damien brun arvalisx

Tracteur : il faudra toujours remplir son réservoir

Damien Brun, Ingénieur Agroéquipements (Arvalis)

 
Un parc matériel agricole « zéro émission de CO2 » est technologiquement possible mais pas envisageable actuellement. Certaines technologies ne sont pas mûres. Mais des tracteurs au biogaz sont d’ores et déjà commercialisés, et une partie de l’agriculture de précision peut être électrifiée.

 
La puissance des matériels tractés exige une source d’énergie intense. Dans l’automobile, les modèles de véhicules électriques sont des alternatives crédibles aux véhicules à l’essence ou au gasoil. Mais les freins à l’utilisation de ces voitures sont la recharge des batteries des véhicules et leur autonomie. 

Pour faire fonctionner un tracteur à l’électricité, il n’existe pas de piste sérieuse, car aucun engin ne peut embarquer les batteries nécessaires pour faire rouler un tel engin plusieurs heures. Leurs poids et le faible degré d’autonomie ne rendent pas le fonctionnement de ces matériels viables. 

L’électricité sera néanmoins la source d’énergie de l’agriculture de demain et des robots des champs employés pour le désherbage. Mais cette électricité sera neutre en carbone si elle est d’origine nucléaire, éolienne ou photovoltaïque, et non pas issue d’hydrocarburants fossiles. 

 
Les biocarburants
Sinon, les pistes les plus prometteuses pour rendre l’agriculture « au quotidien » plus sobre en énergie et en carbone, sont l’élaboration de tracteurs et d’autres machines agricoles fonctionnant aux biocarburants.

Le constructeur New Holland a mis au point un tracteur (D6 130) qui fonctionne au méthane fossile moins polluant que le gasoil. Mais le méthane employé peut aussi être du bio-méthane obtenu par méthanisation.

« Dans ce cas de figure, le fonctionnement du tracteur s’inscrira complètement dans l’économie circulaire et contribuera à améliorer le bilan énergétique et le bilan carbone de l’exploitation agricole », explique Damien Brun, ingénieur agroéquipements à Arvalis – Institut du végétal. 

Par ailleurs, l’agriculteur au volant d’un tel engin n’a plus à redouter une spéculation des prix des hydrocarburants fossiles qui renchérissent ses coûts de production.  

 
Avant de se lancer dans des investissements importants, les économies d’hydrocarbures fossiles à réaliser pour améliorer le bilan carbone et le bilan énergétique d’une exploitation sont d’abord les hydrocarbures qui ne sont pas consommées.  

Optimiser les itinéraires des cultures en fonction de la nature pédologique du sol, de la propreté de la parcelle et des plantes cultivées permet de réduire considérablement la consommation globale de carburants fossiles de l’exploitation. 
 
« Entre une culture implantée en semis direct et une culture avec travail du sol intensif (avec labour notamment), la consommation gasoil peut varier du simple au double », affirme Damien Brun. Elle oscillerait dans le premier cas de figure autour de 35-50 litres par hectare et elle pourrait atteindre 80 voire 100 litres par hectare dans le second cas de figure. 

Entre ces deux extrêmes, il existe donc une multitude d’itinéraires alternatifs, sachant que le travail du sol est un levier fort pour contrôler les adventices. 

L’autre voie majeure pour améliorer le bilan carbone et le bilan énergétique d’une exploitation est l’utilisation d’engrais d’origine organique (lisiers, fientes etc.) ou chimiques obtenus en utilisant du biogaz. 

En amont, d’importantes recherches sont conduites pour réduire l’empreinte carbone de la fabrication des machines en employant des matériaux recyclables et « sourcés » et en limitant l’utilisation de « terres rares ».  

 
Les nouveaux carburants

Les constructeurs s’orientent aussi vers des modèles multi-carburants fossiles ou organiques issus en partie de la transformation de colza ou d’autres oléagineux produits sur les exploitations. Là plusieurs pistes sont technologiquement envisageables, mais pas toujours rentables.

Citons par exemple le B7 qui comprend 7% de diester. L’HVO est un carburant de seconde génération issu d’huile homologuée, mais il coûte cher à la production. Enfin, il est possible de fabriquer des carburants de synthèse en transformant de la biomasse dans des conditions de pression et de température similaires à celles qui ont permis de produire du pétrole en conditions réelles, dans la couche terrestre.
 
Frédéric Hénin 

1 Commentaire(s)

  1. Faites tomber l’argument du carbone pour le climatet c’est TOUTE la filière nucléaire qui tombe …
    « L’énergie nucléaire va sauver l’humanité … » propos de Jean Jouzel , glaciologue … qui travaillait pour le CEA (commissariat à l’énergie atomique et qui a été mis en place par Ségolène Royal … il a dit aussi qu’il ne fallait pas faire de réserve d’eau …
    Nous consommons beaucoup trop d’énergie (surtout dans le transport) et nous polluons beaucoup trop mais décarboner notre économie sera un fiasco TOTAL et va même aggraver la pollution et le climat !
    L’effet de serre du carbone existe mais l’effet de serre n’est qu’une petite partie de la régulation du climat qui commence par l’effet parasol ! La vapeur d’eau est le principal gaz à effet de serre (60% source GIEC) , quand les températures montent fortement l’été c’est justement par manque d’eau dans l’atmosphère et manque d’évaporation au sol (l’évaporation de l’eau évacue 60% de la chaleur) . TOUS les points chauds de la planète sont des zones sèches (villes et déserts) donc sans eau et sans végétation vivante … Une nature sèche c’est une nature MORTE qui chauffe et qui brule … quand c’est bien VERT c’est bien VIVANT c’est 20°c de moins et ça ne brule JAMAIS !
    la régulation thermique de l’atmosphère est automatique tant que les surfaces exposées au soleil sont couvertes d’eau ou de végétation, la référence MONDIALE sur les continents étant la forêt de feuillus ! Climat , eau et biodiversité, tout dépend de la densité végétale à la surface des sols ! la photosynthèse c’est l’énergie du vivant , la période idéale de la photosynthèse c’est l’été … quand l’environnement n’est pas Vert l’été il est mort et il brule … https://www.mediaterre.org/actu,20201011103814,1.html

Il n'y a pas de commentaires pour le moment. Soyez le premier à participer !

Article Précédent
Article Suivant