La 5ème édition des Rencontres de l’alimentation durable, organisée par la Fondation Daniel et Nina Carasso, a réuni plus de 500 personnes hier à la Cité Internationale Universitaire de Paris et plus de 1 100 participants à distance, réaffirmant son rôle mobilisateur pour l’écosystème. Autour de 15 sessions au service du dialogue et de la coopération, les Rencontres ont réuni 56 intervenants – citoyens, entrepreneurs, agriculteurs, chercheurs, élus, restaurateurs, artistes… – qui ont partagé leurs réflexions et ambitions afin de créer de nouvelles alliances en faveur de l’alimentation durable.
Inspirer, coopérer, amplifier pour donner un nouvel élan
Il y a près de dix ans, la Fondation Daniel et Nina Carasso lançait les Rencontres de l’alimentation durable, convaincue que transformer les systèmes agricoles et alimentaires nécessite une action collective. Depuis, chaque édition a mis en lumière des solutions innovantes et rassemblé des acteurs toujours plus divers. Lors de la dernière édition en 2023, elles se sont attelées à favoriser les interactions autour de 3 thématiques qui s’entrecroisent : l’agroécologie, la démocratie alimentaire et les territoires, développant une approche systémique du changement.
Aujourd’hui, malgré des initiatives qui ont fait leurs preuves, le contexte est de plus en plus incertain : instabilité politique, révolte sociale, remise en question de certaines politiques environnementales, tensions économiques… Cette 5ème édition avait pour ambition d’apporter des réponses pour mobiliser au-delà des cercles convaincus, dépasser les clivages, construire des alliances inédites et mettre en lumière de nouveaux leviers d’impact pour faire changer d’échelle les solutions qui fonctionnent.
« Transformer nos systèmes alimentaires exige d’inventer de nouvelles alliances et de mobiliser au-delà des convaincus. Face aux incertitudes et aux crises, il est nécessaire de créer des ponts entre actions de terrain et politiques publiques, entre l’échelle locale et globale, entre art et science… C’est cette hybridation des regards, des disciplines et des pratiques qui nous donne une chance d’engager une mutation profonde de notre agriculture et de notre alimentation. Cette démarche anime les Rencontres de l’Alimentation durable depuis déjà une décennie », analyse Benoît Mounier, Directeur Général France de la Fondation Daniel et Nina Carasso.
Des sessions dédiées à l’exploration de sujets émergents et à l’hybridation
15 sessions se sont tenues tout au long de la journée, autour de 3 focus principaux : les acteurs économiques, les élus locaux et les citoyens. Après la plénière d’ouverture, dédiée aux verrous cognitifs qui empêchent ou ralentissent la transition, avec Albert Moukheiber, neuroscientifique, une première table ronde s’est tenue en plénière, intitulée « Amplifier la mobilisation des acteurs économiques », avec la participation de Linda Reboux (Banque des territoires), Jeanne Zeller (Bonduelle) et Antoine Denoix (AXA Climate). Cette table ronde fut l’occasion de revenir sur le rôle des acteurs économiques comme levier indispensable de transformation vers des modèles qui allient rentabilité et durabilité.
Ensuite, tout au long de la journée, de nombreuses tables rondes et plusieurs ateliers ont été l’occasion de revenir sur des sujets qui s’illustrent par leur caractère émergent, leur actualité ou leurs avancées tels que la pêchécologie, la santé globale, la sécurité sociale de l’alimentation, la restauration commerciale, la mobilisation des élus locaux et des citoyens dans la perspective des municipales, la démocratie agricole, l’alimentation durable dans les médias, les coopérations agricoles, la vague de simplification des politiques et normes agricoles à l’échelle européenne ou encore les innovations en agroécologie.
Cette édition a également mis en avant l’art comme levier de transformation sociale et culturelle au service de l’alimentation durable. Lors de la plénière finale « Quand l’art sème le changement » qui est venue clôturer cette journée d’échange, les intervenants ont souligné la force et la pertinence du développement d’initiatives culturelles au service de pratiques alimentaires et agricoles durables, pour les personnes et pour les écosystèmes.
Cette 5ème édition des Rencontres s’est terminée sur ces mots mobilisateurs de Sophie Tabary, éleveuse et maraîchère bio : « Si nous avons le courage de prendre les clivages à bras le corps, ils permettront d’aligner des politiques publiques efficientes et cohérentes, et de nous donner ce qui nous manque le plus en ce moment : un cap clair, un chemin à suivre au bord duquel nous n’abandonnerons personne ».
Le Carnet dédié aux Rencontres, qui comprendra les synthèses des différentes sessions, sera disponible dans le courant du mois de novembre.