqu’à 40 K€/UMO

La conjoncture du marché de la viande bovine profite à tous les éleveurs de bovins viande, spécialisés ou pas. Les producteurs de lait de vache doivent une partie de la hausse de leur revenu aux vaches réformées qu’ils vendent.

En s’appuyant sur la base nationale de son réseau d’élevage Inosys de 315 exploitations spécialisées Bovins viande très performantes techniquement, l’Idele a consacré une partie de son dossier « Bovins viande » à l’évolution des revenus en 2025 des éleveurs de la filière.

La production de bovins viande profite à tous les éleveurs quelle que soit leur orientation.

Mais l’an passé, c’est avant tout le degré de spécialisation des exploitations « bovins viande » et la dimension de leur atelier de production « viande » qui ont conditionné la hausse des revenus des producteurs.

Aussi, le résultat courant par unité de main d’œuvre (RC/UMO) des exploitations « Naisseurs engraisseurs de jeunes bovins et cultures » a progressé de 41,2 K€/UMO sur un an à 69 700 €/UMO. Il est le plus élevé de la filière « Bovins viande » car leur produit viande (+20 K€/UMO) et le chiffre d’affaires de céréales et d’oléo-protéagineux, était supérieur 18,1 K€/UMO à celui de 2024. Mais leurs céréales ont souvent été vendues à pertes.

Mais en 2022, c’était justement la vente de leurs céréales qui avait permis à ces systèmes « Naisseurs engraisseurs de jeunes bovins et cultures »de dégager un revenu de 103 K€/UMO (+56 K€/UMO versus 2021)!

Les résultats de leurs collègues diversifiés « Naisseurs et cultures » (235 ha dont  130 ha de scop; 85 VA; 2,1 UMO en moyenne) sont aussi plombés par la faiblesse des cours des grains. Estimés à 34,9 K€/ UMO, ils sont toutefois supérieurs de 25 K€/UMO à l’an passé (9,2 K€/UMO) car la conjoncture du marché de la viande avait été très favorable (hausse du produit de 20 K€/UMO).
Mais en 2022, le RC/UMO de cette catégorie d’exploitation était de 85 K€/UMO, boosté avant tout par l’explosion des prix des grains.

La viande plutôt que le lait

Parmi les sept systèmes d’élevage laitiers passés au crible par l’Institut de l’élevage dans le numéro annuel « Bovins lait », les éleveurs spécialisés « Lait et viande bovine de plaine» (102 VL ; 766 000 litres de lait et 79 UGB viande) ont dégagé le RC/UMO le plus élevé de leur filière (79 700 €/UMO+22 Ke sur un an ) car ils ont  la fois accru leur produit lait (+9,6 K€/UMO) et surtout leur produit viande (+20,8 K€/UMO).

En fait, l’ensemble des producteurs laitiers, tous systèmes confondus, doivent une large partie de la hausse de leurs revenus aux ventes de leurs vaches réformes, à leurs veaux de huit jours et s’ils ont un atelier « viande bovine » aux animaux qu’ils livrent à l’abattoir.

Les systèmes les plus spécialisés sont les grands gagnants

Les exploitations d’élevage de bovins les plus spécialisées « Bovins viande » ont été les véritables gagnantes de l’année 2025. Le produit supplémentaire « bovin viande net d’achats » a accru leur RC/UMO dans les mêmes proportions puisque les charges sont restées très stables.

Les systèmes d’élevage intitulés par l’Idele « naisseurs spécialisées de plaine » (176 ha, 106 VA, 1,7 UMO en moyenne) ont dégagé RC/UMO de 57,7 K €, en hausse de 30,1 K€/UMO sur un an.

Les exploitations « naisseurs engraisseurs de jeunes bovins » (174 ha ; 113 VA ; 1,9 UMO) voient aussi leur RC/UMO croître pour les mêmes raisons de plus de 30 K€/UMO à 51,2 K€/UMO. Mais ces systèmes d’élevage situés majoritairement en Bretagne et dans les Pays de la Loire ont été pénalisés par la  FCO, générant des pertes de ventes de 3,6 K€/UMO. Sans ce manque à gagner, le RC/UMO serait très proche de celui des éleveurs « Naisseurs spécialisées de plaine ».

Les deux dernières catégories d’exploitations d’élevage de bovins viande « Naisseurs engraisseurs de veaux sous la mère» (44,9 K€/UMO) et « Naisseurs en zone de montagne pastorale » (34,6 K€/UMO) ont aussi sorti un RC/UMO bien plus élevé qu’en 2024.

Mais l’augmentation de leur résultat n’est liée qu’à la hausse du produit de la viande (respectivement +25 K€/UMO et + 14,2 K€/UMO).

En montagne, des revenus modérés

La conjoncture très favorable du marché de la viande a aussi été très favorable à l’élevage en zone montagneuse.

Mais les producteurs de veaux sous la mère du sud du Massif central, ciblés par la FCO et la MHE, ont accusé une perte globale de 4 600 € chacun.

En agriculture biologique, les exploitations bovins-viande « naisseurs bio » (132 ha, 66 va et 1,7 UMO) et « naisseurs engraisseurs bio » (164 ha, 69 VA 1,8 UMO) sont parvenues à réaliser un RC/UMO supérieur à 30K€/UMO. Toutefois, les résultats courants de ces systèmes sont inférieurs de plus de 30 000 €/UMO aux élevages conventionnels équivalents. Vendre la viande bio plus chère ne suffit pas pour compenser la faible dimension des troupeaux.

La situation des éleveurs laitiers bio est similaire. Ils doivent eux-aussi une grande partie de la hausse de leur revenu au marché de la viande. Mais la dimension de leur élevage réduit leurs capacités d’accroître leur niveau de vie.