Pour faire fonctionner un tracteur à l’électricité, il n’existe pas de piste sérieuse, car aucun engin ne peut embarquer les batteries nécessaires pour faire rouler un tel engin plusieurs heures. Leurs poids et le faible degré d’autonomie ne rendent pas le fonctionnement de ces matériels viables.
L’électricité sera néanmoins la source d’énergie de l’agriculture de demain et des robots des champs employés pour le désherbage. Mais cette électricité sera neutre en carbone si elle est d’origine nucléaire, éolienne ou photovoltaïque, et non pas issue d’hydrocarburants fossiles.
Le constructeur New Holland a mis au point un tracteur (D6 130) qui fonctionne au méthane fossile moins polluant que le gasoil. Mais le méthane employé peut aussi être du bio-méthane obtenu par méthanisation.
« Dans ce cas de figure, le fonctionnement du tracteur s’inscrira complètement dans l’économie circulaire et contribuera à améliorer le bilan énergétique et le bilan carbone de l’exploitation agricole », explique Damien Brun, ingénieur agroéquipements à Arvalis – Institut du végétal.
Par ailleurs, l’agriculteur au volant d’un tel engin n’a plus à redouter une spéculation des prix des hydrocarburants fossiles qui renchérissent ses coûts de production.
Optimiser les itinéraires des cultures en fonction de la nature pédologique du sol, de la propreté de la parcelle et des plantes cultivées permet de réduire considérablement la consommation globale de carburants fossiles de l’exploitation.
Entre ces deux extrêmes, il existe donc une multitude d’itinéraires alternatifs, sachant que le travail du sol est un levier fort pour contrôler les adventices.
L’autre voie majeure pour améliorer le bilan carbone et le bilan énergétique d’une exploitation est l’utilisation d’engrais d’origine organique (lisiers, fientes etc.) ou chimiques obtenus en utilisant du biogaz.
En amont, d’importantes recherches sont conduites pour réduire l’empreinte carbone de la fabrication des machines en employant des matériaux recyclables et « sourcés » et en limitant l’utilisation de « terres rares ».
Les constructeurs s’orientent aussi vers des modèles multi-carburants fossiles ou organiques issus en partie de la transformation de colza ou d’autres oléagineux produits sur les exploitations. Là plusieurs pistes sont technologiquement envisageables, mais pas toujours rentables.
Citons par exemple le B7 qui comprend 7% de diester. L’HVO est un carburant de seconde génération issu d’huile homologuée, mais il coûte cher à la production. Enfin, il est possible de fabriquer des carburants de synthèse en transformant de la biomasse dans des conditions de pression et de température similaires à celles qui ont permis de produire du pétrole en conditions réelles, dans la couche terrestre.