Agriculture bio en France – Les collectes de céréales et de protéagineux inférieures à 1 % de la production totale

En France, 545 000 tonnes de céréales biologiques ont été collectées l’été dernier, selon FranceAgriMer. Or plus de 63 millions de tonnes de céréales ont été produites cette année. La filière céréalière biologique est déficitaire. Seules 42 500 tonnes de protéagineux ont été collectées.

En agriculture conventionnelle, les bilans céréaliers sont exprimés en millions de tonnes, en agriculture biologique, l’unité reste le millier de tonnes même si une bonne partie de la production de grains est autoconsommée.

Les bonnes conditions climatiques du printemps et du début de l’été dernier ont profité à la filière céréalière biologique. FranceAgriMer estime à 545 000 t la collecte de blé, d’orges, de triticale et de maïs biologiques ou en C2 (2ème année de conversion). Elle est supérieure de 90 000 t à celle de l’an passé mais elle n’équivaut qu’à 1 % de la production conventionnelle de céréales (63 millions de tonnes).

La collecte de protéagineux biologiques s’est aussi redressée mais dans de moindres proportions (42 500 tonnes ; + 3 800 t sur un an). Les bonnes conditions climatiques ont essentiellement été profitables au pois. La collecte (10 000 t)  a progressé de près de 50 % sur un an (ou +3 500 tonnes) alors que celle de féveroles est équivalente à l’an passé (32 500 t). Pour information, la production de pos protégineux était extimée à 527 000 tonnes en agriculture conventionnelle et celle de fèves à 313 000 tonnes, selon Agreste au mois d’août dernier.

En publiant les bilans prévisionnels ces céréales et des protéagineux collectées (moins de 600 000 tonnes),  FranceAgriMer souligne le peu d’engouement que suscite la conversion à l’agriculture biologique.

Les céréaliers sont de moins en moins nombreux pour convertir leurs terres à l’agriculture biologique. Sur les 545 000 t de grains collectées, seules 11 000 t sont classées C2, c’est-à-dire issues de parcelles en deuxième année de conversion. De même, 1400 tonnes de protéagineux sont en C2.

Autrement dit, la conversion à l’agriculture croît très lentement, 2 à 3 % par an. Moins de 5 000 hectares seront labellisés agriculture biologique l’an prochain et dédiés à la collecte.

Cependant, le panel de céréales collectées est singulier. La filière céréalière biologique se distingue de la conventionnelle par une production de triticale (60 000 t) relativement importante comparée à l’orge notamment (75 000 t). Quant au maïs (125 000 t), sa culture n’a toujours pas la cote auprès des céréaliers biologiques.

Mais la production française de céréales biologiques est globalement déficitaire. Toutes céréales confondues, la meunerie, l’industrie de l’alimentation et les circuits de ventes directes importeront 42 000 tonnes de grains, dont 35 000 t de froment, cultivées hors de l’hexagone. Or les exportations n’excèderont pas 32 500 tonnes.

A contrario, la collecte de protéagineux couvre les besoins de l’industrie de l’alimentation animale et elle est exportatrice nette de 7 000 tonnes. Or la France est fortement déficitaire en protéagineux conventionnels.

En attendant, cet excédent de protéagineux biologiques reflète le faible développement de l’élevage bio.

Enfin, le panel de céréales biologiques collectées est singulier. La production de triticale (60 000 t) est relativement importante comparée à l’orge notamment (75 000 t). Quant au maïs (125 000 t), sa culture n’a toujours pas la cote auprès des céréaliers biologiques.
En agriculture conventionnelle, la culture d’orges (12 Mt) est bien plus importante que celle de triticale (1,5 Mt), selon la Commission européenne.